Santé Québec retire les publicités trompeuses des banques privées de sang de cordon dans ses hôpitaux

Santé Québec retire les publicités trompeuses des banques privées de sang de cordon dans ses hôpitaux credit : lemorning.ca (image IA)

La fin de la promotion privée dans les maternités

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C’est une nouvelle plutôt importante pour tous ceux qui attendaient un enfant ou qui s’intéressent à l’éthique médicale : Santé Québec vient de frapper du poing sur la table. Suite à une enquête assez percutante menée par l’équipe de l’émission *La facture*, la société d’État a pris une décision forte. Dorénavant, fini les publicités des banques privées de sang de cordon dans nos établissements de santé publics. Le 30 octobre dernier, une directive claire a été émise pour corriger ce qui était perçu comme une situation problématique.Pour nous, les citoyens, c’est avant tout une histoire de protection. On ne veut plus que les futurs parents, souvent déjà stressés par l’arrivée d’un bébé, se fassent vendre des « assurances biologiques » coûteuses et, soyons honnêtes, très souvent inutiles, directement là où ils viennent chercher des soins.

Public contre privé : pourquoi la confusion est dangereuse

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Pour comprendre l’enjeu, il faut distinguer deux choses : la banque publique et les banques privées. Le sang de cordon, c’est vrai, contient des cellules souches. Ces cellules sont précieuses et peuvent traiter des maladies graves, comme la leucémie. Quand on en a besoin pour une greffe, les médecins se tournent presque toujours vers des banques publiques, notamment Héma-Québec, qui recueille ces dons gratuitement.Les banques privées, elles, fonctionnent sur un modèle d’exclusivité. On vous propose de payer des milliers de dollars (oui, des milliers!) pour entreposer le sang de cordon de *votre* enfant, au cas où il en aurait besoin un jour. C’est présenté comme une sorte de filet de sécurité familial.

Mais, le problème soulevé par les experts est flagrant : la probabilité que l’enfant utilise son propre sang de cordon est incroyablement mince. Et pire encore, en cas de leucémie, on ne peut généralement pas réinjecter le sang contaminé par la maladie; il faut un donneur externe. Cela rend l’argument de « l’assurance biologique » plutôt fragile, vous ne trouvez pas?

Des échantillons payants qui ne servent peut-être à rien

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L’enquête de *La facture* a révélé des choses franchement troublantes. On parle de banques privées qui entreposeraient des échantillons qui ne sont même pas utilisables : soit parce qu’ils sont contaminés, soit parce qu’ils ne contiennent pas assez de cellules pour être efficaces lors d’une greffe. Imaginez : vous payez, année après année, pour une « assurance » qui pourrait s’avérer complètement bidon au moment critique. C’est vraiment le genre de nouvelle qui donne envie de s’arracher les cheveux. C’est, je cite, « une tromperie à grande échelle », selon l’Office de la protection du consommateur.Et ce n’est pas tout. Ces entreprises privées gonflaient souvent leurs statistiques, parlant de 50 000 greffes réalisées dans le monde, sans préciser que l’immense majorité de ces greffes provenaient des banques… publiques! Certaines allaient même jusqu’à suggérer que le sang de cordon pourrait bientôt traiter l’autisme ou d’autres conditions neurologiques, une affirmation qui manque totalement de preuves scientifiques sérieuses.

Rappel à l’ordre déontologique pour les professionnels

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Ce n’est pas seulement l’industrie qui est visée, mais aussi certains professionnels de la santé qui y collaboraient. Le reportage a trouvé des dépliants et affiches promotionnelles dans plusieurs lieux, notamment deux grands hôpitaux : le CUSM et l’Hôpital général juif.Le CUSM a rapidement retiré ses affiches, tout en affirmant n’avoir reçu aucune rémunération. Cependant, l’Hôpital général juif a dû admettre qu’une entente liait certains de ses médecins à une banque privée (Cells for life, détenue par CooperSurgical). Bien que l’hôpital ait refusé de divulguer les détails financiers de cette entente (qui, selon eux, est maintenant échue), un porte-parole du CIUSSS a fini par admettre que les profits servaient à rémunérer les médecins et à financer des initiatives pour les employés. Ça pose question sur l’impartialité des conseils donnés aux patientes, n’est-ce pas?

