Peu de parents guident leurs ados sur l’alimentation pendant les fêtes

Peu de parents guident leurs ados sur l’alimentation pendant les fêtes credit : lemorning.ca (image IA)

Des conversations difficiles autour de la table des fêtes

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Là, c’est le moment des repas de famille, des grands buffets et des desserts en pagaille. On le sait tous, les fêtes tournent beaucoup autour de la nourriture. Et pour les parents d’ados, c’est souvent un vrai casse-tête. Comment parler de nutrition sans créer de conflit, sans blesser, surtout quand son enfant semble prendre du poids ? Une enquête nationale américaine, le University of Michigan Health C.S. Mott Children’s Hospital National Poll on Children’s Health, vient de sortir, et elle met le doigt sur un vrai problème.

Menée en août auprès de 970 parents ayant des enfants de 13 à 17 ans, elle montre que si les parents sont bien conscients que l’alimentation de leur ado n’est pas toujours équilibrée, très peu parviennent à leur donner des conseils pratiques, concrets, pour traverser la saison des fêtes de manière sereine. C’est un sujet sensible, qui touche à l’image de soi, et les mots sont parfois lourds à porter.

Le constat alarmant : des repas sautés et des grignotages émotionnels

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Les chiffres de ce sondage sont assez parlants, et pas très rassurants. D’abord, seulement la moitié des parents disent que leur adolescent mange trois repas par jour. Les autres ? C’est le flou artistique. 13% avouent que leur ado grignote toute la journée, 9% qu’il saute régulièrement le petit-déjeuner, et près d’un tiers (31%) déclarent carrément que leur jeune n’a aucun rythme alimentaire typique. C’est énorme.

Et ce n’est pas tout. On mange souvent pour d’autres raisons que la faim, c’est bien connu, mais chez les ados, c’est flagrant. Près d’un parent sur trois (32%) remarque que son enfant mange par ennui ou de manière « automatique », sans y penser. 11% disent qu’il continue à manger même rassasié, et 10% qu’il mange sous l’effet du stress. Le Dr Susan Woolford, pédiatre et co-directrice du sondage, a une explication simple : les emplois du temps de fou. Entre le lycée, les activités, les petits boulots et les amis, les ados « se frayent un chemin » pour manger, et attrapent ce qui est rapide et disponible. Souvent, malheureusement, ce sont des snacks industriels ou de la malbouffe, pleins de calories et pauvres en nutriments.

Fait marquant : ces comportements problématiques sont signalés beaucoup plus souvent par les parents qui décrivent leur adolescent comme étant en surpoids. Dans l’ensemble, les perceptions sont variées : si la majorité estime que son enfant a le poids « qu’il faut », un parent sur sept le trouve trop maigre, et un sur cinq (20%) le considère en surpoids.

Le fossé entre l’inquiétude et les conseils pratiques

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Alors, face à ça, que font les parents ? L’enquête montre un vrai décalage. Ils sont inquiets, c’est clair. Un parent sur trois (33%) trouve même difficile de parler de nourriture et de poids avec son ado. Et ce chiffre monte à plus de la moitié chez ceux qui pensent que leur enfant a des kilos en trop. Mais quand arrive le moment crucial des gros repas de fête, les conseils concrets se font rares.

Les stratégies spécifiques proposées aux ados sont minoritaires. Seuls 8% des parents suggèrent de manger quelque chose de sain avant le repas pour éviter la surcharge. 5% parlent de décider à l’avance quoi manger ou éviter. 2% évoquent le choix d’aliments pauvres en calories. D’autres idées, pas forcément idéales : 10% proposent de faire plus d’exercice pour « brûler » les calories, et 1% (heureusement très peu) parlent de jeûner ou de faire un régime le lendemain.

Le plus souvent, les parents se contentent de grandes directives générales. 38% disent carrément « mange ce que tu veux », et 33% se limitent à un vague « mange avec modération ». Pour le Dr Woolford, c’est dommage. Même un petit conseil simple, comme celui de prendre une collation saine avant, peut aider un ado à se sentir plus en contrôle face à une table débordante.

Elle recommande aussi aux parents d’agir en amont : stocker des options saines et rapides à la maison, et impliquer les ados dans le choix des produits et la lecture des étiquettes nutritionnelles. C’est une façon positive d’aborder le sujet.

L’image corporelle, une préoccupation qui ne dit pas son nom

Derrière ces habitudes alimentaires chaotiques, il y a souvent une souffrance plus profonde, liée à l’image de soi. Et le sondage révèle des signes assez troublants. 14% des parents ont déjà entendu leur ado dire qu’il se sentait « trop gros ». 11% rapportent que leur enfant parle de devoir faire un régime ou jeûner après un gros repas. Et 8% disent que leur ado veut cacher son corps sous des vêtements amples.

Là encore, ces inquiétudes sont bien plus courantes chez les parents qui voient leur adolescent en surpoids. C’est un cercle vicieux : la peur de mal parler du poids ou de l’alimentation, de nuire à l’estime de soi, peut pousser les parents à se taire. Mais, comme le souligne le Dr Woolford, éviter la conversation peut aussi laisser s’installer des schémas malsains.

Son conseil est précieux : si un parent remarque que son ado exprime de manière répétée des pensées négatives sur son corps ou montre des signes d’alimentation déséquilibrée, c’est le bon moment pour consulter le médecin traitant ou le pédiatre. Et ces conversations, insiste-t-elle, n’ont pas besoin de tourner autour de l’apparence. On peut parler d’énergie, de force, de bien-être général. C’est une autre porte d’entrée, moins menaçante.

Conclusion : Accompagner, sans juger, pendant les fêtes et après

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Alors, que retenir de tout ça ? Les fêtes sont un moment de joie, mais aussi un vrai challenge pour l’équilibre alimentaire des jeunes. Cette enquête de l’Université du Michigan, revue par les éditeurs Sadie Harley et Robert Egan, nous rappelle que le rôle des parents est crucial, mais délicat. Il ne s’agit pas de faire la police ou de culpabiliser, mais d’offrir un cadre et des outils.

Le constat est clair : beaucoup d’ados mangent de manière irrégulière, souvent pour des raisons qui n’ont rien à voir avec la faim. Et face à cela, les parents, par peur de mal faire, restent souvent trop vagues. Pourtant, comme le dit le Dr Woolford, la période des fêtes est justement une occasion clé pour avoir des conversations soutenantes et sans jugement.

L’enjeu va au-delà du simple repas de Noël. Il touche à la santé, bien sûr, mais aussi à la confiance en soi et au rapport au corps. Écouter, observer, proposer des alternatives saines et pratiques, et oser demander de l’aide médicale si besoin, voilà peut-être la meilleure façon d’aider nos ados à traverser cette période – et toutes les autres – en gardant le plaisir de manger, sans les angoisses.

Selon la source : medicalxpress.com

Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.