La fuite des médecins en Ontario : un appel au Québec et des chiffres qui parlent

La fuite des médecins en Ontario : un appel au Québec et des chiffres qui parlent credit : lemorning.ca (image IA)

Le coup d’éclat de Doug Ford et le départ des médecins

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Le geste était plutôt osé, pour ne pas dire audacieux. À l’automne dernier, le premier ministre ontarien, Doug Ford, a lancé un appel public assez direct aux médecins du Québec. Il leur proposait carrément de venir s’installer chez lui. Une opération « charme », comme on a pu le qualifier, qui a évidemment fait bondir son homologue québécois, François Legault.Mais derrière cette petite guéguerre médiatique entre premiers ministres, il y a une réalité bien concrète et des chiffres qui, eux, ne mentent pas. Les données officielles nous révèlent que l’Ontario a un sérieux problème de rétention. Les médecins formés dans la province ont tendance à la quitter, et l’attraction de nouveaux diplômés d’ailleurs peine à compenser ces départs. C’est un exode, ou presque.

Les chiffres froids d’une perte nette

Alors, quel est l’état des lieux, exactement ? L’organisme CAPER, qui suit les mouvements des diplômés en médecine, a compilé des chiffres pour Radio-Canada. Ils montrent qu’au cours des dernières années, l’Ontario a enregistré une perte nette de médecins. L’écart entre ceux qui partent et ceux qui arrivent est réel.Les données sont claires : deux ans après la fin de leurs études, l’Ontario perd en moyenne 155 médecins chaque année. Après cinq ans, c’est 149. Et même dix ans plus tard, la tendance persiste, avec un déficit annuel de 79 praticiens. C’est loin d’être anecdotique, surtout quand on sait que le Québec, lui, parvient à maintenir un équilibre. Il n’en attire pas beaucoup plus, certes, mais il n’en perd pas non plus.

Une pénurie bien plus grave que prévu

Ce besoin criant de médecins, le gouvernement Ford semblait pourtant l’avoir saisi. Il a annoncé d’ambitieux plans pour former plus d’étudiants en médecine familiale. On parle de créer des centaines de nouvelles places, de construire deux écoles de médecine et 17 cliniques d’enseignement. Un investissement colossal, en somme.Mais voilà que le rapport de la vérificatrice générale de l’Ontario vient jeter un froid. D’abord, il y a du retard dans la réalisation des projets. Ensuite, et c’est plus grave, les prévisions du gouvernement semblent sous-estimer l’ampleur du problème. L’analyse de la vérificatrice, Shelley Spence, est sans équivoque : l’Ontario a besoin de 2000 médecins de famille supplémentaires, et non de 1300 comme le pensait le ministère. Une différence qui pèse lourd.

La solution : réserver les places aux Ontariens ?

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Face à cette hémorragie, le gouvernement Ford a choisi une solution radicale : réserver les places en médecine. À partir de l’an prochain, 95% des sièges dans les facultés de médecine de l’Ontario seront pour les étudiants de la province. Seuls 5% seront ouverts aux Canadiens des autres provinces. Une façon, sans doute, de tenter de garder les jeunes qu’on forme.Mais est-ce une bonne idée ? La vérificatrice générale reste prudente. « Je ne peux pas dire si c’est bon ou mauvais », admet-elle. Son conseil ? Il faut suivre cette politique de près, et surtout, évaluer si elle fonctionne. Autrement dit, saura-t-elle vraiment retenir ces futurs médecins en Ontario une fois leur diplôme en poche ? La question, pour l’instant, reste entière.

Conclusion : Un enjeu qui dépasse les rivalités politiques

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Finalement, le coup d’éclat de Doug Ford en octobre dernier prend un tout autre sens à la lumière de ces chiffres. Ce n’était pas juste une petite pique envers le Québec. C’était le signe d’une province aux abois, qui voit ses médecins partir et qui n’arrive pas à en former assez pour combler les vides. Avec deux millions d’Ontariens sans médecin de famille, la promesse électorale d’un médecin pour tous semble de plus en plus lointaine.Alors, oui, l’appel aux médecins québécois était un coup médiatique, mais il révèle une situation de crise réelle. L’Ontario est en concurrence, non seulement avec sa voisine, mais avec une pénurie nationale. Les solutions, comme réserver les places en formation, sont audacieuses, mais leur efficacité n’est pas garantie. C’est peut-être un peu ça, le vrai défi : trouver comment garder ceux qu’on forme. Une histoire à suivre.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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