Cancer du sang : l’espoir des nouveaux traitements contre le myélome multiple freiné par les inégalités et les coupes budgétaires
Adam David - 2025-11-12 19:58
credit : lemorning.ca (image IA)
L’ombre et la lumière dans la lutte contre le myélome multiple
Le parcours semé d’embûches d’un diagnostic tardif

Monique Hartley-Brown, chercheuse au Dana-Farber Cancer Institute, confirme que cette expérience est très fréquente, surtout chez les patients noirs. Elle souligne qu’en moyenne, les patients doivent voir leur médecin traitant trois fois avant d’obtenir un diagnostic précis. Pendant ce temps, la maladie, insidieuse, cause des fractures, une anémie sévère et des problèmes rénaux. C’est terrifiant.
Une maladie qui frappe plus fort la communauté afro-américaine

Les chiffres ne mentent jamais. Non seulement le myélome multiple est le cancer du sang le plus souvent diagnostiqué chez les Afro-Américains, mais en plus, le taux de mortalité reste nettement supérieur. On voit ici la cruelle intersection entre la biologie et l’accès aux soins. Pire encore : les patients noirs et hispaniques reçoivent moins souvent les toutes dernières thérapies. Et quand ils y ont accès, c’est généralement plus tardivement que les patients blancs, selon la Multiple Myeloma Research Foundation.
Pour s’en convaincre, il suffit de regarder les essais cliniques. Une analyse de 2022 a révélé que les patients noirs ne représentaient qu’environ 4 % des participants aux essais d’approbation de nouveaux médicaments pour le myélome multiple soumis à la FDA, alors qu’ils constituent près de 20 % des personnes vivant avec cette maladie. Comment peut-on être certain que les traitements sont aussi efficaces pour cette population si elle est aussi sous-représentée ? C’est une question qui me tracasse beaucoup.
L’ombre des coupes budgétaires plane sur l’innovation

Jim Washington : le bénéfice des thérapies de pointe

Cinq ans plus tard, le cancer est revenu. Mais Washington, qui est afro-américain, était en position privilégiée pour bénéficier des dernières avancées. Il a reçu, par exemple, la thérapie CAR T-cell, approuvée en 2021. Ce traitement consiste à modifier génétiquement les cellules T du patient pour qu’elles puissent mieux reconnaître et détruire les cellules cancéreuses. Il a noté que cette deuxième phase de traitement était beaucoup moins fatigante que la première. C’est la preuve vivante des progrès, mais aussi du fait que l’accès rapide et optimal fait toute la différence.
Les obstacles logistiques aux essais cliniques

Alors, comment expliquer que Washington ait bénéficié du meilleur traitement possible alors que d’autres, comme Diane Hunter (qui a eu un diagnostic tardif), ont dû se battre ? Pour Monique Hartley-Brown, la faible participation des patients noirs aux essais cliniques est multifactorielle. Il y a, bien sûr, l’historique de méfiance envers le système médical, souvent justifiée par le passé.
Mais il y a surtout des obstacles logistiques très concrets. Imaginez : si vous vivez dans une zone mal desservie, ou si votre médecin de quartier n’offre pas d’essais cliniques, il faut se déplacer. Le patient peut avoir des limitations pour se rendre à l’établissement affilié à l’essai. L’argent, le temps, le transport… tout ça compte énormément. Ces obstacles structurels décident, en fin de compte, qui survit et qui ne survit pas. C’est une réalité brutale dont on doit se préoccuper collectivement.
Le mot « guérison » est désormais audible

Malgré toutes ces ombres, il faut retenir l’immense espoir. Diane Hunter, qui est en rémission depuis juillet 2017 suite à son traitement (une immunothérapie suivie d’une greffe de cellules souches), est maintenant co-animatrice d’un groupe de soutien et défenseure des patients. Elle se considère chanceuse, même avec son diagnostic retardé.
Elle raconte qu’en seulement huit ans, la perception autour du myélome multiple a commencé à changer. Longtemps décrit comme une maladie traitable mais incurable, on voit maintenant un sous-ensemble croissant de patients rester exempts de maladie pendant de très nombreuses années. Elle a même rencontré des gens qui vivent avec la maladie depuis 30 ans !
Ce n’est pas rien. Elle conclut avec optimisme que « le mot ‘guérison’ est désormais audible ». C’est une phrase puissante, qui donne la mesure des progrès accomplis, même s’il nous reste encore un chemin difficile à parcourir pour garantir que ces avancées bénéficient absolument à tout le monde, sans exception.
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Selon la source : medicalxpress.com
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