Medicare Avantage : des réseaux qui craquent, mais le gouvernement regarde ailleurs ?

Medicare Avantage : des réseaux qui craquent, mais le gouvernement regarde ailleurs ? credit : lemorning.ca (image IA)

Le prix à payer pour l’avantage

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Vieillir, cela signifie souvent apprendre à vivre avec des bobos imprévus, ou des maladies sérieuses. Face à ces défis, il y a une chose qui apporte un réconfort immense : la relation de confiance établie avec nos médecins depuis des années. C’est un pilier, non ? Perdre ce soutien, surtout au milieu d’une crise de santé, est franchement terrifiant. C’est la raison pour laquelle il existe des règles fédérales, peu connues, censées protéger les quelque 35 millions de personnes inscrites aux régimes d’assurance privés Medicare Avantage, lorsque leurs médecins et assureurs se disputent et décident de rompre les ponts.

Mais tenez-vous bien : des documents gouvernementaux, que l’équipe de KFF Health News a réussi à obtenir, montrent que l’agence de surveillance — les Centres pour les services Medicare et Medicaid (CMS) — fait très peu pour appliquer ces règles essentielles. Des règles qui sont pourtant là pour garantir que les membres de ces régimes puissent simplement avoir accès aux professionnels de santé.

L’inquiétante rareté des sanctions fédérales

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Entre 2016 et 2022, soit sur une décennie, le CMS n’a produit des lettres d’avertissement qu’à l’intention de cinq assureurs, et ce, après que sept de leurs plans n’aient pas respecté les exigences d’adéquation du réseau de prestataires. Sept plans en dix ans, alors que les plaintes sont monnaie courante, surtout dans les zones rurales ? Franchement, c’est un chiffre qui pose question.

Selon ces lettres, les manquements étaient variés : certains plans manquaient cruellement de cliniciens de soins primaires, de spécialistes ou même d’hôpitaux. Le CMS les a bien menacés : si ces problèmes n’étaient pas réglés, ils risquaient le gel de l’inscription ou du marketing, des amendes, voire la fermeture. Mais quand on demande au CMS pourquoi ils ont trouvé si peu de violations, la réponse est vague. Une porte-parole, Catherine Howden, a dit que cela reflétait des « examens ciblés, et non un audit complet de tous les plans. »

David Lipschutz, du Center for Medicare Advocacy, résume le sentiment général : « J’ai du mal à croire que seulement sept plans Medicare Avantage aient violé les règles de réseau. Nous entendons souvent des gens devoir parcourir des distances considérables pour trouver un prestataire sous contrat. »

L’opacité des ‘portes de sortie’ : le mystère des SEP

Les conflits entre les plans Medicare Avantage et les professionnels de santé sont, hélas, fréquents. Cette année seulement, au moins 38 systèmes hospitaliers dans 23 États ont rompu avec au moins 11 plans Avantage. Une tendance en hausse constante, on parle d’une augmentation de 66 % des ruptures sur les trois dernières années !

Le souci, c’est qu’une fois la période annuelle d’inscription passée (généralement après mars), les bénéficiaires sont bloqués dans leur plan pour l’année. Or, les hôpitaux peuvent partir n’importe quand. Lorsqu’un prestataire quitte le réseau, les membres peuvent perdre leur médecin habituel. Dans ces cas-là, le CMS offre parfois une issue de secours peu connue : une « période d’inscription spéciale » (SEP) permettant de changer de plan ou de revenir au Medicare traditionnel en cours d’année.

Mais comment le CMS décide-t-il qui y a droit ? Mystère total. L’opacité est telle que même des sénateurs américains, dont Ron Wyden, ont écrit au CMS pour demander des explications. « Les personnes âgées méritent de savoir que leur plan Medicare ne va pas leur retirer le tapis sous le pied à la moitié de l’année, » a souligné le sénateur Wyden. On dirait bien que le processus de détermination des SEP est tenu secret, même pour les régulateurs d’État.

