Le Québec en première ligne : pourquoi la bataille contre certains cancers marque le pas au Canada

Le Québec en première ligne : pourquoi la bataille contre certains cancers marque le pas au Canada credit : lemorning.ca (image IA)

L’onde de choc des nouvelles données

Non, mais franchement, qui aurait pu croire qu’après des décennies de progrès remarquables, nous nous retrouverions face à un tel constat? Le dernier rapport de la Société canadienne du cancer (SCC), établi en collaboration avec Statistique Canada et l’Agence de la santé publique, est tombé comme un pavé dans la mare. Il révèle que, si la lutte générale progresse, des domaines cruciaux stagnent, voire reculent. Et le plus troublant, c’est le portrait qu’il dresse du Québec.

Saviez-vous que le Québec affiche en fait les taux de cancer les plus élevés au pays? C’est un fait difficile à avaler. Les experts s’alarment particulièrement de la stagnation des efforts pour éradiquer le cancer du col de l’utérus. On pensait que la tendance baissière, observée entre 1984 et 2005, allait se poursuivre. Eh bien, non. Il y a maintenant un plateau franchement inquiétant. Devons-nous revoir notre façon de faire? Assurément.

Le cancer du col de l’utérus : l’objectif de 2040 en péril

Ce cancer, on le sait, est en grande partie évitable. C’est le VPH, le virus du papillome humain, qui est en cause dans 95 % des cas. Pendant longtemps, nous avons vu les taux chuter. Le Dr Denis Soulières, hématologue-oncologue et porte-parole de la SCC, l’a dit : « On avait tendance à penser qu’effectivement, ça pourrait continuer dans le même sens. » Mais ce n’est pas ce que disent les chiffres actuels. Depuis une vingtaine d’années, ces taux fluctuents ont même connu une légère hausse, menaçant sérieusement l’ambition nationale d’éliminer la maladie d’ici 2040.

Pour 2025, les estimations sont glaciales : 1650 diagnostics et 430 décès anticipés au Canada. C’est beaucoup trop pour une maladie contre laquelle nous avons pourtant les outils. Il y a un problème quelque part, et ce problème, on dirait bien qu’il tourne autour de la vaccination et du dépistage.

Le VPH : pourquoi la vaccination doit être universelle

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Le vaccin contre le VPH est notre meilleure arme préventive, c’est indéniable. Il a été introduit après l’approbation du gouvernement en 2006, d’abord pour les adolescentes, puis étendu aux garçons. Aujourd’hui, il protège contre neuf types de virus, et il est offert aux jeunes de 9 à 20 ans. Mais le hic, c’est que le taux de couverture est franchement incohérent. On voit des variations incroyables, allant de 16 % à 93 % selon les provinces et les territoires!

Seulement Terre-Neuve-et-Labrador semble vraiment avoir compris l’enjeu, atteignant un taux supérieur à 90 % chez les filles et les garçons. C’est ce qu’on appelle l’immunité collective, qui nous protège tous. La SCC insiste donc : il faut que les gouvernements rendent ce vaccin gratuit pour tout le monde, peu importe l’âge. Ceux qui ont manqué le programme scolaire, notamment les adultes, doivent pouvoir rattraper le coup. C’est vital, surtout quand on sait que le VPH est aussi lié à l’explosion des cancers de l’oropharynx chez les hommes (passant de 15 % à 85-90 % des cas!).

Le dépistage : remplacer le test Pap par le test VPH

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En plus de la vaccination, il y a le dépistage. Actuellement, beaucoup comptent sur le test Pap, qui détecte les cellules précancéreuses ou cancéreuses. C’est bien, mais la SCC demande de passer au niveau supérieur : faire du test VPH la méthode de dépistage primaire. Pourquoi ? Parce qu’il est jugé plus sensible.

