Un gène de fertilité démasqué comme allié caché du cancer du cerveau

Un gène de fertilité démasqué comme allié caché du cancer du cerveau credit : lemorning.ca (image IA)

Une découverte surprenante qui change la donne

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Le glioblastome, ce cancer du cerveau particulièrement agressif, est resté pendant des décennies un défi presque insurmontable pour la médecine. Vous savez peut-être qu’après une chirurgie, de la radiothérapie et de la chimiothérapie, la récidive est pratiquement inévitable. C’est un coup dur pour les patients et leurs familles, qui vivent avec cette épée de Damoclès. Eh bien, des chercheurs de l’Université de Sydney viennent de faire une découverte qui pourrait bien bousculer cette fatalité.

Leur étude, publiée dans la prestigieuse revue Nature Communications, révèle un mécanisme de survie des cellules cancéreuses à la fois ingénieux et inattendu. Contre toute attente, elles parviennent à survivre au traitement en détournant à leur profit… un gène de fertilité. C’est un peu comme si elles trouvaient une cape d’invisibilité là où on ne l’attendait pas du tout. Le Pr Lenka Munoz, qui a dirigé cette recherche, n’hésite pas à parler d’une « découverte mondiale qui change ce que nous savons du glioblastome ». Et ça, ça donne un peu d’espoir.

Le tour de passe-passe des cellules cancéreuses persistantes

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Alors, comment ça marche, ce stratagème ? Les scientifiques ont identifié une petite population de cellules très résistantes, appelées « cellules persistantes ». Ces cellules, c’est le cœur du problème. La chimiothérapie tue la majorité de la tumeur, mais elles, elles survivent, tapies dans l’ombre. Et c’est là que le gène PRDM9 entre en scène.

Ce gène, on le connaissait jusque-là uniquement pour son rôle dans la fertilité, au tout début de la formation des spermatozoïdes et des ovules. Rien à voir avec le cancer, donc. Pourtant, l’équipe a découvert que sous le stress de la chimio, les cellules de glioblastome sont capables de le « pirater ». Le PRDM9 se met alors à activer la production de cholestérol à un rythme effréné. Ce cholestérol agit comme un bouclier, protégeant les cellules persistantes des dommages du traitement et leur permettant de se cacher, en attendant des jours meilleurs pour reformer la tumeur.

Le Dr George Joun, co-auteur de l’étude, explique que « PRDM9 n’est pas actif dans la plupart des tissus normaux ». C’est crucial, parce que ça en fait une cible thérapeutique très sélective. On pourrait l’attaquer sans trop nuire au reste du corps, contrairement à beaucoup de chimiothérapies classiques qui font des dégâts collatéraux.

Une nouvelle piste de traitement pour empêcher le retour de la maladie

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La bonne nouvelle, c’est que les chercheurs n’ont pas seulement compris le problème, ils ont déjà des pistes pour le solutionner. En laboratoire et sur des modèles animaux, ils ont testé deux approches. La première consiste à bloquer directement l’action du gène PRDM9. La seconde revient à couper l’approvisionnement en cholestérol de ces cellules tenaces. Résultat ? Les cellules persistantes ont été éliminées.

Et ce n’est pas tout. L’équipe a aussi développé un nouveau médicament de chimiothérapie capable de pénétrer dans le cerveau, nommé WJA88. Ils l’ont combiné avec un agent qui fait baisser le cholestérol et qui a déjà été testé chez l’homme. Cette combinaison a donné des résultats très prometteurs dans les modèles précliniques : les tumeurs ont rétréci, la survie des souris s’est allongée, et tout ça avec des effets secondaires minimes.

Le Pr Munoz résume l’enjeu avec des mots clairs : « Si nous pouvons éliminer les dernières cellules cancéreuses qui résistent, nous pouvons empêcher le glioblastome de revenir. Ce serait un changement de jeu pour les patients et les familles. » Imaginez un peu l’impact : cette maladie touche environ la moitié des tumeurs cérébrales et cause jusqu’à 200 000 décès par an dans le monde, dont 1000 en Australie.

Les prochaines étapes et un espoir pour d’autres cancers

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Alors, quand est-ce que ça va arriver dans les hôpitaux ? Il va falloir être patient, mais la route est tracée. Les chercheurs collaborent déjà avec une entreprise de biotechnologie australienne, Syntara, pour développer des inhibiteurs de PRDM9. L’objectif est de les tester davantage sur des modèles animaux, puis, si tout se passe bien, d’envisager des études chez l’homme. Le Pr Munoz est réaliste : des essais cliniques sur des patients sont probablement à plusieurs années, le temps de vérifier la sécurité et l’efficacité en phase préclinique.

Mais l’espoir généré par cette recherche ne s’arrête pas au glioblastome. C’est la première fois que le gène PRDM9 est lié à un cancer. L’équipe pense que le même mécanisme de survie pourrait exister dans d’autres cancers difficiles à traiter. Ils ont d’ailleurs l’intention de tester leur approche sur le cancer de l’ovaire ensuite. « La rechute est l’un des plus grands défis en oncologie », rappelle le Pr Munoz. Cette découverte nous force à changer de perspective : il ne faut plus seulement regarder la tumeur principale, mais aussi étudier ces rares cellules persistantes, et comprendre ce qui se passe après la fin du traitement, pas seulement pendant.

C’est un pas en avant significatif, né d’une collaboration et d’une observation minutieuse. Pour les milliers de personnes concernées par cette maladie, c’est une lueur nouvelle au bout d’un tunnel qui semblait bien sombre. La science avance, parfois par des chemins détournés, comme en empruntant un gène de la fertilité pour combattre l’un des cancers les plus redoutables.

Selon la source : medicalxpress.com

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