Le projet de Constitution québécoise interpellé à l’ONU : des juristes sonnent l’alarme internationale
Mathieu Gagnon - 2025-12-03 10:44
credit : lemorning.ca (image IA)
Un appel urgent aux Nations unies

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Leur démarche est sérieuse : ils demandent à l’ONU de dire au gouvernement du Québec de retirer ce projet, parce qu’ils estiment qu’il enfreint carrément une foule de droits reconnus partout dans le monde. C’est le chapitre québécois de la Commission internationale de juristes Canada (CIJ) qui a lancé cet appel, ciblant dix rapporteurs spéciaux de l’ONU pour qu’ils examinent de près cette Loi constitutionnelle de 2025 sur le Québec. L’enjeu est colossal, car on parle ici de la loi des lois.
Un projet jugé « liberticide et dangereux »
On parle là d’atteintes à des instruments fondamentaux, comme la Déclaration universelle des droits de l’homme, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, ou même la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones. Le Canada, et par extension le Québec, s’est pourtant engagé à respecter ces textes. Mais là, les juristes voient des lignes rouges franchies. Le processus, dit M. Beaulac, n’est pas seulement problématique, il est « vicié dans son essence même ».
Une « approche coloniale » envers les peuples autochtones

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Lorsqu’on tente d’imposer une Constitution, soutient-elle, on ne peut pas imaginer de violation plus flagrante. Pire encore, les juristes dénoncent le fait que le projet de loi ne reconnaît pas explicitement les 11 nations autochtones sur le territoire québécois. Le texte se contente de mentionner, de manière vague dans le préambule, que les Premières Nations et les Inuit sont les descendants des premiers habitants. Pour Mme Millaire, c’est une politique d’intégration qui non seulement réduit leurs droits culturels et linguistiques, mais limite aussi la possibilité de contester ces décisions devant les tribunaux. Elle est allée jusqu’à faire le lien avec la triste histoire de la Loi sur les Indiens et le rapport de 2015 qui parlait de génocide culturel. Des mots lourds, je vous l’accorde, mais qui montrent la profondeur de l’inquiétude.
Les droits individuels menacés par le collectif

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C’est une notion difficile à accepter pour quiconque croit aux droits de la personne tels qu’ils sont définis internationalement. Si on met la volonté d’une majorité au-dessus des protections des minorités, on « nie les fondements des droits de la personne universels ». On est loin d’une simple chicane politique ici; c’est une question de fondation légale et de respect des plus petits groupes.
L’option des rapporteurs spéciaux : un système d’alerte précoce

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Dix rapporteurs ont été sollicités, couvrant des domaines très précis. En plus de celui sur les droits autochtones, on retrouve ceux sur les minorités, la liberté de religion, l’éducation, le racisme, l’indépendance des juges et même la justice réparatrice. Une liste impressionnante qui montre bien l’étendue des risques potentiels soulevés par ce projet.
Agir avant qu’il ne soit trop tard

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Une fois que les rapporteurs spéciaux auront examiné la plainte, ils pourraient envoyer une « communication » au gouvernement du Québec, qui aurait alors l’obligation d’y répondre et de rendre cet échange public. L’objectif, selon M. Balan, est que l’ONU indique clairement au Québec que ses actions contreviennent aux normes internationales. Ça projette une lumière sur le dossier qu’on ne peut pas ignorer.
La réputation internationale du Québec en jeu
C’est un peu comme si le Québec passait un examen devant la communauté internationale. Sa réputation est clairement en jeu. Et si cela ne suffit pas, les juristes envisagent déjà d’autres recours légaux, que ce soit en droit international ou en droit canadien, à plus long terme. Le combat pour les droits est souvent une course de fond, n’est-ce pas?
Conclusion : Les droits fondamentaux sont-ils négociables ?

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En interpelant l’ONU, ils espèrent que l’on se penche sur ces potentielles violations du droit international, car l’enjeu est plus vaste que le seul droit constitutionnel canadien. C’est un rappel puissant : lorsqu’il est question des droits de la personne, la communauté mondiale observe, et l’urgence d’agir est bien réelle.
Selon la source : ici.radio-canada.ca
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