La fin des mégots toxiques ? Ce que l’OMS prépare pour la santé et la planète

La fin des mégots toxiques ? Ce que l’OMS prépare pour la santé et la planète credit : lemorning.ca (image IA)

Un sommet crucial à Genève pour nos poumons et nos plages

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La semaine prochaine, la conférence mondiale sur le contrôle du tabac va s’ouvrir à Genève, et croyez-moi, l’enjeu est énorme. Il ne s’agit plus seulement de parler des poumons, mais aussi de ce qui encombre nos trottoirs et pollue nos mers : les mégots de cigarette. Les experts vont sérieusement discuter de la possibilité d’interdire complètement ces filtres en plastique, un déchet qui est, je le pense, bien plus insidieux qu’on ne l’imagine souvent.

C’est la 11e conférence des parties à la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac (CCLAT), qui, depuis 2005, a déjà permis d’avancer sur les lois antitabac et les avertissements visuels sur les paquets. Mais là, on passe à la vitesse supérieure, surtout face aux dégâts environnementaux. Il était temps, non ?

Le mégot, champion du monde des déchets plastiques

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C’est un chiffre qui donne le vertige. Andrew Black, qui est le chef par intérim du secrétariat de la CCLAT, l’a rappelé sans détour : on estime que 4,5 mille milliards de mégots sont jetés chaque année dans le monde. Quatre virgule cinq mille milliards! C’est une quantité ahurissante, n’est-ce pas?Ce qui est dramatique, c’est que ces déchets sont toxiques et qu’ils sont la source principale de pollution plastique sur Terre. Pourquoi ? À cause de ce fameux filtre. Il est fait de plastique et, franchement, il ne se dégrade pas vraiment. De plus, ces mégots rejettent des produits chimiques toxiques directement dans l’environnement, se transformant lentement en microplastiques.

Le pire dans tout ça, c’est qu’en plus de polluer, ces filtres en plastique « n’apportent aucune amélioration significative à la sécurité des cigarettes », selon M. Black. C’est donc un déchet inutile et dangereux. On est en droit de se demander pourquoi on continue à les fabriquer.

Faut-il interdire ces filtres définitivement ?

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La question est désormais sur la table, et elle est lourde de sens. Plusieurs experts recommandent de trancher radicalement. Andrew Black a été clair : « La meilleure chose que nous puissions faire pour l’environnement, c’est de nous débarrasser des filtres complètement. » Je suis d’accord, après tout, si ça ne sert à rien pour la santé et que ça ravage la planète… pourquoi hésiter?Rudiger Krech, le chef de l’OMS pour l’environnement et le climat, a renchéri. Il a dit qu’il était « grand temps d’interdire ces plastiques » parce qu’ils sont les « plus grands polluants dans les eaux ». Ça frappe fort, comme déclaration. Bien sûr, ce sont les pays signataires (environ 180 d’entre eux) qui devront décider des mesures concrètes à prendre, mais j’espère que ce sommet donnera l’impulsion nécessaire.

Le bilan humain reste terrifiant

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Évidemment, au-delà de la pollution, il ne faut jamais oublier l’objectif initial : la santé publique. La conférence va prendre des décisions qui vont impacter la trajectoire de l’épidémie mondiale de tabac pour les générations futures. C’est une responsabilité immense.M. Black a souligné que plus de sept millions de décès par an sont attribuables au tabac. C’est un nombre que l’on entend souvent, mais il est toujours aussi choquant. Surtout quand on sait que c’est un bilan qui est « entièrement évitable ». C’est ça qui est terrible : tant de vies perdues pour un produit dont on connaît la dangerosité.

L’agressivité du marketing ciblant nos jeunes

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Un autre point majeur à l’ordre du jour, et qui m’inquiète particulièrement, c’est le marketing que l’on qualifie d’« agressif ». Il y a une préoccupation généralisée face au nombre croissant d’enfants qui sont séduits par une vie de dépendance, souvent via des moyens très nouveaux.Aujourd’hui, il y a plus de 100 millions de personnes qui vapotent dans le monde. Et ce qui est alarmant, c’est qu’au moins 15 millions d’adolescents âgés de 13 à 15 ans sont concernés, selon la première estimation mondiale de l’OMS. Le directeur de l’OMS, Tedros Adhanom Ghrebreyesus, a averti que même si les e-cigarettes sont présentées comme des alternatives « plus sûres », les preuves montent sur leurs effets néfastes. Elles ne sont pas la solution miracle qu’on essaie de nous vendre, ça, c’est certain.

L’ombre persistante de l’industrie et ses tentatives d’infiltration

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Ce n’est un secret pour personne : quand il y a de l’argent en jeu, il y a de la résistance. Et l’OMS a dénoncé ouvertement les tentatives de l’industrie du tabac pour « infiltrer et saper » la conférence. Comme l’a dit le chef de l’OMS, leur seule motivation est de « générer des profits ». On s’en doutait, mais l’entendre confirmer est toujours désolant.Benn McGrady, qui travaille sur les politiques de santé publique à l’OMS, a précisé que l’industrie « fait un lobbying de fou » et qu’elle tente de « semer la division » entre les pays. Leurs nouveaux produits, vendus sous le masque de la réduction des méfaits, possèdent en réalité des caractéristiques qui sont « spécifiquement attrayantes pour les enfants », comme les couleurs vives et les saveurs sucrées.

L’OMS insiste donc pour obtenir des interdictions complètes de la publicité, de la promotion et du parrainage du tabac, y compris pour les cigarettes électroniques. C’est une bataille constante, visiblement.

Un avenir moins toxique est-il possible ?

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Il apparaît clair que la conférence qui se tient cette semaine à Genève est un moment décisif. Les pays membres de la CCLAT ont devant eux l’occasion d’adopter des mesures fortes, non seulement pour tenter d’endiguer cette hécatombe de sept millions de morts par an, mais aussi pour faire face à la catastrophe environnementale que représentent les mégots en plastique.L’OMS nous le dit : la bataille est double. Nous devons protéger nos enfants contre le marketing agressif des vapes et, franchement, il faut se poser la question d’une interdiction pure et simple des filtres. C’est la meilleure chose que nous puissions faire, tant pour la santé que pour la planète. Espérons que le courage politique sera au rendez-vous pour résister aux pressions de l’industrie et prendre enfin ces décisions qui s’imposent.

Selon la source : medicalxpress.com

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