Le facteur jeunesse : l’âge du donneur de moelle osseuse, un critère clé pour la survie des patients
Mathieu Gagnon - 2025-11-20 10:36
credit : lemorning.ca (image IA)
L’âge du donneur, un critère sous-estimé

Les données présentées lors du congrès DGHO 2025 à Cologne sont assez claires : l’âge biologique du donneur semble avoir une influence bien plus grande sur le succès de la greffe que nous le pensions. C’est ce que Schetelig a souligné : nous devons réévaluer nos standards habituels de sélection.
Le dilemme du donneur : famille ou inconnu?

Aujourd’hui, grâce à des stratégies d’appariement bien meilleures et à des traitements optimisés contre le rejet, on utilise aussi des donneurs non apparentés et parfaitement compatibles (MUD), ou même ceux qui présentent de petites différences (MMUD). On peut même tenter l’aventure avec des donneurs familiaux partiellement compatibles, dits haploidentiques. Tout cela, bien sûr, pour augmenter les chances de trouver un donneur rapidement.
L’âge l’emporte sur les liens familiaux

Mais la nouvelle étude va plus loin. Elle est rétrospective et a été publiée dans la revue Leukemia. Elle révèle que les patients âgés de 50 ans et plus, souffrant de cancers myéloïdes (comme la leucémie aiguë myéloïde ou le syndrome myélodysplasique), ont de meilleures chances de survie s’ils reçoivent des cellules souches d’un jeune donneur non apparenté (entre 18 et 35 ans) plutôt que d’un frère ou d’une sœur plus âgé(e).
Des pourcentages de survie significatifs
Le bénéfice est chiffré : on parle d’une réduction de 14% du risque pour la survie sans événement (EFS) et, encore plus impressionnant, d’une réduction de 18% pour la survie globale (OS). De plus, le risque de rechute diminue de 16%. C’est colossal. Plus la différence d’âge est grande entre deux donneurs potentiels, plus l’impact sur la survie du patient est important. Cela force à réfléchir sur nos pratiques cliniques actuelles, qui favorisent souvent l’option familiale sans regarder l’âge.
Les autres facteurs : CMV et genre du donneur

L’étude a montré que dans ces situations dites « favorables », la survie des patients avec des donneurs jeunes et non apparentés est nettement supérieure aux dons de frères et sœurs plus âgés. Mais, ce qui est très rassurant, c’est que même lorsque le jeune donneur non apparenté présentait une constellation « défavorable », les chances de survie étaient au moins aussi bonnes qu’avec le donneur familial âgé. C’est une excellente nouvelle, car cela signifie que nous pouvons élargir la sélection sans inconvénient majeur.
L’étude HAMLET et les donneurs partiellement compatibles

Le résultat? Ils n’ont pas trouvé de différence majeure entre ces deux types de donneurs non totalement compatibles. Cependant, l’effet de l’âge refait surface! Les patients ayant bénéficié des donneurs les plus jeunes avaient, là encore, un meilleur taux de survie à deux ans. Cela prouve que l’influence de la jeunesse est un fil conducteur, peu importe le degré de compatibilité initial. Nous avons encore besoin d’étudier pourquoi cette jeunesse est si bénéfique. Est-ce la vigueur des cellules souches elles-mêmes ou le transfert d’un système immunitaire plus frais et plus performant?
Jeunesse et générosité sauvent des vies
Comme le souligne le Professeur Schetelig, nous avons encore du travail pour comprendre la biologie derrière cet avantage, mais la conclusion pratique est sans appel : « Quand on parle de don de cellules souches, la jeunesse peut être cruciale. » Il est donc essentiel d’encourager les jeunes, à partir de 17 ans, à s’inscrire comme donneurs. Leur générosité est littéralement la clé pour prolonger et améliorer la vie de nombreux patients.
Selon la source : medicalxpress.com
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