Le poids du confinement sur les tout-petits

credit : lemorning.ca (image IA)
La pandémie de COVID-19, nous nous en souvenons tous, a imposé des mesures sanitaires drastiques. Qui pourrait oublier cette période étrange de huis clos ? Mais si ces restrictions étaient vitales pour freiner le virus, quel en a été le prix pour les plus jeunes, ceux qui n’avaient pas encore les mots pour comprendre ? C’est la question que soulève une grande étude menée par l’Université d’Édimbourg. Et, honnêtement, les résultats donnent matière à réflexion, car ils suggèrent une nette augmentation des préoccupations concernant le développement précoce des enfants en Écosse, directement associée aux périodes de confinement et de distanciation sociale.Cette recherche, d’une ampleur considérable, apporte des données nouvelles et sérieuses sur la façon dont les mesures publiques – du printemps 2020 à l’été 2021 – ont pu freiner la croissance émotionnelle, le mouvement physique, ou même le langage de nos chérubins.
Une analyse inédite et d’une ampleur rare en Europe

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Ce qui rend cette étude particulièrement marquante, c’est son envergure. On parle ici de l’analyse des données de près de 258 000 enfants en Écosse. C’est beaucoup ! Pour vous donner une idée, les chercheurs estiment avoir examiné plus de 80% de tous les enfants écossais âgés de 13 à 15 mois et de 27 à 30 mois, entre janvier 2019 et août 2023.Comment ont-ils fait ? Ils n’ont pas mené de nouveaux tests complexes. Ils ont simplement scruté les données recueillies lors des bilans de santé de routine, ceux que les visiteuses de santé (l’équivalent de nos infirmières scolaires ou puéricultrices) réalisent régulièrement. C’est donc une évaluation de terrain, à l’échelle de toute une population, et c’est, semble-t-il, la plus grande analyse de ce type connue au Royaume-Uni ou même en Europe. Cela permet d’avoir une vue d’ensemble très solide.
Le chiffre qui interpelle : jusqu’à 6,6% d’augmentation

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Alors, qu’ont-ils découvert exactement ? Eh bien, après avoir pris en compte les tendances qui existaient déjà avant la pandémie (car oui, les préoccupations développementales variaient déjà un peu), les chercheurs ont constaté une hausse très nette. Durant les 72 semaines où les mesures de confinement étaient en place, de mars 2020 à août 2021, on a observé une augmentation allant jusqu’à 6,6 points de pourcentage dans la proportion d’enfants présentant au moins un souci de développement.Ce n’est pas négligeable, n’est-ce pas ? Et plus les enfants avaient passé de temps sous ces mesures strictes de distanciation, plus l’augmentation était marquée. Il y a donc une corrélation temporelle très claire : moins d’interactions sociales, plus de difficultés observées. C’est assez logique, je suppose, mais le voir confirmé par les chiffres, ça frappe.
Des retards qui ont la peau dure après la levée des restrictions

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Le plus étonnant, ou peut-être le plus inquiétant, c’est que le problème n’a pas disparu comme par magie lorsque les mesures ont été levées en août 2021. Les préoccupations de développement sont restées plus élevées que les niveaux d’avant la pandémie.Et là, il faut regarder les âges. Chez les plus grands, ceux de 27 à 30 mois, le nombre de problèmes a cessé d’augmenter après l’été 2021, mais il est resté à ce niveau élevé. Par contre, chez les plus jeunes, ceux de 13 à 15 mois, les problèmes de développement ont continué à croître, même après la fin des restrictions sociales. On dirait que pour eux, le temps de rattrapage a été beaucoup plus lent, ou que les dommages subis en période critique sont plus longs à corriger. C’est sans doute une question de période sensible pour l’apprentissage du langage, par exemple.
Quels types de développement sont principalement touchés ?

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Les chercheurs ont tenu à vérifier si cette hausse ne concernait qu’un aspect particulier. Eh bien, non. Les résultats étaient cohérents sur plusieurs domaines essentiels. Cela inclut, par exemple, les compétences de résolution de problèmes, les capacités d’élocution et de langage, et bien sûr, le comportement général.Quand on y pense, c’est normal. Un enfant apprend énormément par imitation, par le contact avec d’autres adultes que ses parents, par le jeu en collectivité. Si tout cela est coupé net, si l’univers se réduit à quatre murs et à deux visages, il manque inévitablement des stimuli cruciaux. C’est une conséquence que nous, les aînés, n’avions peut-être pas anticipée, concentrés que nous étions sur la survie et la santé immédiate.
Le dilemme des experts : la nécessité des mesures versus leurs conséquences
Les scientifiques à l’origine de cette étude, notamment le Dr Iain Hardie et le professeur Bonnie Auyeung de l’Université d’Édimbourg, soulignent un vrai dilemme. Ils reconnaissent que les mesures de santé publique étaient « vitales pour freiner la propagation des infections ». C’est un fait, elles ont sauvé des vies. Mais le Dr Hardie ajoute immédiatement que les résultats de leur étude suggèrent qu’elles ont aussi été associées à une augmentation des préoccupations de développement précoce.Il ne s’agit pas de regretter le confinement, mais de comprendre ses coûts collatéraux. Le professeur Auyeung a d’ailleurs exprimé sa fierté d’avoir pu réaliser cette recherche en Écosse, grâce à son système de santé intégré qui permet ce genre d’analyse de masse. L’objectif, disent-ils, est que ce travail « aide à éclairer la discussion sur la meilleure façon de soutenir les enfants de l’ère COVID-19 » au fil des années à venir.
La nuance importante : prudence face à l’association

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Avant de tirer des conclusions trop hâtives, l’équipe de recherche tient à apporter une nuance essentielle. Oui, l’étude montre une association très forte entre les mesures de confinement et l’augmentation des problèmes de développement. C’est indéniable. Mais, attention, elle ne peut pas à elle seule prouver que le confinement est la seule et unique cause.Nous devons être prudents. D’autres facteurs se sont produits simultanément : le stress financier des parents, l’anxiété générale, l’absence de soutien familial élargi (grands-parents), le manque d’accès aux crèches ou aux parcs. Tout cela a pu jouer un rôle, peut-être même un rôle majeur ! L’association est claire, mais l’influence d’autres facteurs concomitants ne peut être écartée. C’est le lot de la recherche complexe sur la santé publique, non ?
Conclusion : Un appel à un soutien ciblé et durable

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Cette étude écossaise, la plus grande de son genre, est un signal d’alarme. Elle nous dit clairement que les enfants qui ont passé leurs premières années sous le joug des restrictions sociales ont vu leur développement subir un coup de frein, notamment dans des domaines clés comme le langage ou le comportement. Le fait que ces préoccupations persistent au-delà de la fin du confinement, surtout chez les plus petits, souligne que l’impact n’est pas passager.Pour les années à venir, il est donc essentiel que les systèmes de santé et d’éducation mettent en place des mécanismes de soutien ciblés. Nous devons rattraper ce temps perdu, ce manque d’interaction sociale. C’est une responsabilité collective, si l’on veut que cette génération d’enfants de l’ère COVID-19 puisse se développer pleinement et rattraper le temps manqué. Il faut y penser sérieusement.
Selon la source : medicalxpress.com
Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.