La disparition inexpliquée de Liam Toman au Mont-Tremblant : un cauchemar sans fin pour la famille

La disparition inexpliquée de Liam Toman au Mont-Tremblant : un cauchemar sans fin pour la famille credit : lemorning.ca (image IA)

Le week-end qui n’a jamais eu de fin

C’est une histoire qu’on aimerait ne jamais avoir à raconter. Ce qui devait être une escapade joyeuse, un week-end classique de ski et de fête entre amis au Mont-Tremblant, s’est transformé en un trou noir d’angoisse pour les proches de Liam Toman. Le jeune Ontarien, qui n’avait que 22 ans, n’est tout simplement jamais revenu à son hôtel après une soirée dans les bars animés de la station touristique. Comment cela est-il possible ? C’est la question que se posent sa famille, ses amis et les enquêteurs depuis des mois.

Le 31 janvier, tout était pourtant parfait. Les trois amis, partis de Whitby, banlieue de Toronto, avaient fait le long trajet jusqu’à leur hôtel, la Tour des Voyageurs, située idéalement au cœur du village. Le décor était magnifique, l’ambiance, à la fête, comme l’a décrit l’un d’eux : « Le paysage s’ouvre devant nous et on voit la colline avec toutes les cabanes sur le côté, et ensuite la montagne qui s’élève. C’est un choc visuel assez important. »

Une soirée banale au P’tit Caribou

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La première journée, le 1er février, s’est déroulée comme prévu. Une belle journée passée sur les pentes, suivie d’un souper pizza et de quelques verres au Lucille’s. La fatigue, on la connaît bien, a eu raison de l’un des amis, Colin, qui est rentré tôt. Mais Kyle et Liam, eux, voulaient profiter de l’ambiance légendaire du P’tit Caribou, l’après-ski mythique.

Ils sont entrés, ont pris quelques consommations, puis, dans la foule, ils se sont séparés. C’est le genre de chose qui arrive facilement en boîte. Mais après une heure, Kyle ne voyait plus Liam. Il lui a envoyé un texto, demandant où il était. Aucune réponse. Kyle s’est dit, sans s’inquiéter outre mesure à ce moment-là : « Bon, je rentre. » Une décision si anodine qui, rétrospectivement, prend un sens si douloureux. Personne n’imaginait le drame qui se jouait.

Le réveil et l’appel à la police

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Le lendemain matin, 2 février. Huit heures. Le lit de Liam est désespérément vide. Ses amis lui envoient des messages : Où es-tu ? Toujours pas de réponse. La première réaction, typiquement humaine, c’est l’espoir, ou l’illusion : peut-être qu’il a rencontré quelqu’un, qu’il a passé la nuit ailleurs ? Ils filent sur les pentes, essayant de se distraire, mais l’inquiétude monte, on ne va pas se mentir.

Les appels répétés restent vains. La panique s’installe vraiment vers 18 h 10. C’est à ce moment précis que les amis contactent la famille à Whitby. La nouvelle est évidemment une commotion pour Chris, le père de Liam. Il leur demande immédiatement d’appeler les autorités, la police. L’attente était devenue intenable.

La route dans la tempête et la peur de l’hypothermie

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Le père de Liam, Chris, et son épouse Lara, passent prendre la mère de Liam (l’article ne la nomme pas, mais fait référence à elle via Kathleen plus tard) et se lancent immédiatement vers Mont-Tremblant. C’était le pire moment pour voyager : une pleine tempête de neige.

Lara se souvient parfaitement de ce trajet, lourd d’une angoisse palpable. Elle raconte : « J’étais assis à l’avant, et je me souviens que Chris avait les larmes aux yeux parce que nous avions discuté d’un autre scénario : et s’il se trouvait seul dans la neige et le froid ? Et je savais que ça lui traversait l’esprit. » Le doute et l’horreur de l’hypothermie, c’était la première, et la plus terrifiante, des hypothèses qui les hantaient durant ces cinq longues heures de route. Un moment de pure détresse parentale, n’est-ce pas ?

Les dernières minutes filmées et l’appel mystérieux

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Grâce aux caméras de sécurité, nombreuses dans le village de Tremblant (ce qui est, heureusement, une aide précieuse dans ces cas-là), une partie du trajet de Liam après le Caribou a pu être reconstituée. L’information est capitale : il réussit à atteindre son hôtel, la Tour des Voyageurs, sans difficulté. Pourtant, et c’est là que l’histoire déraille, il n’entre pas.

