L’argile, un remède naturel pour protéger des toxines

L’argile, un remède naturel pour protéger des toxines credit : lemorning.ca (image IA)

Une menace invisible dans notre quotidien

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Microplastiques, métaux lourds, produits chimiques persistants… On en parle de plus en plus, et c’est normal. Ces dangers potentiels se cachent dans ce qu’on mange, ce qu’on boit, même dans nos objets du quotidien. C’est un peu angoissant, quand on y pense.

Mais des chercheurs de l’Université Texas A&M ont peut-être trouvé une solution étonnamment simple, presque sous nos pieds : l’argile. Le Dr Timothy Phillips et son équipe travaillent sur des thérapies à base d’argile, sous forme de pilules ou de crèmes, conçues pour capturer ces toxines avant qu’elles ne nuisent à notre santé.

Une médecine ancienne redécouverte

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L’idée n’est pas nouvelle, loin de là. « Même à l’époque pré-romaine, les gens mélangeaient de l’argile avec des graisses animales ou de la cire d’abeille pour créer des pilules », explique le Dr Phillips. C’était de la médecine ancestrale. Ces argiles sont des sorbants, c’est-à-dire qu’elles ont la capacité d’adhérer et de piéger d’autres substances.

Leur structure chimique, comparée à un jeu de cartes, s’ouvre pour former des pores qui aspirent les toxines comme une éponge. Une fois ingérée, l’argile se lie fermement aux molécules nocives dans l’intestin et les évacue naturellement par les selles, les empêchant d’être absorbées par le corps.

Le premier combat : les aflatoxines

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La carrière du Dr Phillips a commencé avec les aflatoxines, des toxines produites par des moisissures sur des céréales, comme le maïs ou les arachides. Elles sont particulièrement dangereuses pour les jeunes enfants, les personnes âgées ou les organismes affaiblis, pouvant causer de graves lésions au foie. À l’époque, il n’existait aucun traitement.

Son équipe a identifié un groupe d’argiles spécifiques très efficaces pour se lier à ces poisons. Grâce à ces travaux, des traitements commerciaux existent maintenant pour les animaux et les humains à risque. Dans certaines communautés d’Afrique, on ajoute même directement cette argile stable à la cuisine, pour une protection quotidienne facile.

S’attaquer aux « polluants éternels » (PFAS)

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Fort de ce succès, Phillips s’est attaqué à un problème plus large et très actuel : les PFAS, surnommés « polluants éternels ». Ces milliers de produits chimiques, utilisés pour leurs propriétés anti-graisse, sont partout (vêtements, emballages, mousses anti-incendie) et mettent des millénaires à se dégrader. Beaucoup sont liés à des cancers.

Au Centre de recherche Superfund, son équipe a développé deux produits. Un sorbant à ingérer, qui piège les PFAS dans l’intestin, et une crème barrière à appliquer sur la peau. « Cette crème est utile pour les premiers secours ou toute personne devant marcher dans des eaux de crue contaminées », précise-t-il. Ils travaillent même sur des versions avec protection solaire.

Les plantes, des alliées vertes insoupçonnées

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Les recherches du Dr Phillips l’ont aussi mené vers le monde végétal. La cuticule, cette fine couche cireuse sur les feuilles, peut capturer des produits chimiques nocifs dans l’air. Des études sur des aiguilles de pin près d’un site industriel l’ont prouvé. Les plantes ne font pas que produire de l’oxygène, elles nettoient aussi l’air autour de nous.

Son labo explore même l’utilisation de la chlorophylle, le pigment vert des plantes, dans des filtres à air domestiques pour capturer le benzène, un cancérigène. L’idée est aussi de combiner les plantes les plus efficaces avec l’architecture verte pour créer des espaces urbains dépolluants.

Protéger les sols et notre nourriture

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Une autre piste consiste à ajouter des argiles raffinées directement dans la terre, surtout dans les potagers ou les zones inondables. Ces argiles agissent comme une barrière serrée qui retient les produits chimiques dans le sol, empêchant les plantes de les absorber.

Cela protège ainsi les légumes qu’on y fait pousser et évite que ces toxines ne contaminent les nappes phréatiques. C’est une solution plus réaliste et économique que de vouloir excaver et remplacer d’immenses quantités de terre contaminée après chaque catastrophe.

Conclusion : Une protection pratique pour vivre avec le risque

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Détruire chimiquement des polluants aussi stables que les PFAS demande des conditions extrêmes, quasi volcaniques. En attendant une solution miracle, il faut vivre avec ce risque. C’est là que les sorbants comestibles à base d’argile prennent tout leur sens.

« Avoir chez soi quelque chose que l’on peut ajouter à sa nourriture ou à sa boisson pour se protéger d’une exposition à court terme, c’est une solution qui a du sens », conclut le Dr Phillips. Son travail, ancré dans les savoirs anciens mais tourné vers l’innovation, offre des outils concrets pour nous protéger, nous et notre environnement, au quotidien.

Selon la source : medicalxpress.com

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