Le calvaire des réfugiés: l’attente interminable de plus de huit ans qui déchire des familles au canada et au québec
Simon Kabbaj - 2025-12-05 11:05
credit : lemorning.ca (image IA)
L’attente, une douleur de plus de huit ans

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Ces délais interminables ne sont pas juste des chiffres administratifs ; ils représentent des années de vies brisées et des liens familiaux qui se délitent. Notre enquête met en lumière ces parcours poignants, où la bureaucratie fédérale et provinciale semble, bien malgré elle, imposer une « violence » aux personnes les plus vulnérables.
Le combat et l’angoisse de tania henriques
Pour Tania, l’attente de la résidence permanente – une condition préalable au parrainage de sa fille – pourrait prendre une décennie. Une décennie ! Elle est rongée par l’inquiétude, surtout à cause de la situation en RDC, notamment la présence des groupes criminalisés comme les Kuluna. « Est-ce que je vais retrouver ma fille vivante? Je ne sais pas », confie-t-elle, désemparée. La douleur est palpable, n’est-ce pas? Elle doit d’abord économiser des centaines de dollars pour lancer la procédure… C’est l’étape administrative qui s’ajoute à la détresse humaine.
Des chiffres officiels qui donnent le vertige

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Pour David Giwueze, qui attend une décision pour son statut humanitaire, ces délais sont une menace concrète. Ses deux enfants sont au Nigeria. Dans dix ans, ils auront dépassé l’âge limite de 21 ans pour être parrainés sans exception. Il avoue être plus déprimé que jamais, incapable de dormir la nuit, car il ne sait même pas comment annoncer cette attente cruelle à ses enfants. La montée des quotas d’attente brise l’espoir, tout simplement.
La souffrance psychologique et l’impression d’abandon
Son histoire illustre parfaitement le coût humain de cette lenteur. Elle prend des médicaments contre la dépression, souffre de maux de tête chroniques et pleure parfois toute la nuit. Mais ce qui fait le plus mal, c’est l’impact sur ses enfants : « À un moment, quand je les appelais au téléphone, ils ne voulaient même pas me parler. Ils pensaient que je les avais abandonnés. » C’est irrécupérable, comme le dit si bien l’avocate Coline Bellefleur. On parle ici de traumatismes d’attachement profonds, causés indirectement par le système.
Les explications administratives et le jeu des seuils

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Au Québec, la situation est encore plus compliquée à cause des décisions gouvernementales. Le Québec fixe ses propres seuils d’immigration. Actuellement, les délais pour le regroupement familial s’étirent et le gouvernement Legault a même annoncé un gel pour le parrainage des conjoints et des enfants majeurs jusqu’en 2026. Pour faire simple : trop de demandes, pas assez de places. Quand les seuils sont atteints, le traitement s’arrête, mais le bassin de réfugiés en attente, lui, continue de grossir.
L’impuissance et la violence kafkaïenne pour les avocats
Une de ses clientes, mère d’une enfant de deux ans et demi en danger dans son pays d’origine, l’appelle sans cesse pour savoir s’il y a du nouveau. Et l’avocate doit inlassablement répéter qu’il n’y a rien. Elle résume ce sentiment partagé par ses collègues : « C’est douloureux, violent, et à force, on devient nous-mêmes un instrument de violence pour les clients qu’on essaie d’aider. »
Notons tout de même une petite lueur d’espoir. Le budget 2025 du gouvernement de Mark Carney prévoit une initiative de 120,4 millions de dollars sur quatre ans pour accélérer l’accès à la résidence permanente pour certaines personnes protégées admissibles. Attendons de voir si ces efforts budgétaires feront vraiment bouger les choses.
Conclusion : Le prix de la lenteur

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Alors que la demande mondiale est forte et que les objectifs d’admissions sont réduits, notamment au Québec, il est essentiel de se souvenir que ce sont les réfugiés qui paient le prix fort de cette lenteur administrative. Le Canada doit se demander quel est le véritable coût, celui que l’on ne compte pas en dollars, de ces années volées aux familles.
Selon la source : ici.radio-canada.ca
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