36 ans après Polytechnique : Une mémoire lumineuse mais une colère intacte

36 ans après Polytechnique : Une mémoire lumineuse mais une colère intacte credit : lemorning.ca (image IA)

Une lueur dans la nuit montréalaise

C’était samedi soir, et le froid de décembre n’a pas empêché Montréal de se souvenir. Il y a 36 ans, l’horreur frappait. Pour marquer ce triste anniversaire, le ciel au-dessus du mont Royal s’est déchiré de quinze faisceaux lumineux. C’est toujours une image qui vous prend aux tripes, vous ne trouvez pas ?

À 17 h 10 précises — l’heure où les premiers coups de feu ont brisé des vies en 1989 — ces colonnes de lumière se sont dressées. Quatorze d’entre elles, blanches et pures, pour les victimes directes de la tuerie. Et puis, il y en avait une quinzième, rose celle-là. Elle était là pour toutes les autres, celles qui sont tombées sous les coups parce qu’elles étaient des femmes. Une façon de dire que l’histoire, malheureusement, bégaie encore.

Le poids des mots au chalet du Mont-Royal

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Il y avait du monde dans le chalet du mont Royal. Des familles, bien sûr, mais aussi ceux qui nous dirigent. C’est important qu’ils soient là, je suppose. On a vu le premier ministre du Canada, Mark Carney, et celui du Québec, François Legault. Ils se sont recueillis.

Mais ce sont les mots de Catherine Bergeron qui résonnent le plus fort. Sa sœur, Geneviève, est morte là-bas. « Il y a encore tant à faire ! », qu’elle a lancé. Trente-six ans… ça fait un bail, et pourtant, comme elle le dit si bien, on est encore là à se poser des questions. Elle a aussi eu une pensée touchante pour Louis Courville, l’ancien directeur de l’école qui vient de nous quitter. Un autre « phare qui s’éteint », a-t-elle dit. C’est une belle image, triste, mais belle.

Des promesses politiques et des critiques acerbes

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C’est souvent le jeu dans ces moments-là : les politiques promettent, et les militants rappellent la réalité du terrain. Mark Carney a admis qu’il faudrait en faire plus. Il a parlé de « progrès fantastiques », mais bon, est-ce vraiment suffisant ? Il a dit que chaque Canadienne mérite de vivre en sécurité.

Sauf que Heidi Rathjen, de PolySeSouvient, elle ne l’entend pas de cette oreille. Elle trouve que le gouvernement libéral traîne un peu trop les pieds, notamment sur l’interdiction de la carabine SKS. C’est compliqué, la politique… François Legault, lui, a rappelé le caractère antiféministe de l’attentat. Il a admis que ça a pris du temps pour qu’on ose utiliser ce mot, « féminicide ». Mieux vaut tard que jamais, j’imagine.

Le matin des roses et de l’espoir

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Un peu plus tôt dans la journée, l’ambiance était différente, peut-être plus intime devant le pavillon principal. On a déposé des gerbes de roses blanches. Maud Cohen, la directrice générale de Polytechnique, était là. Pour elle, le 6 décembre, c’est un moment pour réfléchir, pour s’assurer que ça ne recommence plus.

Elle a parlé des rêves de ces jeunes femmes. Elles voulaient devenir ingénieures. C’est simple, non ? Juste faire ce qu’on aime. Maud Cohen a un message inclusif : peu importe qui vous êtes, le génie, c’est pour tout le monde. C’est un beau message d’espoir au milieu du deuil.

La relève étudiante et les chiffres qui font mal

Les étudiants d’aujourd’hui n’étaient même pas nés, mais ils portent le flambeau. Gabriel Comby et Imane Chafi, représentants des associations étudiantes, ont insisté sur ce devoir de mémoire. Imane notait qu’on est à environ 30 % de femmes à Polytechnique. C’est « magnifique », dit-elle, mais il faut viser la parité, le fameux 50 %.

Pendant ce temps, Pierre Poilievre y est allé de son message sur le réseau social X. Mais au-delà des discours, il y a un chiffre qui glace le sang : selon l’Observatoire canadien du féminicide, 137 femmes et filles ont été tuées par des hommes au Canada juste depuis le début de l’année 2025. Ça fait réfléchir, non ?

Conclusion : Ne jamais oublier leurs noms

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Au fond, qu’est-ce qu’on retient ? Le 6 décembre 1989, un homme armé est entré, a tué 14 femmes, en a blessé 13 autres, et s’est suicidé en blâmant les féministes. C’est l’histoire brute.

Mais ce qu’il faut graver dans nos mémoires, ce sont leurs noms. Elles avaient entre 20 et 31 ans. Elles s’appelaient : Geneviève Bergeron, Hélène Colgan, Nathalie Croteau, Barbara Daigneault, Anne-Marie Edward, Maud Haviernick, Maryse Laganière, Maryse Leclair, Anne-Marie Lemay, Sonia Pelletier, Michèle Richard, Annie St-Arneault, Annie Turcotte et Barbara Klucznik-Widajewicz.

C’est pour elles qu’on porte le ruban blanc. C’est pour elles qu’on continue d’en parler.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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