L’impulsivité n’est pas qu’un défaut : une étude génétique la relie au diabète et à 200 autres problèmes de santé

L’impulsivité n’est pas qu’un défaut : une étude génétique la relie au diabète et à 200 autres problèmes de santé credit : lemorning.ca (image IA)

Le poids génétique de l’impatience

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Qui n’a jamais cédé à une petite récompense immédiate, sachant pertinemment qu’une bien meilleure l’attendait s’il avait juste fait preuve d’un peu plus de patience ? Céder à la tentation instantanée est une chose profondément humaine, n’est-ce pas ? Eh bien, les chercheurs de l’Université de Californie à San Diego nous disent que cette tendance – que l’on appelle l’« actualisation différée » (delay discounting) – est bien plus qu’une simple faiblesse morale. Elle est encrée, figurez-vous, dans notre ADN.

Une étude très importante, publiée dans Molecular Psychiatry, a plongé dans les données génomiques de pas moins de 134 935 participants de 23andMe. Et les résultats sont clairs : l’impulsivité n’est pas seulement une question de comportement. Elle est intimement liée à des risques pour notre santé mentale et physique. C’est ce qu’explique Sandra Sanchez-Roige, professeure agrégée de psychiatrie à l’UC San Diego et autrice principale de l’étude. Selon elle, cette tendance est « profondément entrelacée avec des voies génétiques impliquées dans le développement du cerveau, la cognition et la santé physique ».

Onze régions génétiques identifiées, le double de liens qu’avant

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C’est incroyable, mais en s’appuyant sur une précédente étude — qui était pourtant cinq fois plus petite, j’imagine l’effort ! — l’équipe a réussi à cartographier 11 régions génétiques indépendantes. Ces régions, et c’est ça qui est nouveau, sont directement associées à cette fameuse « actualisation différée ».

Ils ont même identifié 93 gènes candidats. Ces gènes ne sont pas là par hasard ; ils sont notamment impliqués dans des mécanismes cruciaux : la signalisation de la dopamine (ce neurotransmetteur du plaisir), la croissance des neurones, les voies métaboliques, et la structure même de notre cerveau. Ce sont exactement les mêmes systèmes que l’on retrouve dans des troubles psychiatriques, l’obésité, la douleur chronique, et même, tenez-vous bien, les résultats éducatifs.

Mais ça ne s’arrête pas là. Les analyses qui ont suivi ont mis en évidence des corrélations génétiques entre l’impulsivité et 73 traits différents, allant de l’usage de substances et de la dépression aux troubles gastro-intestinaux et à la durée du sommeil. Bref, une vraie toile d’araignée.

L’ADN : un chemin commun vers le corps et l’esprit

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Pourquoi l’impulsivité semble-t-elle être un fil conducteur pour autant de problèmes de santé mentale ? C’est la question que le co-auteur de l’étude, Abraham A. Palmer, professeur à l’UC San Diego, s’est posé. En faisant une analyse de réseau, les chercheurs ont trouvé des « grappes de voies qui se chevauchent ».

Ces grappes impliquent surtout la cognition, le métabolisme et les comportements d’extériorisation. Cela pourrait bien expliquer pourquoi ce manque de patience est une caractéristique commune à beaucoup de problèmes de santé mentale, ce qu’on appelle en jargon de labo des tendances « trans-diagnostiques ».

Ce que j’ai trouvé personnellement frappant, c’est que même après avoir ajusté les résultats en tenant compte de mesures cognitives comme l’intelligence et le niveau d’éducation, beaucoup d’associations persistaient. Cela signifie que l’actualisation différée a une base génétique qui lui est partiellement propre. Ce n’est donc pas juste une question d’être plus ou moins « intelligent » ou « éduqué » ; c’est plus profond que ça, c’est dans la nature biologique de la personne.

Les conséquences cliniques : plus de 200 liens de santé identifiés

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Pour vraiment comprendre l’impact concret sur la santé, l’équipe a mis au point des « scores polygéniques » pour l’actualisation différée. C’est un peu comme une note globale qui représente la tendance génétique d’un individu à préférer les petites récompenses immédiates. Ces scores ont ensuite été testés sur un grand groupe hospitalier de plus de 66 000 personnes.

Les résultats font réfléchir, vraiment. Hayley Thorpe, première autrice de l’étude, a révélé que ces scores étaient associés à 212 résultats médicaux différents. Oui, deux-cent douze ! Parmi les plus importants, on retrouve :

  • Le diabète de type 2.
  • La douleur chronique.
  • La cardiopathie ischémique.
  • Les troubles de l’humeur.
  • Le trouble lié à l’usage du tabac.

Ceci souligne l’influence majeure que l’impulsivité peut avoir sur nos risques de santé à long terme. C’est fou de penser que le fait de toujours vouloir tout, tout de suite, puisse impacter notre cœur ou notre taux de sucre.

Un nouveau marqueur pour la médecine de demain

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Que peut-on faire avec tout ça ? Pour Dr. Sanchez-Roige, comprendre les racines biologiques de ce comportement ouvre de nouvelles pistes. Elle pense que, dans le futur, l’actualisation différée pourrait devenir un marqueur cliniquement utile.

Imaginez un peu : ce marqueur pourrait aider les médecins à améliorer les traitements comportementaux et pharmacologiques ciblant l’impulsivité. Si l’on peut identifier la propension génétique d’une personne à l’impulsivité, on pourrait peut-être mieux l’aider à éviter le diabète ou les maladies cardiaques des années plus tard. C’est l’idée derrière ces études, comme l’ajoute le Dr Palmer : elles explorent des « piliers fondamentaux » qui influencent le comportement tout au long de la vie, et qui sont mêlés à la susceptibilité aux maladies.

L’importance des facteurs environnementaux

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Bien sûr, il ne s’agit pas d’un verdict définitif, car la vie est bien plus complexe qu’un simple code génétique. Les auteurs insistent sur le fait que la recherche doit maintenant se concentrer sur les relations de cause à effet : si on modifie l’impulsivité, est-ce que les problèmes de santé s’améliorent ? C’est la prochaine grande question, je suppose.

Ils soulignent aussi qu’il est absolument essentiel de prendre en compte les facteurs environnementaux, comme le statut socioéconomique, dans les prochaines études. Après tout, une personne avec une prédisposition génétique ne sera pas la même si elle a accès à une bonne éducation et à des soins de qualité, ou si elle vit dans la précarité. Ce que l’on retient surtout, c’est que cette tendance à l’impulsivité est mesurable, hautement héritable et incroyablement pertinente pour notre santé globale. Si l’on continue d’étudier ce mécanisme de décision fondamental, nous avons une chance de découvrir de nouvelles façons de prévenir ou de traiter toute une gamme de conditions médicales.

Selon la source : medicalxpress.com

Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.