Le Dr Soulières explique que détecter le virus, c’est gagner du temps. On sait qu’il y a une fenêtre avant que les lésions précancéreuses n’évoluent. Certaines provinces sont à la fine pointe; la Colombie-Britannique offre même l’autoprélèvement à domicile. Mais ici, au Québec, on traîne la patte! Le test VPH n’est pas encore disponible partout, et c’est une situation vraiment regrettable, je suppose, compte tenu de nos taux élevés.

Une incidence de cancer nettement supérieure au Québec et dans l’Est

Revenons à ce chiffre qui frappe : un Canadien sur cinq recevra un diagnostic de cancer durant sa vie. L’année prochaine, on prévoit 254 800 nouveaux cas. Si les cancers du poumon, du sein, de la prostate et colorectal restent les plus fréquents, la répartition géographique est troublante.

Pour la première fois, le rapport inclut des données complètes pour le Québec, ce qui permet cette comparaison plus précise. Et le résultat est sans appel : l’incidence au Québec et dans certaines provinces de l’Est est nettement supérieure, avec plus de 100 cas par 100 000 habitants de plus qu’en Colombie-Britannique! Qu’est-ce qui cause cette différence marquée? Les statistiques brutes ne le disent pas. Peut-être des facteurs génétiques, mais le Dr Soulières pointe aussi le taux de tabagisme historique au Québec. Il y a clairement des questions de santé publique très sérieuses à se poser ici.

L’inquiétante hausse des cancers précoces (20-50 ans)

Autre point d’alerte : les cancers ne touchent plus seulement les 50 ans et plus. Certes, neuf diagnostics sur dix en 2025 concerneront cette tranche d’âge, mais les experts observent une hausse de plus d’une quinzaine de types de cancer chez les jeunes adultes (20 à 50 ans) partout dans le monde. C’est une réalité nouvelle.

Chez les 15 à 29 ans, on parle de la thyroïde, des testicules, du lymphome. Chez les 30 à 49 ans, c’est le sein, la thyroïde et le colorectal. Qu’est-ce qui explique ça? Les coupables sont souvent cités : hausse du tabagisme chez certains groupes, consommation abusive d’alcool, obésité et alimentation mal équilibrée dès le plus jeune âge. Nous ne devons pas ignorer ces signes, car la prévention d’aujourd’hui, même si elle n’a d’effet que dans vingt ans, est essentielle. Entre-temps, il faut des interventions immédiates.

Un espoir persistant : la mortalité générale régresse

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Malgré toutes ces ombres au tableau, il faut souligner les victoires! Nous ne devons pas les oublier. Grâce aux énormes progrès dans la lutte contre quatre types majeurs — le poumon, le colorectal, le sein et la prostate — les taux de mortalité par cancer au Canada ont diminué de 42 % chez les hommes et de 28 % chez les femmes depuis le pic atteint en 1988. C’est une réussite monumentale qui montre que la recherche et les campagnes fonctionnent quand on s’y met sérieusement.

Néanmoins, certains cancers restent des murs. Le cancer du poumon est toujours la principale cause de décès, et le taux de mortalité du cancer du pancréas, hélas, n’a pratiquement pas bougé depuis 40 ans. Cela démontre, si besoin est, que la bataille est loin d’être terminée.

Le besoin pressant d’un plan d’action renforcé

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Ce nouveau rapport est un signal d’alarme. Si nous voulons vraiment atteindre l’objectif d’élimination du cancer du col de l’utérus, et si nous voulons protéger nos jeunes contre la hausse des cancers précoces, nous ne pouvons pas nous permettre de stagner. Le Dr Soulières est clair : « Entre-temps, on doit agir. »

Cela passe par trois piliers. Premièrement, rendre la vaccination VPH gratuite et accessible à tous les âges. Deuxièmement, adopter le test VPH comme méthode primaire de dépistage partout, surtout au Québec. Et enfin, les gouvernements doivent absolument élaborer un plan d’action qui tient compte de l’augmentation des cas de cancers à des âges plus précoces. L’heure n’est plus à la réflexion passive, mais à l’intervention, c’est ce que ces statistiques nous crient.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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