Face à ce genre de situation, le Collège des médecins du Québec (CMQ) a envoyé un rappel déontologique très clair à tous ses membres. On leur rappelle qu’ils doivent exercer en se basant sur la science, et surtout, qu’ils doivent rester à l’abri de tout conflit d’intérêts. Solliciter sa patientèle, même indirectement, c’est contre les obligations éthiques. C’est une excellente nouvelle, comme l’a souligné l’hématologue Pierre Laneuville : « Ça va protéger le public, c’était vraiment la chose à faire. »

Le combat se déplace sur les réseaux sociaux

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Attention, ce n’est pas parce que Santé Québec a agi que les banques privées disparaissent complètement du Québec. Elles sont toujours légales! C’est juste qu’elles ne peuvent plus s’installer tranquillement dans nos établissements publics. Elles peuvent continuer de s’associer avec des cliniques qui ne dépendent pas de Santé Québec, ou encore, elles peuvent redoubler d’efforts sur les réseaux sociaux. C’est là que l’Office de la protection du consommateur (OPC) entre en jeu.L’OPC, par la voix de Charles Tanguay, a dit avoir rehaussé sa vigilance. Pourquoi? Parce que la Loi sur la protection du consommateur permet de sanctionner non seulement le commerçant qui fait des représentations fausses, mais aussi la personne qui diffuse le message. Ça inclut les fameuses « influenceuses » qui collaborent parfois avec ces entreprises pour attirer les parents.

D’ailleurs, Ovo Biosurance, la seule banque québécoise du genre, se défend en affirmant que son service est un « geste de prévoyance et de responsabilité familiale ». On comprend leur point de vue, mais après tout ce qu’on a entendu, on a le droit de douter de la pureté de leurs intentions, non?

Un exemple que le reste du Canada devrait suivre?

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Pour l’instant, le Québec est plutôt en avance sur ce point. Ailleurs au Canada, les banques privées sont très actives, particulièrement en Ontario. Le Dr David Mitchell, expert en greffes de cellules souches, pense sincèrement que les autres provinces devraient s’inspirer de la décision de Santé Québec. « Il est temps que les mêmes principes s’appliquent partout. La désinformation médicale n’a sa place dans aucune province », a-t-il déclaré.Il faut dire que l’industrie a déjà eu de sérieux problèmes ailleurs. Pensez à l’Alberta, où la banque privée CCBR a été sanctionnée par Santé Canada pour de graves problèmes de salubrité! Malgré cela, ils continuent de facturer des frais d’entreposage à leurs clients existants, sans même les informer de l’état de leurs échantillons potentiellement contaminés. C’est franchement scandaleux, et le Bureau de la concurrence surveille de près, sans confirmer pour l’instant l’ouverture d’une enquête. Pendant ce temps, n’oublions pas que dans certains pays, comme la France, ces banques privées sont tout simplement interdites.

Conclusion : Un pas vers une information juste et exempte de conflits

En fin de compte, la directive de Santé Québec représente un pas essentiel vers la protection de la population et garantit que l’information fournie aux futurs parents dans les hôpitaux soit juste et surtout, exempte d’intérêts financiers. C’est un rappel déontologique important pour les médecins et une victoire pour la transparence. On peut se réjouir que l’État agisse pour nous prémunir contre ces publicités trompeuses qui exploitaient l’espoir et l’inquiétude naturelle des jeunes familles.Si vous êtes concernés par le don de sang de cordon, tournez-vous vers la banque publique d’Héma-Québec. C’est gratuit et c’est là que l’aide médicale est la plus efficace pour la communauté.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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