Survivre au cancer pédiatrique : le coûteux rêve de devenir maman

Survivre au cancer pédiatrique : le coûteux rêve de devenir maman credit : lemorning.ca (image IA)

Un matin gris à Palmarolle

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C’est une histoire qui commence par une phrase qu’aucun parent ne devrait jamais avoir à prononcer. « Angéline avait une masse au niveau du coccyx qui grossissait à vue d’œil. » Claudie Morin se souvient de tout. C’était il y a longtemps, pourtant. Par un matin gris de novembre, dans la petite municipalité de Palmarolle, en Abitibi-Ouest, les souvenirs remontent.

Angéline Perron, sa fille, est là, bien vivante. Aujourd’hui, elle a 15 ans. Mais son parcours n’a rien eu d’un fleuve tranquille. Bébé, à peine âgée de 14 mois, le diagnostic tombe comme un couperet : cancer germinal de stade 4. Un choc. Violent.

Avant même de souffler sa deuxième bougie, la fillette avait déjà enduré ce que bien des adultes ne connaitront jamais : deux protocoles de chimiothérapie et une greffe de moelle osseuse. Elle a survécu. C’est un miracle, disons-le franchement. Mais le cancer, cette maladie sournoise, laisse parfois des traces invisibles qui ne se révèlent que bien plus tard.

Une épée de Damoclès sur la fertilité

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Angéline va bien, en apparence. Elle joue de la guitare, elle fait du volleyball. Une ado comme les autres, ou presque. Sauf que les traitements qui lui ont sauvé la vie ont eu un coût caché. Un prix terrible pour une jeune fille qui se projette dans l’avenir.

La chimiothérapie a fait son œuvre, détruisant le mal, mais attaquant aussi ses réserves d’ovules. Le verdict des médecins est sans appel : Angéline risque d’être ménopausée avant même d’avoir 20 ans. Imaginez un peu. La ménopause à l’âge où l’on commence sa vie d’adulte.

« Je veux des enfants. » La phrase est simple, lâchée avec l’assurance tranquille de ses 15 ans. Pour elle, c’est une évidence. Pour sa mère, c’est le début d’un nouveau combat. Car pour qu’Angéline puisse un jour porter la vie, il faut agir maintenant. Vite.

L’aberration administrative

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C’est ici que le bât blesse. C’est ici que l’histoire d’Angéline se heurte à un mur de bureaucratie, froid et implacable. Pour préserver sa fertilité, elle doit procéder à une collecte d’ovules. La facture? Salée. On parle de plus de 20 000 $, sans compter les frais de conservation annuels.

Le problème, voyez-vous, n’est pas médical. Il est administratif. La Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ) couvre cette procédure, oui… mais seulement si elle est faite avant les traitements de chimiothérapie. Sauf qu’à 14 mois, Angéline était un bébé. Trop petite, trop malade, et la technologie n’était même pas disponible à l’époque.

Claudie ne décolère pas. Elle y voit une injustice flagrante. « L’injustice que l’on veut dénoncer, c’est que tous les enfants, après avoir eu des traitements, et qui ont des conséquences sur leur fertilité… ce n’est pas payé par le gouvernement », critique-t-elle. On paie pour ses prothèses auditives (une autre séquelle de la chimio), on paie pour des chaises roulantes ou des prothèses de jambe. Mais la fertilité? Ça semble optionnel aux yeux de l’État.

Des médecins qui ne comprennent pas

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Claudie et Angéline ne sont pas seules dans leur incompréhension. Au CHU Sainte-Justine, la Dre Janie Benoit, gynécologue, partage ce sentiment d’illogisme. Pour elle, c’est clair : que la préservation se fasse avant ou après, le résultat est le même et la cause est la même.

« Des fois, deux patientes vont avoir exactement le même traitement et le même risque d’infertilité », explique la docteure. L’une sera remboursée parce qu’elle a eu le temps de le faire avant. L’autre, trop malade dans l’urgence, devra payer de sa poche plus tard. C’est, disons-le, une loterie cruelle.

La Dre Benoit voit pourtant l’espoir que cette procédure donne à ces jeunes filles. Quand on leur parle de préserver leurs ovules, leurs visages s’illuminent. C’est la promesse qu’il y a une vie après le cancer. Une vie normale.

Une fin de non-recevoir de Québec

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La famille s’est battue. Ils ont écrit au premier ministre, au ministre de la Santé. La députée locale, Suzanne Blais, touchée par l’histoire, a tenté de faire bouger les choses. Mais la réponse du ministère est tombée, froide comme une lame : non.

Dans une lettre officielle, on leur explique que les ressources ne sont pas « illimitées » et qu’il faut penser au rapport « coûts-bénéfices ». Des mots qui font mal quand on parle de l’avenir d’une enfant. Pour l’instant, la porte est fermée à double tour.

Claudie Morin, résiliente, se prépare au pire. S’il faut payer, ils paieront. Quitte à se saigner. « On ne veut pas la priver de ce bonheur d’avoir des enfants! » lance-t-elle. Le temps presse, car la réserve ovarienne d’Angéline chute. Chaque mois compte.

Conclusion : L’espoir malgré tout

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Au final, c’est l’histoire d’une famille tissée serré qui refuse de baisser les bras. Angéline a vaincu un cancer de stade 4; ce n’est pas une facture, aussi injuste soit-elle, qui va l’empêcher de rêver.

Mais au-delà de leur cas personnel, c’est toute une zone grise du système de santé qui est exposée. Combien d’autres jeunes filles, guéries mais cicatrisées, devront faire une croix sur la maternité faute de moyens financiers? La question reste entière. Et pour l’instant, sans réponse satisfaisante.

Angéline, elle, continue de regarder vers l’avant. Avec ou sans l’aide de la RAMQ, elle compte bien, un jour, tenir son propre bébé dans ses bras.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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