La crise de l’eau au Québec : des millions de litres pompés sans autorisation, l’agriculture dans la ligne de mire
Adam David - 2025-11-19 02:10
credit : lemorning.ca (image IA)
L’eau n’est plus une ressource inépuisable
Un document interne inédit du ministère, obtenu par nos confrères, met carrément les autorités en mode panique. Il révèle une compétition féroce pour la ressource entre les municipalités, les gros industriels et surtout, l’agriculture intensive. Franchement, ça donne l’impression que le Québec, terre d’eau, est en train d’apprendre à la dure que même ici, l’eau douce n’est pas infinie.
Un SOS lancé par les fonctionnaires : la gravité de la situation

L’analyse cible trois régions particulièrement sous pression : la Montérégie, l’Estrie, et le Centre-du-Québec. Pourquoi ces problèmes? Un développement — qu’il soit résidentiel, industriel ou agricole — qui a tout simplement dépassé les capacités de la ressource disponible. On parle de nappes moins productrices, de surexploitation flagrante et, bien sûr, de prélèvements illégaux. C’est un mélange toxique qui nous rappelle que l’abondance d’hier ne garantit pas celle de demain.
Le cas ahurissant de Saint-Constant et le vide réglementaire

Le document souligne d’ailleurs qu’une grande quantité des prélèvements agricoles ne sont pas autorisés. Des puits et des bassins d’irrigation sont ajoutés sans aucune notification. C’est le Far West de l’eau! J’ai trouvé intéressant de noter que lorsque Radio-Canada a demandé des explications, la Ville de Saint-Constant a dit ne faire face à « aucun conflit d’usage majeur ». Franchement, il y a de quoi se demander qui dit la vérité quand on lit les chiffres du ministère. C’est l’illustration parfaite d’un système qui a besoin d’un sérieux coup de balai.
Quand les canneberges menacent de vider nos rivières

Mais l’une des plus grandes préoccupations concerne le Centre-du-Québec, surtout avec l’essor de la culture de canneberges. Le ministère craint sérieusement que cette production, qui a besoin de beaucoup d’eau, finisse par vider certaines rivières. C’est là qu’on se dit : est-ce que ça vaut la peine de mettre en péril l’écosystème pour quelques hectares de plus? La question se pose sérieusement, surtout si l’on considère qu’Emmanuel Dubois, chercheur à l’UQAM, affirme qu’il est très probable que nous surexploitions déjà nos ressources.
Le calvaire bureaucratique des agriculteurs, une non-conformité « assumée »
Il explique que le processus pour obtenir l’autorisation de prélever plus de 75 000 litres par jour est un véritable chemin de croix, incroyablement coûteux et complexe. Des fermes passent cinq ans sans succès, dépensant des dizaines de milliers de dollars en études et en consultants, juste pour se conformer. Face à ça, certains producteurs se disent, je suppose, qu’il est plus simple d’agir dans l’urgence, après une pénurie ou une mauvaise récolte, plutôt que d’attendre les autorisations d’un ministère trop lourd. Bien sûr, ils ont obtenu des exemptions repoussant l’obligation de conformité jusqu’en 2029, mais c’est seulement pour ceux qui n’ont pas augmenté leurs prélèvements depuis 2014. Ce n’est pas une solution à long terme, c’est une rustine temporaire.
Le ministère de l’Environnement s’active, un nouvel ordre de priorités
De plus, pour mieux comprendre l’ampleur du désordre, le ministère exigera des agriculteurs une déclaration de leurs prélèvements effectués en 2026, à remettre au plus tard en mars 2027. Enfin, et c’est peut-être le point le plus important, un nouvel ordre de priorité pour l’usage de l’eau a été fixé et entrera en vigueur en avril 2025. Ces priorités sont claires :
- 1. Les besoins fondamentaux de la population (santé, alimentation).
- 2. Les écosystèmes aquatiques (la nature d’abord, on s’entend!).
- 3. L’agriculture et l’aquaculture.
- 4. L’industrie et les loisirs.
On n’a jamais eu à choisir au Québec, mais le fait d’avoir un plan, ça montre bien que la menace est prise au sérieux. Enfin… j’espère.
Une vision globale indispensable

Pour s’assurer qu’il y ait assez d’eau pour les humains, pour les milieux de vie, et pour l’économie, le ministère doit non seulement simplifier ses processus pour les producteurs agricoles de bonne foi, mais aussi et surtout, muscler sa surveillance. Le temps des avertissements est révolu ; c’est maintenant qu’il faut agir pour protéger notre ressource la plus précieuse.
Selon la source : ici.radio-canada.ca
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