Le Québec en première ligne : pourquoi la bataille contre certains cancers marque le pas au Canada
Adam David - 2025-11-17 09:26
credit : lemorning.ca (image IA)
L’onde de choc des nouvelles données
Saviez-vous que le Québec affiche en fait les taux de cancer les plus élevés au pays? C’est un fait difficile à avaler. Les experts s’alarment particulièrement de la stagnation des efforts pour éradiquer le cancer du col de l’utérus. On pensait que la tendance baissière, observée entre 1984 et 2005, allait se poursuivre. Eh bien, non. Il y a maintenant un plateau franchement inquiétant. Devons-nous revoir notre façon de faire? Assurément.
Le cancer du col de l’utérus : l’objectif de 2040 en péril
Pour 2025, les estimations sont glaciales : 1650 diagnostics et 430 décès anticipés au Canada. C’est beaucoup trop pour une maladie contre laquelle nous avons pourtant les outils. Il y a un problème quelque part, et ce problème, on dirait bien qu’il tourne autour de la vaccination et du dépistage.
Le VPH : pourquoi la vaccination doit être universelle

Seulement Terre-Neuve-et-Labrador semble vraiment avoir compris l’enjeu, atteignant un taux supérieur à 90 % chez les filles et les garçons. C’est ce qu’on appelle l’immunité collective, qui nous protège tous. La SCC insiste donc : il faut que les gouvernements rendent ce vaccin gratuit pour tout le monde, peu importe l’âge. Ceux qui ont manqué le programme scolaire, notamment les adultes, doivent pouvoir rattraper le coup. C’est vital, surtout quand on sait que le VPH est aussi lié à l’explosion des cancers de l’oropharynx chez les hommes (passant de 15 % à 85-90 % des cas!).
Le dépistage : remplacer le test Pap par le test VPH

Le Dr Soulières explique que détecter le virus, c’est gagner du temps. On sait qu’il y a une fenêtre avant que les lésions précancéreuses n’évoluent. Certaines provinces sont à la fine pointe; la Colombie-Britannique offre même l’autoprélèvement à domicile. Mais ici, au Québec, on traîne la patte! Le test VPH n’est pas encore disponible partout, et c’est une situation vraiment regrettable, je suppose, compte tenu de nos taux élevés.
Une incidence de cancer nettement supérieure au Québec et dans l’Est
Pour la première fois, le rapport inclut des données complètes pour le Québec, ce qui permet cette comparaison plus précise. Et le résultat est sans appel : l’incidence au Québec et dans certaines provinces de l’Est est nettement supérieure, avec plus de 100 cas par 100 000 habitants de plus qu’en Colombie-Britannique! Qu’est-ce qui cause cette différence marquée? Les statistiques brutes ne le disent pas. Peut-être des facteurs génétiques, mais le Dr Soulières pointe aussi le taux de tabagisme historique au Québec. Il y a clairement des questions de santé publique très sérieuses à se poser ici.
L’inquiétante hausse des cancers précoces (20-50 ans)
Chez les 15 à 29 ans, on parle de la thyroïde, des testicules, du lymphome. Chez les 30 à 49 ans, c’est le sein, la thyroïde et le colorectal. Qu’est-ce qui explique ça? Les coupables sont souvent cités : hausse du tabagisme chez certains groupes, consommation abusive d’alcool, obésité et alimentation mal équilibrée dès le plus jeune âge. Nous ne devons pas ignorer ces signes, car la prévention d’aujourd’hui, même si elle n’a d’effet que dans vingt ans, est essentielle. Entre-temps, il faut des interventions immédiates.
Un espoir persistant : la mortalité générale régresse

Néanmoins, certains cancers restent des murs. Le cancer du poumon est toujours la principale cause de décès, et le taux de mortalité du cancer du pancréas, hélas, n’a pratiquement pas bougé depuis 40 ans. Cela démontre, si besoin est, que la bataille est loin d’être terminée.
Le besoin pressant d’un plan d’action renforcé

Cela passe par trois piliers. Premièrement, rendre la vaccination VPH gratuite et accessible à tous les âges. Deuxièmement, adopter le test VPH comme méthode primaire de dépistage partout, surtout au Québec. Et enfin, les gouvernements doivent absolument élaborer un plan d’action qui tient compte de l’augmentation des cas de cancers à des âges plus précoces. L’heure n’est plus à la réflexion passive, mais à l’intervention, c’est ce que ces statistiques nous crient.
Selon la source : ici.radio-canada.ca
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