Boxe : le député Ciccone presse la CAQ d’adopter de nouvelles règles de sécurité, quatre ans après le décès de Jeanette Zacarias Zapata
Simon Kabbaj - 2025-12-02 11:39
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Le poids de l’inertie gouvernementale

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Le poids de l’inertie gouvernementale
Le milieu de la boxe québécoise se retrouve, encore une fois, au centre des préoccupations concernant la sécurité des athlètes. Il faut dire que la situation est assez grave. Le décès tragique de la boxeuse Jeanette Zacarias Zapata en 2021, survenu à Montréal, avait pourtant entraîné des promesses claires de la part du gouvernement du Québec. On est en mars 2024, et force est d’admettre que rien, absolument rien, n’a bougé. C’est franchement décourageant.
Devant ce que d’aucuns appelleraient une inertie politique, le député libéral Enrico Ciccone — un visage bien connu des amateurs de sport, lui-même ancien joueur de hockey — a décidé qu’il en avait assez. Il prévoit déposer un projet de loi visant à moderniser les règles de sécurité, des règles qui, tenez-vous bien, datent d’il y a 30 ans. C’est fou, quand on y pense. M. Ciccone espère ainsi mettre un point final aux « dérives tolérées depuis trop longtemps ».
L’urgence ignorée par la caq malgré les avertissements
L’urgence ignorée par la CAQ malgré les avertissements
Quatre ans se sont écoulés depuis le drame de Jeanette Zacarias Zapata. Pendant ce temps, les experts ne cessent de répéter l’évidence : il faut agir! Un rapport du coroner, qui a été amendé, insistait d’ailleurs sur cette urgence. Mais visiblement, ces alertes sont restées lettre morte au sein du gouvernement de la CAQ, même si des engagements avaient été pris en 2024.
C’est un peu comme si tout le monde attendait la prochaine tragédie pour se réveiller, ce qui est une perspective effrayante, n’est-ce pas? Pour Ciccone, cette attente doit cesser. Il faut des changements législatifs majeurs pour vraiment protéger ceux qui montent sur le ring.
La clé de la sécurité : l’imagerie cérébrale obligatoire

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La clé de la sécurité : l’imagerie cérébrale obligatoire
Le cœur du projet de loi que va présenter Enrico Ciccone repose sur une mesure médicale de bon sens, je dirais. Il souhaite instaurer l’obligation pour tous les athlètes, qu’ils soient locaux ou étrangers, d’effectuer une imagerie cérébrale avant de monter sur le ring. Si on y réfléchit deux secondes, c’est essentiel.
Dans le cas spécifique de la jeune Zapata, on sait que cette simple vérification aurait pu tout changer. Cela aurait pu permettre de déceler des lésions antérieures, subies lors de combats précédents. Mais le pire, c’est que ça aurait peut-être même révélé la falsification de son rapport médical au Mexique, une affaire très sombre.
Souvenons-nous des révélations : le rapport avait été falsifié et le médecin de la Commission de boxe d’Aguascalientes avait caché des informations cruciales pour qu’elle puisse combattre au Québec. C’est ça le problème, une négligence intolérable.
Des formulaires figés dans le temps

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On se demande quand même pourquoi ces choses traînent. Une autre recommandation urgente concerne la Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ). C’est cet organisme qui gère les autorisations de combats. Eh bien, ses formulaires sont archaïques. Ils sont toujours basés sur une médecine vieille de 30 ans !
Pensez-y un peu : en trente ans, la médecine a fait des bonds de géant, surtout en matière de traumatismes crâniens. Est-ce vraiment acceptable d’utiliser des outils diagnostiques de l’ère pré-Internet pour autoriser des gens à se frapper la tête pour gagner leur vie? Il faut adapter les exigences de la RACJ à la médecine contemporaine. C’est le minimum, non?
Les boxeurs étrangers : souvent des «faire-valoir»

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Il y a aussi une dimension un peu sordide à cette histoire qui touche les combattants qui viennent d’ailleurs, surtout les Mexicains et les Argentins. Ils sont de plus en plus nombreux à venir participer aux galas de boxe ici, au Québec. Mais pourquoi?
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : entre 2013 et 2024, la vaste majorité des quelque 800 boxeurs étrangers n’ont fait que servir à « monter la fiche » des pugilistes québécois. Ces athlètes en visite ont perdu 92 % de leurs combats sur notre sol durant cette période ! Ces statistiques, révélées par des chercheurs postdoctoraux et mises à jour par Radio-Canada, montrent qu’il existe un déséquilibre éthique évident. Ces gens sont-ils vraiment protégés, ou sont-ils simplement là pour servir de punching-balls de luxe?
Le gouvernement Lafrenière 00ab analyse toutes les options 00bb

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Le gouvernement Lafrenière
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Et quelle est la réaction du gouvernement caquiste face à ce coup de semonce du Libéral? Le cabinet de Ian Lafrenière, le ministre de la Sécurité publique, souligne qu’une nouvelle PDG vient d’être nommée à la RACJ il y a seulement deux semaines. L’organisme, en collaboration avec le ministre de l’Éducation, serait « toujours en train d’évaluer les recommandations du coroner et les pistes de solutions ».
« Évaluer », « analyser »… on a l’impression d’entendre ça depuis quatre ans. Est-ce que la CAQ va appuyer le projet de loi d’Enrico Ciccone? L’équipe du ministre Lafrenière n’a pas tranché et se contente de répondre qu’elle est « actuellement en train d’analyser toutes les options ». C’est vague, n’est-ce pas?
M. Ciccone a lancé le gant. Reste à voir si le gouvernement va enfin le ramasser, ou s’il va continuer d’attendre que le temps fasse son œuvre, et, potentiellement, que la malchance frappe encore.
Conclusion : le temps presse pour une législation plus humaine

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Selon la source : ici.radio-canada.ca
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