Le stress intense de la mère pendant la grossesse pourrait accélérer la poussée des dents de lait chez le bébé : ce que révèle une nouvelle étude

Le stress intense de la mère pendant la grossesse pourrait accélérer la poussée des dents de lait chez le bébé : ce que révèle une nouvelle étude credit : lemorning.ca (image IA)

Une course contre la montre dentaire influencée par les émotions

L’arrivée des premières dents de lait, c’est souvent un moment à la fois attendu et un peu douloureux pour les parents comme pour le bébé. Généralement, cela commence entre six mois et trois ans après la naissance, n’est-ce pas ? Mais le calendrier est loin d’être rigide. En fait, il y a énormément de variations, influencées par la génétique, la nutrition, et même notre lieu de vie.Ce qui est tout nouveau, et même un peu troublant, c’est ce que viennent de découvrir des chercheurs américains. Ils suggèrent pour la première fois qu’un facteur inattendu pourrait presser le pas de ces petites dents : le stress ressenti par la mère pendant la grossesse. Une découverte majeure, publiée dans la revue Frontiers in Oral Health, qui nous invite à repenser l’impact de nos vies émotionnelles sur le développement de nos enfants.

Le rôle essentiel des 20 dents de lait

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Vous savez, ces vingt dents de lait – dix dans chaque mâchoire – ne sont pas là juste pour faire joli. Elles sont absolument cruciales. Elles permettent au tout-petit de bien mâcher, bien sûr, mais aussi de développer correctement le langage. Et surtout, c’est un point que l’on oublie souvent, elles servent de garde-fous, en maintenant l’espace nécessaire pour les 32 dents permanentes qui arriveront plus tard. C’est un travail de préparation qui commence d’ailleurs très tôt, dès la sixième semaine de gestation dans l’utérus.Alors, quand le calendrier de leur apparition est chamboulé, ça mérite qu’on s’y intéresse sérieusement, non ?

L’étude : un regard sur 142 mères en situation de vulnérabilité

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Pour arriver à cette conclusion, le Dr. Ying Meng et son équipe de l’Université de Rochester aux États-Unis ont suivi une cohorte de 142 mères. Ce qui est important de noter ici, c’est qu’il s’agissait de femmes issues de milieux socioéconomiquement défavorisés, enceintes entre 2017 et 2022. Je suppose que c’est un groupe qui était plus susceptible de connaître des niveaux de stress élevés.Les chercheurs ont mesuré les niveaux de six hormones différentes – dont le cortisol, l’œstradiol et la thyroxine – dans des échantillons de salive durant la fin du deuxième et le troisième trimestre. Après la naissance, les paires mère-enfant étaient suivies régulièrement : à 6, 12, 18, et 24 mois. Les dentistes vérifiaient quelles dents étaient sorties. Ce qui est curieux, c’est que même si 36,6% des femmes avaient un diagnostic d’anxiété ou de dépression, ce diagnostic n’était pas directement lié au nombre de dents de leur enfant. C’est le niveau d’hormones mesuré qui comptait le plus.

Le cortisol, principal accélérateur : quatre dents de plus à six mois

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Et là, surprise : le lien le plus fort est apparu avec le cortisol. Pour ceux qui ne le sauraient pas, le cortisol, c’est l’hormone du stress par excellence. Les femmes affichant les niveaux les plus élevés de cortisol dans leur salive pendant la fin de leur grossesse avaient des nourrissons qui avaient, en moyenne, quatre dents de plus à l’âge de six mois que les bébés dont la mère avait les niveaux les plus bas. Quatre dents, c’est énorme à cet âge-là !Le Dr. Meng explique que ce haut niveau de cortisol pourrait bouleverser le métabolisme des minéraux chez le fœtus. On parle ici de la régulation du calcium et de la vitamine D, des éléments indispensables pour que l’os et les dents se forment correctement. Il se pourrait même que le cortisol influence des cellules appelées ostéoblastes et ostéoclastes, qui s’occupent de construire et de remodeler les os. C’est un peu compliqué à expliquer en détail, mais retenons ceci : le stress prénatal a un impact physique direct sur le développement du squelette dentaire.

Les autres hormones et la poussée irrégulière

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L’étude a aussi révélé d’autres associations, bien que plus faibles, avec les hormones sexuelles comme l’œstradiol et la testostérone. Ces dernières étaient liées à un plus grand nombre de dents à 12 mois. La progestérone et la triiodothyronine (une hormone thyroïdienne) montraient elles aussi de légers liens avec la dentition à 18 et 24 mois. Mais ces liens sont moins marqués que celui du cortisol. On sait que ces hormones jouent un rôle clé dans la croissance du fœtus et le poids de naissance, alors ce n’est pas complètement illogique qu’elles influencent la vitesse d’éruption.Autre fait intéressant rapporté par l’équipe : chez la majorité des enfants, le schéma de poussée dentaire était terriblement irrégulier. Avoir beaucoup de dents tôt ne prédisait pas forcément la vitesse des poussées futures. Il y a même eu une petite minorité (2,7%) qui a connu une accélération soudaine entre 12 et 18 mois. L’ensemble est donc incohérent et difficile à prédire, même pour les dentistes.

Un signe d’alerte pour le vieillissement biologique

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Alors, que faut-il retenir de tout ça ? Le Dr. Meng et ses collègues pensent que ces résultats confirment une idée plus large : le stress prénatal peut accélérer le « vieillissement biologique » chez les enfants. En d’autres termes, une poussée prématurée des dents pourrait être vue comme un signal d’alerte. Un indicateur précoce que le développement oral de l’enfant a été compromis par des facteurs externes, comme la précarité socioéconomique ou le stress avant la naissance.Évidemment, il reste beaucoup de zones d’ombre. L’équipe se pose encore de grandes questions. Par exemple, quel est le mécanisme exact qui permet aux hormones maternelles de modifier le calendrier des dents ? Et surtout, qu’est-ce que cette accélération nous dit exactement sur la santé générale future de l’enfant ? Mais ce qui est certain, c’est que l’impact du stress sur le bébé, même dans l’utérus, est plus profond que nous ne le pensions. Il faut absolument continuer à soutenir les futures mamans, surtout celles qui vivent des situations difficiles.

Selon la source : medicalxpress.com

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