Un guide pour mieux mesurer la maladie de Still de l’adulte
Simon Kabbaj - 2025-12-12 10:46
credit : lemorning.ca (image IA)
Une maladie rare et complexe qui manquait de repères

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Vous connaissez peut-être la maladie de Still de l’adulte ? C’est une sacrée pathologie, pour tout dire. Une maladie inflammatoire rare, vraiment pas simple à cerner, qui touche les grands et qui se manifeste souvent par de la fièvre, des douleurs articulaires violentes, des éruptions cutanées et des problèmes qui peuvent toucher plusieurs organes à la fois. Imaginez la vie avec ça.
Le truc, c’est que jusqu’à présent, les médecins et les chercheurs étaient un peu dans le flou. On a des traitements, oui, mais comment savoir s’ils marchent vraiment ? Il n’y avait pas de définition commune, de critères standards, pour évaluer l’activité de la maladie. Du coup, comparer les résultats d’une étude à l’autre, ou même fixer des objectifs de traitement en consultation, c’était comme naviguer à vue. Pas pratique, n’est-ce pas ?
C’est pour combler ce vide que l’Alliance européenne des associations de rhumatologie (EULAR) s’est mobilisée. Ils ont réuni un groupe de travail, avec à la fois des professionnels de santé et des patients partenaires, pour tenter d’y voir plus clair. Leur mission ? Proposer des repères solides.
Les nouveaux principes et points à considérer

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Le fruit de ce travail colossal a été publié en décembre 2025 dans la revue EULAR Rheumatology Open. Leur rapport détaille trois grands principes fondateurs et onze « points à considérer », ce sont des sortes de recommandations très concrètes.
Les principes, d’abord. Ils insistent sur un besoin crucial : la définition de l’activité de la maladie doit être valide, fiable et facilement utilisable par n’importe quel médecin, dans n’importe quel cabinet ou hôpital. En gros, il faut des outils qui parlent à tous. Ils soulignent aussi que pour développer ces critères d’évaluation, il faut d’abord bien définir les signes cliniques qui décrivent le mieux l’état du patient. Ça paraît évident, mais ce n’était pas formalisé.
Ensuite viennent les fameux « points à considérer ». Là, on entre dans le détail de ce qu’il faut surveiller. La fièvre est mise en avant comme un élément central, une variable incontournable du « jeu de base » pour l’évaluation. Viennent ensuite les autres grands classiques de la maladie : l’éruption cutanée (le rash), l’arthrite et les douleurs articulaires (arthralgies), et l’atteinte systémique – c’est-à-dire quand la maladie touche d’autres organes comme le cœur ou les poumons.
Mais ce n’est pas tout. Les analyses de sang ont aussi leur mot à dire. Des marqueurs comme l’hyperferritinémie (un taux de ferritine trop élevé), les marqueurs de l’inflammation en général, et une augmentation des globules blancs peuvent être très utiles, aussi bien au début de la maladie que pour détecter une rechute ou une poussée. Les transaminases, ces enzymes du foie, sont aussi citées comme un bon indicateur d’une atteinte systémique. C’est un tableau complet qu’ils proposent.
Le grand défi de la rémission et les spécificités des adultes

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Définir l’activité de la maladie, c’est une chose. Mais le véritable Graal, pour les rhumatologues comme pour les patients, c’est de savoir ce qu’on appelle une rémission. C’est l’objectif clinique idéal dans beaucoup de maladies rhumatologiques, et pour l’AOSD, il manquait une définition objective. Le Pr Roberto Giacomelli, auteur principal de l’étude et professeur de rhumatologie à la Fondazione Policlinico Campus Bio-Medico de Rome, l’a bien résumé : « Établir une définition reproductible de la rémission pourrait nous aider à nous diriger vers une nouvelle cible thérapeutique que nous pourrions utiliser à la fois dans les essais et en clinique. » En clair, ça ouvrirait la voie à une vraie stratégie « traiter pour atteindre la cible ».
Un autre chantier en cours est le développement d’un outil spécifique pour mesurer le point de vue du patient, ce qu’on appelle un « patient-reported outcome ». Parce que les chiffres des analyses, c’est une chose, mais comment la personne se sent vraiment, c’est tout aussi important.
Ces nouveaux points viennent compléter les recommandations de 2024 sur le diagnostic et la prise en charge de la maladie de Still, aussi bien chez les enfants que les adultes. Ces dernières définissent d’ailleurs la maladie « cliniquement inactive » par l’absence de signes liés à la maladie et des marqueurs inflammatoires normaux. La rémission, elle, nécessite que cet état persiste pendant 6 mois sans avoir besoin de corticoides.
Mais attention, il y a une nuance de taille, et les auteurs le soulignent. Ces critères de 2024 reposent davantage sur des observations faites chez les enfants. Or, la maladie chez l’adulte a ses particularités. Des signes comme une splénomégalie (grosse rate) ou une hépatomégalie (gros foie) sont plus fréquents chez les grands. Les adultes ont aussi souvent d’autres problèmes de santé en plus (les comorbidités). Ces différences pourraient bien influencer les définitions finales.
Conclusion : Vers une gestion uniforme et plus efficace
Alors, où est-ce que ça nous mène, tout ça ? Eh bien, il reste du travail, c’est certain. Il faut voir si les critères qui marchent pour les enfants vont parfaitement coïncider avec ceux des adultes, étant donné leurs différences. Mais il y a aussi une belle avancée conceptuelle : aujourd’hui, on considère que la polyarthrite juvénile idiopathique systémique (de l’enfant) et la maladie de Still de l’adulte sont une seule et même maladie. Du coup, l’appel des experts est clair : il faut un effort commun pour arriver à une gestion uniforme, quel que soit l’âge.
L’espoir porté par EULAR, c’est que ces nouveaux « points à considérer » servent de base solide pour construire un outil fiable. Un outil simple à utiliser au quotidien par les médecins, pour enfin mieux accompagner les personnes qui vivent avec cette maladie complexe. C’est un pas de plus vers une médecine plus précise et plus personnalisée, et ça, c’est une très bonne nouvelle.
Selon la source : medicalxpress.com
Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.