Opération Citoyenneté : Jean Chrétien et Sergio Marchi convoqués au Parlement pour s’expliquer sur le référendum de 1995

Opération Citoyenneté : Jean Chrétien et Sergio Marchi convoqués au Parlement pour s’expliquer sur le référendum de 1995 credit : lemorning.ca (image IA)

Trente ans après, l’ombre du référendum plane toujours

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C’est une histoire vieille de presque trente ans, un fantôme qui revient hanter la colline parlementaire. Vous vous souvenez du référendum de 1995, n’est-ce pas? Cette soirée où tout le Québec, et même tout le Canada, a retenu son souffle, et où le camp du Non l’a emporté de justesse, par une marge tellement infime. Eh bien, l’ancien premier ministre Jean Chrétien, figure marquante de cette époque, est maintenant appelé à comparaître devant un comité parlementaire. Il n’est pas seul : son ancien ministre de l’Immigration, Sergio Marchi, le rejoindra. Il faut dire que les révélations récentes de M. Marchi ont mis le feu aux poudres.Ils doivent s’expliquer sur ce que l’on a appelé, à l’époque, l’« Opération citoyenneté ». C’était une initiative secrète, on s’en doute, destinée à accélérer le traitement des demandes de citoyenneté juste avant le vote crucial.

L’aveu qui a relancé le débat

La semaine dernière, tout a basculé. M. Sergio Marchi a fait une révélation étonnante dans le Journal de Montréal. Il a carrément dit que c’était M. Chrétien lui-même qui lui avait demandé, à l’époque, d’accélérer la cadence pour naturaliser les nouveaux arrivants dans les mois qui précédaient le référendum sur la souveraineté. Je veux dire, c’est une chose d’en parler en coulisses, mais le dire publiquement, c’est autre chose!Le but de cette « manœuvre », et on ne peut pas vraiment l’appeler autrement, était de permettre à un maximum de nouveaux citoyens de voter. Et bien sûr, l’idée était qu’ils votent pour le camp du Non, renforçant ainsi l’unité canadienne.

Une convocation soutenue par tous les partis

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C’est le député bloquiste Alexis Brunelle-Duceppe qui a déposé la motion pour exiger la comparution des deux hommes. Et ce qui est intéressant, c’est que cette motion a été adoptée mardi soir! Et tenez-vous bien : les libéraux et les conservateurs ont aussi voté pour. Ça, c’est un signal fort. On dirait que tout le monde, même le parti de M. Chrétien, veut enfin faire la lumière sur cette histoire.

C’est important, parce que ce n’est pas tous les jours qu’un ancien premier ministre est ainsi convoqué. L’ancien sous-ministre Peter Harder est également appelé à se présenter, pour donner, je suppose, un éclairage plus administratif sur le dossier.

Les chiffres qui font réfléchir

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Pour comprendre pourquoi cette Opération citoyenneté est si explosive, il faut regarder les chiffres. Les données de Citoyenneté et Immigration Canada sont là : dans les quatre semaines qui ont précédé le référendum, 11 400 personnes ont été naturalisées au Québec. On parle quand même du quart des nouveaux arrivants naturalisés pendant toute l’année! C’est une accélération monstre, non?Et maintenant, le fait qui fait vraiment mal. Le 30 novembre 1995, le Non a gagné avec 50,58 % des voix contre 49,42 % pour le Oui. La différence? À peine 54 000 voix. Quand on voit que 11 400 nouveaux citoyens ont été ajoutés juste avant le scrutin, on se demande quel impact réel cela a pu avoir. C’est troublant, avouons-le.

Révélé il y a longtemps, mais jamais vraiment examiné

Il faut se souvenir que cette affaire, si on l’appelle « Opération citoyenneté », n’est pas sortie de nulle part. C’était déjà Chantal Hébert, dans La Presse, qui avait soulevé le lièvre dès 1996. Mais à l’époque, l’affaire a peut-être été balayée un peu trop vite sous le tapis. Je suppose que, dans le feu de l’action post-référendaire, on avait d’autres chats à fouetter. Mais quand on y pense, pourquoi n’avons-nous pas eu ces explications plus tôt? C’est la question que beaucoup de gens se posent, moi la première.

Vingt-huit ans pour avoir une audience officielle sur un événement potentiellement majeur, c’est long, vraiment très long, pour obtenir une clarté historique. Mieux vaut tard que jamais, je suppose, mais l’attente a de quoi frustrer.

Qu’est-ce que l’on cherche vraiment à savoir?

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Ce que les parlementaires, et surtout les citoyens, attendent, ce n’est pas seulement de confirmer le « quoi », mais surtout le « comment » et le « pourquoi » exacts. Était-ce une directive verbale seulement? Jusqu’où la chaîne de commandement est-elle allée? M. Marchi a avoué, mais c’est M. Chrétien qui est considéré comme le donneur d’ordre ultime. On veut savoir s’il y a eu des pressions indues sur les fonctionnaires pour accélérer les procédures, même si les dossiers n’étaient peut-être pas tout à fait prêts.Au fond, il s’agit de s’assurer que les référendums, moments phares de notre démocratie, se déroulent sans aucune manipulation gouvernementale qui pourrait venir biaiser le résultat. C’est la crédibilité du processus qui est en jeu, vous voyez.

Conclusion : Un devoir de transparence pour l’histoire

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La convocation de Jean Chrétien et Sergio Marchi n’est pas qu’un simple fait politique; c’est un moment crucial pour l’histoire canadienne et québécoise. Devant l’étroitesse du résultat – on le répète, seulement 54 000 voix d’écart – les doutes soulevés par l’Opération citoyenneté méritaient d’être éclaircis. Cette comparution en comité la semaine prochaine nous promet de révéler, espérons-le, tous les détails de cette manœuvre.Pour les aînés qui ont vécu cette période avec tant d’intensité, c’est l’occasion d’entendre enfin la vérité, ou du moins, la version complète des faits, concernant cet événement qui a marqué notre pays à jamais. La transparence est nécessaire pour tourner la page, même si cette page est vieille de près de trois décennies.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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