Une enzyme cérébrale inattendue contrôle le déclenchement de la maladie d’Alzheimer : OTULIN, la nouvelle cible thérapeutique ?
Adam David - 2025-11-25 10:30
credit : lemorning.ca (image IA)
Le mystère des nœuds toxiques d’Alzheimer

Ces travaux, dirigés par le Dr Kiran Bhaskar et la Dre Francesca-Fang Liao, pourraient réellement transformer la manière dont nous envisageons le traitement des démences. C’est un changement de perspective majeur, franchement.
L’inversion de la pensée scientifique : Le grand paradoxe

Mais en science, la nature aime nous réserver des surprises. Quand les chercheurs ont carrément éliminé le gène OTULIN dans les neurones – ce qu’on appelle un « knockout » – ils ont observé que la protéine tau avait totalement disparu. Et attention : elle n’avait pas disparu parce qu’elle était dégradée plus rapidement. Non, elle n’était tout simplement pas fabriquée du tout ! C’est ce que le Dr Bhaskar appelle un « interrupteur maître ».
« Nous pensions stabiliser un type spécifique de chaîne d’ubiquitine pour aider à éliminer le tau », a-t-il expliqué. « Au lieu de cela, nous avons découvert qu’OTULIN contrôle si le tau est produit ou non en premier lieu. » Un véritable changement de paradigme, vous voyez ?
OTULIN : Un régulateur de l’arn inattendu

Ce mécanisme suggère qu’OTULIN n’est pas seulement impliquée dans la dégradation, mais qu’elle joue un rôle fondamental dans la régulation de l’expression des gènes et du métabolisme de l’ARN, un rôle totalement inconnu jusqu’à présent. L’étude a d’ailleurs utilisé des neurones dérivés d’un patient atteint de la forme sporadique tardive de la maladie d’Alzheimer, qui présentaient des niveaux élevés d’OTULIN et de tau pathologique.
Ce que les données révèlent sur l’impact d’OTULIN
Pour donner une échelle, en comparant les neurones du patient Alzheimer aux neurones sains, plus de 4 500 gènes étaient exprimés différemment. Cela montre bien à quel point cette seule enzyme est un point de contrôle crucial.
De plus, l’absence d’OTULIN entraînait une suractivation de nombreux gènes liés à la dégradation de l’ARN, dont des composants du complexe CCR4-NOT. C’est la preuve qu’OTULIN « surveille » le temps de survie des messages ARN dans la cellule.
L’espoir d’un traitement ciblé : Vers un « ajustement » de l’activité

C’est là qu’entre en jeu une nouvelle petite molécule appelée UC495. Les essais ont montré que l’inhibition partielle de l’activité enzymatique d’OTULIN avec UC495 réduisait les niveaux de tau pathologique (phosphorylé) dans les neurones de patients Alzheimer, sans provoquer de toxicité apparente. Cela signifie qu’il existe probablement une « fenêtre thérapeutique » où l’on pourrait ajuster l’activité d’OTULIN juste assez pour faire baisser le tau sans tout dérégler.
Cerise sur le gâteau, ils ont découvert que l’absence d’OTULIN aide aussi à prévenir l’autoinflammation dans les neurones, ce qui est souvent lié aux maladies neurodégénératives. Une double bonne nouvelle, n’est-ce pas ?
Prochaines étapes : Affiner la compréhension et les tests cliniques

Ils vont aussi, et c’est très important, tester si cette inhibition « calibrée » d’OTULIN peut réduire de manière sécuritaire la pathologie tau chez des modèles animaux de la maladie d’Alzheimer. L’objectif est clair : s’assurer qu’en traitant le tau, on ne perturbe pas d’autres fonctions cellulaires essentielles. Enfin, ils examinent pourquoi un certain type d’ARN long non codant d’OTULIN est réduit chez les patients Alzheimer, et si restaurer ses niveaux pourrait aider à normaliser la situation.
Un nouveau chemin s’éclaire pour les tauopathies

Si l’inhibiteur UC495 ou des molécules similaires peuvent être ajustés pour moduler l’activité d’OTULIN sans effets secondaires majeurs, nous pourrions enfin disposer d’une approche radicalement nouvelle pour prévenir la fabrication même des nœuds toxiques dans le cerveau. C’est un horizon plein d’espoir pour l’avenir de la recherche contre Alzheimer.
Selon la source : medicalxpress.com
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