Sécurité des aînés en RPA : un équilibre délicat entre liberté et protection

Sécurité des aînés en RPA : un équilibre délicat entre liberté et protection credit : lemorning.ca (image IA)

Un drame qui relance le débat

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Le décès récent d’une résidente retrouvée à l’extérieur d’une RPA de Laval a jeté une lumière crue sur un problème qui dépasse largement ce seul établissement. Ça nous rappelle, malheureusement, que derrière les murs de ces résidences, des milliers de personnes âgées en perte d’autonomie cognitive vivent avec un risque constant : celui de l’errance. C’est un sujet qui nous touche tous, directement ou indirectement, quand on pense à nos propres parents ou grands-parents.

Pour les gestionnaires de RPA, l’enjeu est de taille. Comment assurer la sécurité absolue des résidents les plus vulnérables sans pour autant transformer ces lieux de vie en prisons douces pour ceux qui sont encore parfaitement autonomes ? Le président du Regroupement québécois des résidences pour aînés (RQRA) ne mâche pas ses mots : l’obligation de « barrer les portes » lui pose un sérieux problème éthique et pratique.

La réalité du terrain et le coût de la sécurité

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Lors d’une visite dans une RPA, le propriétaire nous a montré le système en place : codes secrets pour les ascenseurs, caméras un peu partout, personnel en permanence. « Ce sont des gens qu’on traite ici pour leur sécurité », explique-t-il, avec une certaine lassitude. C’est un peu l’impression qu’on a, vous ne trouvez pas ? On veut bien faire, mais les mesures sont parfois lourdes. Et puis, il y a le prix à payer, au sens propre comme au figuré.

Un expert en sécurité, Claude Dolembreux, nous a donné un chiffre qui fait réfléchir : 5000 $ par porte. C’est le coût moyen pour installer un système « antifugue » efficace. Imaginez le budget pour un grand établissement avec plusieurs sorties ! Et la technologie, elle, n’a pas de limites : puces dans les vêtements, reconnaissance faciale, bracelets… On se demande parfois où s’arrête la surveillance et où commence la liberté.

Les leçons douloureuses du passé

Ce qui est peut-être le plus troublant, c’est que cette tragédie de Laval n’est pas un cas isolé. En fouillant dans les rapports des coroners, on tombe sur des histoires qui serrent le cœur. Je me souviens du cas, en 2019, de la mère de Gilles Duceppe, retrouvée inconsciente dans la neige. La coroner avait pointé du doigt un détecteur de mouvement défaillant et l’absence de sonnette aux portes de secours. Des détails, oui, mais des détails qui coûtent une vie.

Une autre coroner, Denise McManiman, s’était interrogée, en 2021, sur la vigilance nocturne dans une petite RPA de 24 chambres. Elle se demandait comment une seule personne, équipée d’un simple moniteur pour bébé, pouvait assurer une surveillance adéquate. Son constat est glaçant : elle a retracé, rien que sur cinq ans, au moins cinq décès similaires. Après de tels rapports, on comprend mieux l’urgence d’agir, mais aussi la complexité de la tâche.

Conclusion : Un équilibre à trouver, et vite

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Alors, où en est-on ? La ministre Sonia Bélanger assure examiner la situation « au cas par cas » et rappelle l’importance cruciale du suivi humain. Les caméras et les serrures, c’est bien, mais rien ne remplace le regard et la présence d’un intervenant, souligne-t-elle. C’est un point de vue que beaucoup partagent, mais qui se heurte à la réalité des ressources et du financement. Avec 26% de la population qui aura plus de 65 ans d’ici dix ans, la pression ne fera que augmenter.

Au final, la question reste entière. Comment protéger les 11 000 aînés identifiés à risque d’errance dans les RPA de catégorie 4, sans brimer les 108 000 autres qui y vivent en catégorie 3 ? Le règlement existe, son application est reportée jusqu’à juillet 2025. Ça laisse un peu de temps, mais pas tant que ça. Il faudra trouver cet équilibre délicat entre sécurité et dignité, entre technologie et humanité. Pour le bien de tous nos aînés.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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