Un député conservateur traverse la Chambre pour rejoindre les libéraux de Mark Carney

Un député conservateur traverse la Chambre pour rejoindre les libéraux de Mark Carney credit : Lea-Kim, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Un ralliement surprise qui bouleverse l’échiquier politique

The White House, Public domain, via Wikimedia Commons

Voilà une nouvelle qui va faire jaser dans les couloirs de la colline du Parlement. Un autre député conservateur a décidé de franchir la Chambre des communes, littéralement, pour aller s’asseoir avec les libéraux. Ce jeudi 11 décembre 2025, Michael Ma, le député de la circonscription ontarienne de Markham–Unionville, a officiellement annoncé son départ du Parti conservateur pour rejoindre le caucus du gouvernement mené par le premier ministre Mark Carney.

Dans une déclaration partagée aux médias par le Parti libéral du Canada, M. Ma a expliqué sa décision. Il a dit avoir longuement écouté ses électeurs, et avoir réfléchi avec sa famille à l’orientation du pays. C’est après tout cela qu’il a informé le président de la Chambre et le chef de l’opposition de son changement d’allégeance. Une décision qu’il a présentée comme étant mûrement réfléchie, même si elle a, on s’en doute, pris tout le monde par surprise.

Les raisons d’un revirement et les réactions immédiates

Dans son message, Michael Ma a justifié son choix en affirmant qu’il était venu à la conclusion que Mark Carney proposait « l’approche stable et pratique » dont le pays avait besoin. Pour lui, les priorités sont claires : rendre la vie plus abordable, bâtir une économie forte, renforcer la sécurité des communautés et créer de véritables opportunités pour les jeunes et les familles qui travaillent dur. C’est un peu la promesse du rêve canadien, finalement.

De son côté, le premier ministre n’a pas perdu de temps pour accueillir ce nouveau ralliement. Sur le réseau social X, Mark Carney a déclaré avoir hâte de travailler avec Michael Ma pour bâtir le pays, protéger les communautés et créer de nouvelles possibilités pour les gens de Markham–Unionville et de partout au Canada. Une réaction évidemment positive et chaleureuse.

Il faut rappeler le contexte : Michael Ma n’était pas un inconnu pour le Parti libéral. Il avait été élu pour la première fois comme conservateur lors des dernières élections générales, en avril 2025, dans la circonscription de Markham–Unionville. Son adversaire libéral à l’époque était Peter Yuen, qui avait pris la relève d’un député sortant plutôt controversé, Paul Chiang. Ce dernier avait d’ailleurs choisi de se retirer de la campagne électorale, et ce malgré l’appui public de Mark Carney lui-même. L’histoire a parfois des ironies.

Un départ qui a surpris son propre parti, et la riposte de Poilievre

Et surprise, ce changement de camp n’était pas dans les cartes du Parti conservateur. Selon une source à l’intérieur du parti, personne ne s’attendait à ce départ. Ça n’a pas empêché le chef, Pierre Poilievre, de réagir rapidement et avec une certaine véhémence. Jeudi soir, dans une publication en ligne, il a tiré à boulets rouges sur l’ancien membre de son caucus.

Poilievre a écrit que Michael Ma avait choisi d’appuyer les politiques mêmes qu’il s’était engagé à combattre. Selon lui, ce sont ces politiques qui font augmenter le prix des loyers et du panier d’épicerie pour les familles. Il a lancé que ceux que le député décevait le plus, c’étaient ses électeurs, ceux-là mêmes qui l’avaient choisi pour défendre une vie plus abordable. « C’est à eux qu’il devra rendre des comptes », a-t-il ajouté, d’un ton plutôt sec.

L’ironie de la situation est assez frappante. La veille de cette annonce, mercredi soir, Michael Ma était encore présent aux célébrations de Noël du Parti conservateur, aux côtés de Pierre Poilievre. Une photo les montrant tous les deux, souriants, a d’ailleurs été partagée par le parti. Et puis, le soir même de son annonce, jeudi, il était déjà en train de participer aux festivités de fin d’année des libéraux. On peut dire que la transition a été rapide !

Impact sur les chiffres à la Chambre et autres mouvements politiques

credit : lemorning.ca (image IA)

Ce n’est pas le premier député conservateur à faire ce saut. Au début du mois de novembre, Chris d’Entremont, le député de la circonscription d’Acadie–Annapolis, avait fait la même chose. À l’époque, son départ avait permis au gouvernement Carney de passer de 169 à 170 députés. Avec l’arrivée de Michael Ma, les libéraux comptent maintenant 171 députés. C’est un chiffre important, car cela les place à un seul siège de la majorité absolue à la Chambre des communes. Ils sont tout près, très près.

Bien sûr, il faut aussi mentionner le départ d’un autre ministre. Steven Guilbeault avait claqué la porte du Cabinet Carney le 27 novembre, renonçant à son poste de ministre de l’Identité et de la Culture canadiennes. Mais contrairement aux autres, il a choisi de rester dans le caucus libéral, il n’a pas quitté le parti.

Du côté des conservateurs, le départ de Michael Ma a un impact direct. Leur caucus passe à 142 députés. Et la situation est encore un peu compliquée par le cas de Matt Jeneroux, le député d’Edmonton Riverbend. Ce dernier a annoncé sa démission, mais il doit quitter son siège seulement au printemps. Pour l’instant, il reste membre du caucus conservateur, même s’il n’a pas voté depuis son annonce du 6 novembre. Une source libérale bien informée a même indiqué à CBC que M. Jeneroux avait rencontré le premier ministre Carney la même semaine où il a fait connaître son intention de partir. Ça fait réfléchir, non ?

Pour les autres partis, les chiffres ne bougent pas. Le Bloc québécois conserve 22 députés, le NPD 7 et le Parti vert 1. Tout le jeu politique se concentre donc sur ces mouvements entre les deux grands partis.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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