Pourquoi ? On ne sait pas. Au lieu de cela, pour une raison qui reste totalement non éclaircie, il se dirige vers l’arrière du bâtiment. C’est là que sa trace disparaît. Enfin, pas tout à fait. Il laisse un dernier indice, qui complique encore la compréhension. Vers 3 h 15 du matin, en pleine nuit, il appelle Kyle pour l’inviter à le rejoindre dehors. Son ami, endormi, ne verra jamais le message. « Je pense qu’il allait quelque part et voulait que Kyle l’accompagne », suppose l’ami. Peu après, une silhouette est filmée, s’éloignant vers des chalets. Est-ce Liam ? Impossible de le prouver, mais sa mère y pense forcément.

Un jeune homme sans histoire et une enquête approfondie

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Lorsque la Sûreté du Québec (SQ) se mobilise, l’enquête est menée de front : ratissage intensif de la zone pendant douze jours (y compris les plans d’eau), porte-à-porte, barrages, avis de recherche partout. Rien. Les bénévoles et la police ont tout sondé, mais en vain.

Naturellement, les enquêteurs se sont penchés sur le passé de Liam. Avait-il un secret ? Une vulnérabilité cachée ? Ils ont interrogé ses amis proches, comme Shireen Khamissa, sa meilleure amie. Elle est catégorique. Les policiers l’ont questionnée sur les drogues (il n’en prenait pas), les problèmes d’argent, les secrets. La réponse est toujours la même : non. Liam était dans un excellent état d’esprit. Il venait de terminer ses études en génie électronique, il avait des projets (jouer au golf cet été). « Il allait bien mentalement, et en plus, il partait faire du ski, il était heureux, il était vraiment à un bon moment de sa vie », insiste-t-elle. Les rares personnes qui lui ont parlé dans le bar, comme Olivier Boivin, confirment : juste du « small talk » de vacanciers. L’absence de mobile rend cette affaire si déroutante, n’est-ce pas?

La découverte du portefeuille : un tournant criminel ?

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Pendant des semaines, le scénario le plus « probable » (si l’on peut dire cela) pour la famille restait l’accident tragique : perdu, hypothermie fatale. Mais l’histoire change brutalement en mars. Le 22 mars, très précisément, un employé de la station découvre son portefeuille. L’objet est retrouvé à 300 mètres seulement de son hôtel, près des stationnements.

Et voici le détail qui glace le sang : tout est là (cartes, papiers), sauf l’argent comptant.

Pour la famille, cette découverte est un coup de massue, mais aussi une confirmation horrible. Elle balaye l’idée de l’accident. La mère de Liam le résume sans détour : « Quelqu’un a fait quelque chose ici. Quelque chose de criminel s’est produit ici. Pour moi, ça le confirme. » L’iPhone de Liam, lui, n’a jamais été retrouvé. Seule certitude donnée par la géolocalisation : il est resté dans le village ou ses environs pendant 15 heures après sa disparition, avant de cesser d’émettre.

Conclusion : l’adrénaline de la vérité et la récompense

Malgré les mois écoulés, l’affaire Liam Toman n’est pas classée, loin de là. Kathleen, sa mère, continue de revenir sans cesse à Tremblant, distribuant des dépliants, s’assurant que personne n’oublie le visage de son fils. C’est l’adrénaline de la vérité, celle qui vous pousse à avancer quand tout semble s’effondrer. Elle exprime ce sentiment horrible, cette solitude qui ne quitte jamais : « Vous n’arrivez pas à croire que cela est réellement en train de se passer. […] Vous êtes déterminé à découvrir la vérité. »

Le manque est universel pour ceux qui l’aimaient. Shireen, sa meilleure amie, confie qu’elle continue de lui envoyer des textos pour lui raconter sa journée. C’est une manière de garder le lien, je suppose. En attendant des réponses, la famille et les amis tentent de rester forts, même si les jours et les mois s’accumulent sans nouvelles.

Pour toute information qui permettrait enfin de localiser Liam, l’organisme Jeunesse au soleil offre une récompense de 10 000 $. Toute information doit être transmise à la Sûreté du Québec au 1-800-659-4264. Gardons les yeux ouverts.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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