Le facteur jeunesse : l’âge du donneur de moelle osseuse, un critère clé pour la survie des patients

Le facteur jeunesse : l’âge du donneur de moelle osseuse, un critère clé pour la survie des patients credit : lemorning.ca (image IA)

L’âge du donneur, un critère sous-estimé

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Pendant très longtemps, lorsqu’il était question de transplantation de cellules souches hématopoïétiques (allo-HSCT), on ne jurait que par la compatibilité HLA. C’était le Saint-Graal, le critère absolu. On cherchait le match parfait. Or, une étude très récente menée par le Professeur Johannes Schetelig, en collaboration avec DKMS, vient un peu bousculer nos certitudes. Et franchement, c’est une sacrée nouvelle.

Les données présentées lors du congrès DGHO 2025 à Cologne sont assez claires : l’âge biologique du donneur semble avoir une influence bien plus grande sur le succès de la greffe que nous le pensions. C’est ce que Schetelig a souligné : nous devons réévaluer nos standards habituels de sélection.

Le dilemme du donneur : famille ou inconnu?

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Traditionnellement, le don idéal, la ‘première ligne’, était celui d’un frère ou d’une sœur ayant une compatibilité complète (MSD pour Matched Sibling Donor). Pourquoi? Parce que le risque de rejet, ou de ce que les médecins appellent la maladie du greffon contre l’hôte (GvHD), était jugé plus faible. Mais c’est sans compter sur les avancées incroyables de la médecine.

Aujourd’hui, grâce à des stratégies d’appariement bien meilleures et à des traitements optimisés contre le rejet, on utilise aussi des donneurs non apparentés et parfaitement compatibles (MUD), ou même ceux qui présentent de petites différences (MMUD). On peut même tenter l’aventure avec des donneurs familiaux partiellement compatibles, dits haploidentiques. Tout cela, bien sûr, pour augmenter les chances de trouver un donneur rapidement.

L’âge l’emporte sur les liens familiaux

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C’est là que l’étude du Professeur Schetelig devient absolument fascinante. Elle vient confirmer, après une recherche précédente sur plus de 10 000 patients, que l’âge est un facteur décisif pour la survie. L’ancienne étude montrait déjà que le taux de survie à deux ans diminuait d’environ 3% pour chaque décennie supplémentaire d’âge du donneur. C’est énorme!

Mais la nouvelle étude va plus loin. Elle est rétrospective et a été publiée dans la revue Leukemia. Elle révèle que les patients âgés de 50 ans et plus, souffrant de cancers myéloïdes (comme la leucémie aiguë myéloïde ou le syndrome myélodysplasique), ont de meilleures chances de survie s’ils reçoivent des cellules souches d’un jeune donneur non apparenté (entre 18 et 35 ans) plutôt que d’un frère ou d’une sœur plus âgé(e).

Des pourcentages de survie significatifs

Pour donner un ordre d’idée concret, cette étude a examiné 3 460 patients. Les donneurs étaient soit des frères/sœurs de 50 ans ou plus, soit des inconnus jeunes (18 à 35 ans). L’ajustement des données a montré une réduction significative du risque pour le groupe ayant reçu un don d’un jeune donneur non apparenté (MUD) comparé au donneur familial (MSD).

Le bénéfice est chiffré : on parle d’une réduction de 14% du risque pour la survie sans événement (EFS) et, encore plus impressionnant, d’une réduction de 18% pour la survie globale (OS). De plus, le risque de rechute diminue de 16%. C’est colossal. Plus la différence d’âge est grande entre deux donneurs potentiels, plus l’impact sur la survie du patient est important. Cela force à réfléchir sur nos pratiques cliniques actuelles, qui favorisent souvent l’option familiale sans regarder l’âge.

Les autres facteurs : CMV et genre du donneur

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Attention, l’âge n’est pas le seul élément à considérer! Les chercheurs se sont aussi penchés sur d’autres aspects, comme le statut CMV (cytomégalovirus) et le genre du donneur. Vous savez, si le patient et le donneur ont le même statut CMV, c’est mieux. De même, si une femme ne donne pas à un homme, c’est généralement plus avantageux — on appelle cela une ‘constellation favorable’.

L’étude a montré que dans ces situations dites « favorables », la survie des patients avec des donneurs jeunes et non apparentés est nettement supérieure aux dons de frères et sœurs plus âgés. Mais, ce qui est très rassurant, c’est que même lorsque le jeune donneur non apparenté présentait une constellation « défavorable », les chances de survie étaient au moins aussi bonnes qu’avec le donneur familial âgé. C’est une excellente nouvelle, car cela signifie que nous pouvons élargir la sélection sans inconvénient majeur.

L’étude HAMLET et les donneurs partiellement compatibles

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Et comme si cela ne suffisait pas, le Professeur Schetelig a également évoqué les résultats, encore inédits, de l’étude HAMLET (HAploidentical versus Mismatched UnreLatEd Donor Transplantation). Cette étude s’intéressait aux patients qui n’avaient pas de donneur idéal, ni familial, ni non apparenté. On comparait les donneurs familiaux partiellement compatibles (haploidentiques) aux donneurs inconnus avec un léger désaccord HLA (MMUD).

Le résultat? Ils n’ont pas trouvé de différence majeure entre ces deux types de donneurs non totalement compatibles. Cependant, l’effet de l’âge refait surface! Les patients ayant bénéficié des donneurs les plus jeunes avaient, là encore, un meilleur taux de survie à deux ans. Cela prouve que l’influence de la jeunesse est un fil conducteur, peu importe le degré de compatibilité initial. Nous avons encore besoin d’étudier pourquoi cette jeunesse est si bénéfique. Est-ce la vigueur des cellules souches elles-mêmes ou le transfert d’un système immunitaire plus frais et plus performant?

Jeunesse et générosité sauvent des vies

Ces nouvelles données sont une petite révolution dans la pratique clinique. Elles nous obligent à repenser la suprématie des donneurs familiaux lorsque ceux-ci sont plus âgés, surtout pour les patients souffrant de cancers myéloïdes et qui ont dépassé la cinquantaine. Même si l’urgence et la disponibilité des donneurs restent cruciales dans le quotidien hospitalier, le message scientifique est clair : l’âge du donneur est primordial.

Comme le souligne le Professeur Schetelig, nous avons encore du travail pour comprendre la biologie derrière cet avantage, mais la conclusion pratique est sans appel : « Quand on parle de don de cellules souches, la jeunesse peut être cruciale. » Il est donc essentiel d’encourager les jeunes, à partir de 17 ans, à s’inscrire comme donneurs. Leur générosité est littéralement la clé pour prolonger et améliorer la vie de nombreux patients.

Selon la source : medicalxpress.com

Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.