Les conséquences concrètes : quand les patients sont mis en danger

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Bien que le CMS considère ces lettres comme le premier pas de l’application de la loi, l’agence n’a pas fourni d’information sur la résolution de ces violations, ni sur les pénalités infligées. Et c’est là que le bât blesse : la Medicare Payment Advisory Commission, un groupe créé par le Congrès, a confirmé que le CMS a l’autorité d’imposer des sanctions ou des amendes, mais ne l’a jamais fait.

Un cas frappant est celui de Vitality Health Plan de Californie. En novembre 2020, cinq hôpitaux et treize maisons de retraite ont quitté son réseau dans un seul comté. Le CMS a dû accorder une SEP aux membres, reconnaissant que le réseau épuisé de Vitality mettait « la santé des bénéficiaires en danger ».

Imaginez un peu la situation. Marcelo Espiritu, qui aide les gens à naviguer dans le système d’assurance en Californie, ignorait à l’époque que la perte du réseau était une violation des exigences du CMS. Il explique que si les patients avaient su, ils auraient pu être avertis immédiatement. « Les gens ne pourraient pas recevoir les avantages promis, il y aurait des retards de soins et beaucoup de frustration à essayer de trouver un nouveau plan, » dit-il. Avoir cette information est crucial.

Un manque de communication criant avec les États

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La loi fédérale exige que les plans Medicare Avantage offrent un minimum de 29 types de prestataires et 14 types d’établissements, accessibles dans un certain rayon géographique. Ces règles varient selon la densité de population du comté. Mais même si les règles existent, l’application est complexe. Par exemple, KFF a découvert qu’en Arizona, un assureur offrait 12 plans différents avec 12 réseaux distincts dans le même comté !

Ce qui est encore plus troublant, c’est le manque de transparence du CMS envers les États eux-mêmes. Lorsque Harmony (une filiale de WellCare) en Illinois a perdu la Christie Clinic en 2016, le CMS a permis à 900 personnes de partir. Pourtant, Claudia Lennhoff, qui aidait ces membres, n’a jamais été informée de la lettre de violation envoyée par le CMS. Elle dénonce une « violation de la confiance ».

Même son de cloche dans l’Ohio et la Caroline du Nord : les responsables des programmes d’aide aux seniors (comme le OSHIIP) n’avaient aucune idée des lettres de violation envoyées aux assureurs dans leurs États respectifs. Comment les conseillers peuvent-ils correctement orienter les aînés si l’agence fédérale ne leur dit rien ? C’est un peu comme si l’arbitre sifflait faute, mais sans le dire aux joueurs concernés.

Exiger la transparence et le respect des promesses

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Le constat est clair : bien que le Medicare Avantage devienne l’option privilégiée par une majorité d’Américains (54 % cette année !), le mécanisme de protection censé garantir un accès aux soins de qualité est incroyablement faible. Le CMS se contente de menaces et, selon la commission du Congrès, n’a jamais imposé de sanctions pécuniaires ou civiles malgré les manquements graves.

Les assureurs pointés du doigt, comme CareSource, affirment avoir mis en place des plans d’action correctifs rapidement. C’est bien. Mais pour les seniors, l’enjeu est vital : il faut pouvoir faire confiance au plan que l’on choisit en toute connaissance de cause. Le processus d’application des règles du CMS est trop opaque, et le manque de communication avec les organismes d’aide aux États est inacceptable.

En fin de compte, la leçon est que nous devons continuer d’exiger la transparence. Quand des réseaux craquent, mettant en péril l’accès aux soins de personnes vulnérables, l’organisme de surveillance fédéral ne peut pas se permettre de se contenter de quelques lettres dans l’ombre. La priorité, c’est de s’assurer que les promesses faites aux bénéficiaires de Medicare Avantage sont respectées.

Selon la source : medicalxpress.com

Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.