La peur du chacun pour soi : comment les agriculteurs de Lanoraie s’inquiètent de la future gestion de l’eau
Adam David - 2025-11-10 08:41
credit : lemorning.ca (image IA)
Quand la camaraderie cède la place à l’anxiété

L’Union des producteurs agricoles (UPA) le dit clairement : si les prélèvements sont limités, certains devront peut-être tout simplement laisser tomber leurs cultures. C’est la panique, je dois dire, surtout quand on sait à quel point l’eau est précieuse dans cette région.
L’esprit de bon voisinage à l’épreuve des sécheresses

Mais, Francis Desrochers, accoté sur sa pompe d’irrigation, le dit sans détour : tant qu’il y a de l’eau, tout le monde est heureux. Mais dès que ça se corse, les gens arrêtent de travailler en équipe. La crainte est réelle : que l’entraide se change en une course pour obtenir le peu d’eau autorisé. Certains pourraient se dire : « moi, j’aurai de l’eau et toi, t’en auras pas. » Ça me fend le cœur d’imaginer ça, vous savez.
Le projet pilote et l’inquiétude d’être les prochains

Un rapport de recherche récent, baptisé SCELANEAU (je vous jure que j’ai du mal avec ces acronymes!), a déjà confirmé que les producteurs ici ont déjà manqué d’eau par le passé. Les niveaux sont trop bas pour prélever. Francis Desrochers confie que des chicanes, ou des discussions tendues si vous préférez, ont déjà commencé. Selon lui, ce n’est pas l’abaissement des niveaux d’eau qui cause problème, mais « c’est la réglementation qui est en train de nous mettre en chicane les uns contre les autres. »
L’échéance des permis et l’intervention ministérielle

Le vrai point de friction, c’est l’échéance des exemptions. Beaucoup d’agriculteurs pouvaient déclarer leurs volumes sans renouveler d’autorisation, mais cela va bientôt changer. Ils vont devoir demander des autorisations. C’est là qu’ils craignent d’être limités. Francis Desrochers sait que les quantités d’eau déclarées par les agriculteurs — qui sont obligatoires — ont le potentiel d’« effrayer » le Ministère et de le forcer à revoir les volumes autorisés. Et si l’eau autorisée est insuffisante, l’UPA craint que certains soient forcés d’abandonner des cultures. C’est dramatique, non?
Le cercle vicieux du climat et la tourbière sous surveillance

Il y a aussi l’histoire de la tourbière de Lanoraie. C’est une zone sensible que le gouvernement et les chercheurs surveillent parce qu’elle s’assèche progressivement. Pendant 75 ans, les agriculteurs ont utilisé cette tourbière comme un tampon, construisant des étangs qui se remplissent avec l’eau souterraine qui s’y écoulait. Ils pompent ensuite cette eau pour irriguer. Forcément, l’impact de l’agriculture sur cet écosystème inquiète le MELCCFP. Est-ce que la protection de la tourbière pourrait être l’excuse, ou la raison, pour leur serrer davantage la vis? C’est une question que, franchement, je me pose aussi.
La limite des 15 % : une règle impossible à tenir

Le rapport SCELANEAU a d’ailleurs mis le doigt sur cette problématique, en faisant les calculs. En juillet, les prélèvements théoriques des agriculteurs peuvent atteindre 53 % du débit. En août, on parle de 83 %! Comment voulez-vous que les agriculteurs respectent un seuil de 15 % quand leurs besoins réels sont cinq fois supérieurs en pleine sécheresse? C’est une source de conflit assurée, selon les auteurs du rapport.
Nourrir le monde avec une vision à long terme

Il y a clairement un non-sens, comme il le dit. On impose des limites drastiques aux producteurs, mais beaucoup de monde prend des douches de vingt minutes ou lave sa voiture sans compter. La gestion de l’eau ne peut pas reposer uniquement sur ceux qui sont essentiels pour nous nourrir. Le sort de l’entraide à Lanoraie, et la pérennité de ces cultures, dépendra de la capacité du Ministère à trouver un équilibre entre la protection de l’environnement (notamment la tourbière) et les besoins vitaux de l’agriculture québécoise.
Selon la source : ici.radio-canada.ca
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