5 grandes phases ponctuent l’évolution du cerveau humain, bien loin d’une progression linéaire

5 grandes phases ponctuent l’évolution du cerveau humain, bien loin d’une progression linéaire credit : lemorning.ca (image IA)

Le cerveau n’est pas linéaire, il a des points tournants

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Nous avons toujours eu cette image d’un cerveau qui se développe, atteint un sommet, puis commence lentement à décliner. C’est une vision simple, peut-être trop simple. Une nouvelle recherche, menée par des neuroscientifiques de l’Université de Cambridge et publiée dans la revue Nature Communications, vient chambouler cette idée reçue. Figurez-vous que notre cerveau ne fait pas que se développer et vieillir; il se réorganise de manière très nette en passant par cinq phases distinctes.

Ces changements majeurs dans le ‘câblage’ de nos neurones se produiraient autour de quatre âges clés : 9 ans, 32 ans, 66 ans et 83 ans. Drôle de chiffres, n’est-ce pas? Alexa Mousley, l’une des chercheuses, explique que c’est la première fois qu’on parvient à identifier clairement ces grandes phases de l’architecture cérébrale sur la durée d’une vie entière. Elle et son équipe ont voulu obtenir une vue d’ensemble, car nous ne savions pas exactement comment ni pourquoi ces changements se produisaient.

Une analyse de près de 4000 cerveaux, de la naissance à 90 ans

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Pour arriver à cette conclusion pour le moins surprenante, l’équipe britannique n’a pas fait les choses à moitié. Ils ont analysé les données d’imagerie par résonance magnétique (IRM) de 3802 personnes, allant du nouveau-né de 0 an jusqu’à la personne âgée de 90 ans. C’est un échantillon colossal, franchement impressionnant, et c’est ce qui rend cette étude si précieuse.

Le professeur Martin Parent, du Centre de recherche CERVO, à l’Université Laval (qui n’a pas pris part à l’étude mais suit de près le sujet), souligne l’intérêt de cet échantillon. Il a fallu combiner et surtout harmoniser des données brutes provenant de nombreux centres de recherche différents, qui utilisaient, bien sûr, des appareils variés. Un travail de moine, je suppose! Mais grâce à cela, on peut maintenant définir les cinq grandes phases de la structure cérébrale :

  • L’enfance : de la naissance à 9 ans
  • L’adolescence : de 9 à 32 ans
  • L’âge adulte : de 32 à 66 ans
  • Le vieillissement précoce : de 66 à 83 ans
  • Le vieillissement tardif : après 83 ans

Quand l’enfance se termine et que l’adolescence s’étire jusqu’à la trentaine

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Le premier grand tournant arrive à 9 ans. C’est l’âge où le cerveau achève la consolidation de ses connexions. Durant la petite enfance, on a un excès de synapses (les fameuses zones de contact entre nos neurones), qui sont ensuite réduites pour ne garder que les plus actives. À 9 ans, c’est fini, on change de plateau cognitif.

Mais, tenez-vous bien : la phase d’adolescence qui commence alors dure en moyenne jusqu’à l’âge de 32 ans! Je dois avouer que ça m’a fait sourire, car ça donne une bonne excuse à tous les jeunes trentenaires qui se cherchent encore un peu, n’est-ce pas? Pour les scientifiques, c’est le signe que notre cerveau prend vraiment beaucoup plus de temps pour arriver à une maturation complète qu’on ne le croyait. Ce pic de développement, les chercheurs l’appellent le « tournant topologique le plus fort d’une vie humaine ».

L’âge adulte : un long plateau de trente ans

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Une fois qu’on a passé ce fameux tournant à 32 ans, le cerveau passe en mode ‘adulte’. C’est de loin la période la plus longue, puisqu’elle s’étend sur plus de trois décennies, jusqu’à 66 ans. Si l’on en croit les chercheurs, pendant tout ce temps, l’architecture cérébrale se stabilise. C’est le grand plateau! On n’observe pas de changements structurels majeurs.

Cette stabilité correspondrait, d’après les conclusions de l’étude, à un certain plateau dans l’intelligence et la personnalité. C’est un peu notre période de croisière, où les choses sont bien établies, solides. On sait qui on est, quoi faire. Évidemment, la vie continue, mais le câblage neuronal, lui, prend une pause bien méritée.

Le début du vieillissement : un tournant à 66 ans

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Puis, arrive l’âge de la retraite ou, dans ce cas, le début du vieillissement précoce à 66 ans. Ce tournant est décrit comme « beaucoup plus doux » que celui de l’adolescence, sans changements structurels dramatiques. Pourtant, des transformations importantes commencent bel et bien. Ce stade s’étend jusqu’à 83 ans.

Les données suggèrent une réorganisation progressive qui atteint son maximum au milieu de la soixantaine. Qu’est-ce qui cause cela? Il y a probablement un lien direct avec le vieillissement : la connectivité des réseaux cérébraux se réduit petit à petit, la matière blanche commençant à dégénérer. Il faut aussi avouer que c’est un âge où l’on fait face à un risque accru de problèmes de santé comme l’hypertension, qui, on le sait, affectent directement le cerveau.

Le déclin après 83 ans et les données limitées

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Le dernier point de réorganisation, c’est aux alentours de 83 ans. La phase de vieillissement tardif s’installe. Il faut dire que les données disponibles pour cette période sont plus rares. C’est logique, moins de gens se prêtent à des examens IRM à cet âge très avancé. Néanmoins, ce que les chercheurs ont pu observer, c’est un déclin général de la connectivité sur l’ensemble du cerveau.

C’est la phase où tout ralentit vraiment. Mais même si les données sont plus limitées, la délimitation de cette phase reste cruciale pour mieux comprendre ce qui se passe lorsque nous atteignons le grand âge. Cela confirme que l’évolution n’est pas une simple pente descendante, mais une nouvelle étape de réorganisation, même tardive.

Conclusion : adapter la compréhension des troubles cérébraux

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Alors, pourquoi ces découvertes sont-elles si importantes pour nous? Le professeur Parent le dit bien : jusqu’à maintenant, on voyait le développement du cerveau comme quelque chose de linéaire. Cette étude nous force à revoir notre copie : le cerveau est ponctué de points tournants majeurs.

Comprendre ces phases critiques — 9 ans, 32 ans, 66 ans, et 83 ans — pourrait être fondamental. Cela pourrait aider la science à comprendre pourquoi certains troubles se manifestent spécifiquement à certains âges. On pense notamment aux troubles de l’apprentissage qui apparaissent pendant l’enfance, à la schizophrénie souvent diagnostiquée à la fin de l’adolescence, ou encore à la démence qui nous guette plus tard dans le vieillissement. Finalement, savoir que notre cerveau est constamment en pleine réorganisation, même quand on pensait qu’il était « mature », nous donne une perspective nouvelle et peut-être plus optimiste sur notre santé cognitive tout au long de la vie.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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