L’espoir vient de la mer : Les algues peuvent-elles vraiment apaiser la maladie de Crohn ?

L’espoir vient de la mer : Les algues peuvent-elles vraiment apaiser la maladie de Crohn ? credit : lemorning.ca (image IA)

La maladie de Crohn, un mal qui s’aggrave

Chaque année, la première semaine de décembre met en lumière la Semaine de sensibilisation à la maladie de Crohn et à la colite. Et franchement, ce n’est pas un luxe, car les chiffres font froid dans le dos. Depuis 1990, les cas de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, souvent appelées MICI (qui comprennent la maladie de Crohn et la colite ulcéreuse), ont quasiment doublé. Pire encore, c’est chez les jeunes, les 15 à 39 ans, que cette progression est la plus rapide.

Ces maladies chroniques se manifestent par une inflammation tenace du tube digestif, entraînant des symptômes absolument exténuants : douleurs abdominales intenses, diarrhées sévères, fatigue chronique, ou même des saignements. Il n’est pas exagéré de dire que ces troubles ravagent la qualité de vie de ceux qui en souffrent. C’est un combat quotidien, une lutte sans fin, semble-t-il.

Le défi des traitements actuels : Pourquoi chercher ailleurs ?

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Alors, bien sûr, il existe des traitements. Le Dr Federica Ungaro, qui dirige un groupe de gastroentérologie expérimentale à l’Hôpital San Raffaele de Milan, le confirme. « Nous avons beaucoup de thérapies pour les MICI », explique-t-elle. Mais, et c’est là que le bât blesse, beaucoup de patients ne réagissent pas, ou alors ils développent une résistance avec le temps. L’inflammation persiste, elle devient chronique, sans véritable répit.

Ce cycle infernal pousse la recherche à regarder au-delà des solutions classiques, à chercher des alternatives plus douces, ou du moins complémentaires, pour venir en aide à ceux qui sont laissés pour compte par les protocoles habituels. C’est une question de persévérance, mais aussi, et peut-être surtout, d’innovation radicale.

L’idée audacieuse : Se tourner vers les algues

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Depuis 2021, un projet passionnant a vu le jour, cherchant littéralement des réponses sous la surface de l’eau. L’idée ? Étudier les algues – à la fois les microalgues et les algues marines plus classiques – comme une source naturelle de composés. Le but est clair : ces composés pourraient aider à diminuer l’inflammation, soutenir la santé intestinale et lutter contre les déséquilibres microbiens souvent liés aux MICI.

Selon la Dre Dorit Avni du MIGAL Galilee Research Institute, qui coordonne le projet, il s’agit d’utiliser la « biodiversité des micro et macroalgues pour leurs bénéfices nutritionnels et sanitaires » afin de réduire la douleur et la maladie inflammatoire. C’est une démarche logique : si la nature a mis au point des mécanismes de défense dans ces plantes marines, pourquoi ne pas les utiliser à notre avantage ?

Du labo à l’assiette : Assurer la qualité pharmaceutique

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Il ne suffit pas de cueillir des algues au hasard, c’est bien trop imprécis. Pour créer quelque chose destiné à l’industrie pharmaceutique, la cohérence est fondamentale. Le Dr Amikam Bar-Gil, co-fondateur de l’ancienne société de biotechnologie Yemoja Ltd, l’a bien souligné : il faut s’assurer que les mêmes conditions donnent toujours les mêmes résultats, avec la même concentration de composés actifs.

C’est pourquoi les chercheurs utilisent des systèmes de culture sophistiqués en intérieur, avec des contrôles environnementaux très stricts. Un travail de moine, je vous assure ! Ils ont d’abord passé au crible plus de 1000 souches d’algues différentes. Finalement, seulement 150 d’entre elles ont semblé suffisamment prometteuses pour être testées en laboratoire sur des cellules humaines inflammées et des cultures bactériennes. C’est ça, la science sérieuse : un tri drastique.

Tester l’efficacité sur de vrais tissus humains

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La phase la plus cruciale s’est déroulée à Milan. Là-bas, cinquante-cinq patients atteints de MICI ont accepté de participer à l’étude. Ils ont subi des endoscopies, permettant aux médecins de prélever des biopsies – c’est-à-dire des échantillons de leurs tissus intestinaux. Ces tissus, toujours en culture, ont ensuite été exposés aux fameux extraits d’algues.

Le résultat ? Encourageant ! « Les composés dérivés des algues peuvent exercer des propriétés anti-inflammatoires », a déclaré le Dr Ungaro. Elle ajoute, et c’est essentiel, que ces composés sont bien tolérés par le corps humain. Les chercheurs cherchent maintenant à identifier l’extrait précis qui produit cet effet pour pouvoir développer de nouveaux traitements ou des aliments nutritionnels ciblant les patients MICI.

Vers le « super-aliment » et la double approche

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L’approche est double : développer la recherche pharmaceutique, mais aussi les applications pratiques et quotidiennes. C’est pourquoi des partenaires industriels, notamment en France et en Irlande, ont commencé à transformer ces composés bioactifs en « aliments fonctionnels ». On parle de bonbons gélifiés, de produits de boulangerie, et même de yaourts enrichis pour soutenir nutritionnellement les patients. Imaginez pouvoir grignoter quelque chose qui vous aide vraiment !

Le Dr Benoit Queguineur d’Algaia explique qu’ils ne se contentent pas de l’activité anti-inflammatoire. Ils cherchent aussi les effets antibactériens, probiotiques, prébiotiques et antioxydants. « Si nous parvenons à combiner tout cela, nous aurons une sorte de super-aliment », affirme-t-il. C’est exactement ce que font les chercheurs en Irlande : créer des aliments non seulement sains et sûrs, mais aussi délicieux.

L’objectif ultime est donc bien de trouver des composés pour des traitements pharmaceutiques spécialisés, mais aussi de développer des produits alimentaires qui, un jour, pourraient être vendus dans les magasins habituels pour promouvoir la santé intestinale de tous.

Un avenir nutritionnel et thérapeutique

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Même si la recherche est toujours en cours, les travaux menés par le projet Algae4IBD ouvrent une perspective vraiment prometteuse pour l’avenir du traitement des maladies inflammatoires de l’intestin. En misant sur des composés naturels puissants, cultivés avec une précision high-tech et testés directement sur des tissus de patients, les scientifiques font un pas significatif. Ce n’est pas une panacée immédiate, mais c’est un chemin tout tracé vers de nouvelles options thérapeutiques, qui pourraient bien combiner la puissance d’un médicament et les bienfaits d’une meilleure nutrition.

En fin de compte, l’ambition est double et terriblement humaine : soulager la douleur des patients IBD grâce à des traitements spécifiques, mais aussi offrir au grand public des aliments fonctionnels quotidiens pour une meilleure hygiène de vie digestive. Et si la solution à nos maux de ventre venait tout simplement de la mer ? C’est un bel espoir.

Selon la source : medicalxpress.com

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