La démission choc de Steven Guilbeault : quand la politique climatique rencontre ‘la goutte de trop’

La démission choc de Steven Guilbeault : quand la politique climatique rencontre ‘la goutte de trop’ credit : lemorning.ca (image IA)

Le désaccord profond avec mark carney

C’est un peu ça qui se passe en politique parfois, n’est-ce pas? On essaie de faire des compromis, mais à un moment donné, la ligne est franchie. Steven Guilbeault, figure emblématique de l’action climatique au Canada, a fait sa première sortie publique depuis sa démission fracassante du cabinet Carney, et il n’a pas mâché ses mots. Il faut être « capable de se regarder dans le miroir », a-t-il lancé dimanche soir à Tout le monde en parle, révélant la source de son départ : un « désaccord » fondamental avec le premier ministre Mark Carney sur la lutte aux changements climatiques.

Son départ, survenu jeudi, jour même de l’annonce d’une entente énergétique majeure entre Ottawa et l’Alberta, a créé une véritable onde de choc. M. Guilbeault était alors ministre de l’Identité et de la Culture canadiennes, mais son cœur, on le sait, est resté dans l’environnement. Qu’est-ce qui a pu provoquer une décision aussi radicale?

Le point de rupture : l’entente énergétique albertaine

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La fameuse entente, signée entre Mark Carney et la première ministre albertaine Danielle Smith, est bien plus qu’une simple poignée de main. Elle donne carrément le feu vert à un éventuel oléoduc qui transporterait du pétrole vers l’Asie, traversant l’Alberta et la Colombie-Britannique. Mais ce n’est pas tout, loin de là.

L’accord enterre, du moins pour l’instant en Alberta, deux des politiques phares que Guilbeault avait lui-même contribué à mettre en place lorsqu’il était ministre de l’Environnement (de 2021 à 2025). On parle ici de l’engagement d’Ottawa à ne pas imposer de plafond d’émissions pour le secteur pétrolier et à suspendre l’application du Règlement sur l’électricité propre dans cette province. Ces politiques étaient pourtant jugées essentielles pour le climat!

M. Guilbeault a été très clair : « J’en ai fait, des compromis […]. Mais là, c’était la goutte de trop. » Il raconte avoir été pris de court, apprenant la nouvelle via CBC News. Il a bien tenté d’avoir une rencontre avec le Bureau du premier ministre, mais visiblement, la messe était dite. Quand on est ministre, on doit accepter les décisions du gouvernement. S’il ne pouvait pas accepter ce virage, il devait partir. C’est la règle, même si elle est dure.

Le revers de la médaille : la « folie furieuse » de danielle smith

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Le député libéral n’a pas utilisé de pincettes pour décrire la politique albertaine, qualifiant l’élection de Danielle Smith d’« incompréhensible ». Il est visiblement en colère contre la direction prise par Calgary.

Ce qui dérange le plus Steven Guilbeault, c’est ce moratoire sur les énergies renouvelables imposé en Alberta « pour des raisons essentiellement idéologiques ». Il a souligné que cette décision a entraîné la perte rapide de « cinq à dix mille emplois ». Franchement, parler de « folie furieuse » montre bien à quel point le désaccord est profond, non seulement avec le Premier ministre, mais surtout avec l’approche albertaine.

Il reproche à Mark Carney d’avoir mis de côté des politiques climatiques importantes juste « pour faire plaisir à l’Alberta », sans comprendre ce qu’Ottawa a reçu en échange. « En échange de quoi? Je ne sais pas. », a-t-il demandé. C’est troublant, quand même, d’entendre un ancien ministre dire qu’il ne comprend pas l’objectif d’un accord fédéral!

L’héritage politique menacé et les objectifs de 2030

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Ce départ ne sort pas de nulle part. M. Guilbeault avait déjà vu une série de ses politiques climatiques majeures subir des revers depuis l’arrivée de Mark Carney. Pensez à la tarification sur le carbone, au quota minimum de voitures électriques pour les constructeurs, ou à l’encadrement des subventions aux fossiles. Tout ça s’effondrait, un peu comme un château de cartes.

D’ailleurs, le Canada s’est traîné un prix peu glorieux en novembre dernier à la COP30 : le fameux « fossile du jour », une distinction décernée aux pays qui font le moins d’efforts. C’était la première fois depuis 2014, ce n’est pas rien!

Selon Guilbeault, la vérité, si on est honnête, c’est qu’il est maintenant impossible d’atteindre les objectifs climatiques du Canada pour 2030. C’est un aveu dur, venant d’un ancien militant de Greenpeace et Équiterre qui s’est battu toute sa vie pour ça. « Avec les annonces qu’il y a eu récemment, ce n’est pas possible. » Ça sonne comme une défaite amère, n’est-ce pas?

Retrouver sa voix : rester député pour plus de liberté

Curieusement, malgré cette démission fracassante, M. Guilbeault a insisté pour dire qu’il conserve « beaucoup de respect » pour Mark Carney, au point qu’il voterait pour lui si des élections avaient lieu demain. Tiens, une petite incohérence toute humaine! Il y a respect pour l’homme, mais un désaccord irréconciliable sur la méthode en matière climatique.

Mais pourquoi rester député libéral dans Laurier—Sainte-Marie après un tel claquement de porte? L’explication est simple et très politique : être député lui donne une « plus grande marge de manœuvre » pour s’exprimer. En dehors du cabinet, il peut critiquer l’entente avec l’Alberta ouvertement, chose qu’il ne pouvait pas faire comme ministre.

Il y a eu un moment vraiment touchant, quand même. Interrogé sur le sentiment d’abandonner le milieu culturel (il était aussi ministre de l’Identité et de la Culture), sa voix s’est nouée. Il y avait « tellement de choses » qu’il aurait voulu continuer à faire. Mais il a promis de continuer à travailler pour eux en tant que député libéral. C’est le côté humain de la politique qui ressort, on sentait l’émotion véritable.

Conclusion : le militant contre le pragmatisme politique

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Ce que le départ de Steven Guilbeault nous apprend, c’est qu’il existe une mésentente profonde au sein du Parti libéral sur la vitesse et la méthode à employer pour la transition énergétique. Pour lui, l’entente avec Danielle Smith – qui garantit un oléoduc et suspend des réglementations clés – était simplement trop éloignée de ses convictions et de son héritage en tant qu’ancien ministre de l’Environnement.

La démission lui permet de retrouver sa liberté de parole, essentielle pour un homme qui s’est toujours battu sur la place publique pour l’écologie. Même s’il maintient son soutien à Mark Carney, cet épisode illustre la tension permanente entre les impératifs politiques (apaiser l’Alberta et le secteur pétrolier) et l’urgence climatique. Le Canada, selon lui, ne peut plus atteindre ses cibles de 2030. Un constat qui, pour un ex-militant devenu politicien, est sans doute l’échec personnel le plus douloureux.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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