Le « vampire énergétique » : l’opposition féroce de la colombie-britannique au nouveau projet de pipeline

Le « vampire énergétique » : l’opposition féroce de la colombie-britannique au nouveau projet de pipeline credit : lemorning.ca (image IA)

La colère d’eby contre le protocole d’ottawa et de l’alberta

La signature d’un protocole d’accord entre l’Alberta et le gouvernement fédéral concernant un hypothétique nouveau pipeline en Colombie-Britannique (C.-B.) a fait l’effet d’une bombe dans la province côtière. On parle ici de politique interprovinciale, certes, mais aussi de l’environnement, un sujet hyper sensible chez nous. Le premier ministre de la Colombie-Britannique, David Eby, n’a pas mâché ses mots jeudi dernier, rejetant catégoriquement l’idée et y allant même d’une appellation frappante : il a qualifié la proposition d’« vampire énergétique ».Vraiment? Un vampire énergétique? C’est une façon de dire que ce projet, qui n’a d’ailleurs aucun promoteur connu pour l’instant, ne fait qu’épuiser nos ressources – les ressources fédérales, provinciales et celles des Premières Nations – en pure perte. C’est surtout une distraction majeure, un risque réel de détourner nos yeux et notre temps d’autres chantiers bien plus avancés. Est-ce qu’on doit vraiment s’épuiser sur un projet qui semble sortir de nulle part?

Concentration sur les projets existants : le plaidoyer pour la c.-b.

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M. Eby insiste, et il a un point : il faut se concentrer sur ce qui marche déjà et ce qui est déjà autorisé. La Colombie-Britannique héberge déjà un investissement privé monumental, qu’il décrit comme le plus gros de l’histoire canadienne : je parle de la phase 2 du projet LNG Canada. Ça, ce n’est pas un rêve sur papier; c’est concret.De plus, il y a la fameuse ligne de transmission de la côte nord, qui est un autre gros morceau. Ces projets-là, voyez-vous, ils ont déjà leurs permis, ou du moins sont en très bonne voie de les obtenir. Ils ont l’appui du secteur privé, et ils sont prêts à démarrer. Pourquoi mettre notre énergie sur un projet qui n’a même pas de père ni de mère, quand des milliards d’investissements et des milliers d’emplois dépendent de notre concentration sur ces chantiers qui ont l’appui des Premières Nations côtières?

L’opposition sans équivoque des premières nations : la protection de la côte

BC NDP, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons

L’argument de M. Eby est renforcé par une résistance farouche et historique des Premières Nations. Celles-ci ont rapidement réitéré leur opposition, sans la moindre hésitation. Marilyn Slett, qui est la présidente des Premières Nations côtières de Colombie-Britannique, a été très claire là-dessus.Selon elle, ce protocole d’accord, signé à la hâte, ne change absolument rien au fait que ce pipeline ne verra pas le jour sur la côte nord. Elle a affirmé que les Premières Nations feraient tout en leur pouvoir pour protéger notre côte contre la menace d’une fuite de pétrole. Pensez-y : pour ces communautés, c’est bien plus qu’un enjeu économique. C’est leur vie, leur culture, l’héritage pour les générations futures. Elles ne veulent absolument pas devenir partenaires financiers d’un projet qui détruirait tout ce que nous avons construit. C’est une vision pour une côte saine et diversifiée, et les oléoducs, ce n’est visiblement pas ça.

La menace légale et le précédent de trans mountain

La lutte pourrait bien se déplacer sur le terrain judiciaire. Mme Slett l’a annoncé : les Premières Nations côtières sont prêtes à utiliser tous les moyens légaux à leur disposition pour bloquer cette construction. Le gouvernement provincial lui-même a déclaré qu’il n’excluait pas d’accompagner ces Premières Nations devant les tribunaux pour contester l’oléoduc. C’est un signe de solidarité fort, non?Toutefois, David Eby a tenu à préciser une chose importante : la Colombie-Britannique ne lancera pas elle-même de poursuite directe contre Ottawa. Pourquoi cette nuance? Il a rappelé avec franchise la défaite précédente concernant l’oléoduc Trans Mountain. Honnêtement, nous l’avons déjà fait avec Trans Mountain et nous avons perdu en Cour, a-t-il dit, concédant qu’Ottawa a le droit constitutionnel d’imposer le pipeline s’il le décide. C’est la dure réalité du pouvoir fédéral.

Un fossé politique entre trahison et nécessité économique

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Bien sûr, en politique, les avis divergent radicalement. La cheffe du Parti vert de la Colombie-Britannique, Emily Lowan, n’y est pas allée de main morte. Pour elle, cet accord entre Danielle Smith (Alberta) et Mark Carney (gouvernement fédéral) est carrément une « trahison ». Elle s’est désolée de cette tentative d’imposition sans [leur] consentement et presse Eby de rester solidaire des Premières Nations et des travailleurs locaux. C’est un appel clair à la résistance.De l’autre côté de l’échiquier, le chef du Parti conservateur de la C.-B., John Rustad, voit les choses différemment. Il a remercié Carney pour son leadership et a insisté sur la nécessité d’amener le pétrole canadien sur les marchés internationaux. Pour lui, c’est la bonne chose à faire pour le Canada et pour la C.-B. Il apprécie aussi que l’entente mentionne la collaboration avec les Premières Nations, même si celles-ci, on l’a vu, n’y sont pas favorables. Difficile de savoir qui a vraiment raison dans ce bras de fer entre économie et environnement, n’est-ce pas?

Le pouls de prince rupert : la communauté dans l’incertitude

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Le projet ciblerait, de manière hypothétique, les eaux de Prince Rupert, une ville côtière du nord. Que pense la communauté locale? Le maire, Herb Pond, a confié que son conseil municipal n’a même pas encore pris le temps d’en discuter sérieusement. C’est pour dire à quel point ce projet semble encore lointain et incertain.M. Pond, sage, a déclaré qu’il faisait confiance au jugement des Premières Nations côtières et à l’équipe du premier ministre David Eby, les jugeant bien informés et bien placés pour prendre ces décisions. Mais il a souligné que si le projet se concrétisait, un débat indéniable éclaterait au sein de sa communauté. Qu’est-ce que Prince Rupert y gagnerait, au juste? Et surtout, quelles seraient les protections environnementales réelles? Le maire ne sait pas où cela aboutirait, et cette incertitude est, je crois, le reflet parfait de l’état d’esprit général en Colombie-Britannique.

Conclusion : une bataille qui ne fait que commencer

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En somme, le protocole d’accord entre l’Alberta et Ottawa sur un nouvel oléoduc a immédiatement cristallisé une opposition puissante en Colombie-Britannique. D’un côté, nous avons le premier ministre David Eby, qui qualifie le projet de « vampire énergétique », plaidant pour que les efforts fédéraux se concentrent sur les investissements déjà en cours et appuyés, comme LNG Canada. De l’autre, les Premières Nations côtières, menées par Marilyn Slett, sont prêtes à utiliser toutes les options légales pour protéger leur territoire contre une potentielle fuite de pétrole, affirmant que ce projet n’est pas compatible avec leur vision d’une économie durable.

Bien que le gouvernement de la C.-B. n’envisage pas de lancer sa propre poursuite (ayant déjà perdu sur Trans Mountain), il soutient fermement l’action légale des communautés autochtones. L’opposition politique est divisée, entre ceux qui y voient une trahison et ceux qui y voient une nécessité économique nationale. Clairement, cette bataille pour le pétrole canadien n’est pas terminée, et si ce projet hypothétique prend forme, il promet d’être un bras de fer politique et juridique exténuant pour tout le monde.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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