La COP30 de Belém : dix ans après l’Accord de Paris, où en sommes-nous face à la cible du 1,5 °C ?

La COP30 de Belém : dix ans après l’Accord de Paris, où en sommes-nous face à la cible du 1,5 °C ? credit : lemorning.ca (image IA)

La COP de la vérité aux portes de l’Amazonie

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Dix ans. C’est le temps qui s’est écoulé depuis que le monde entier a ratifié l’Accord de Paris, ce grand pacte censé nous guider dans la lutte contre les changements climatiques. Et pourtant, quand on regarde dehors, on se demande si on a vraiment fait des progrès, n’est-ce pas ?

Cette année, l’attention se tourne vers Belém, au Brésil, aux portes mêmes de la forêt amazonienne, pour la COP30. Le président brésilien Lula l’a dit clairement : cette rencontre doit être la « COP de la vérité », un moment où l’on doit agir avant qu’il ne soit trop tard, « avant que tout espoir soit perdu ». Du 10 au 21 novembre, les États devront prouver que leurs plans sont assez solides pour maintenir l’augmentation des températures entre le seuil critique de 1,5 °C et 2 °C, par rapport à l’ère préindustrielle. C’est ambitieux, c’est vrai, et la pression est immense. Imaginez, une femme autochtone, Wia Cahuiya, a même entrepris un voyage à la nage de 3000 km à travers l’Amazonie jusqu’au sommet, juste pour se faire entendre. Ça donne la mesure de l’urgence.

L’Accord de Paris : un succès mitigé mais essentiel

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Alors, cet Accord de Paris, il a servi à quelque chose ? C’est une question légitime. Le constat est difficile : depuis 2015, on n’a jamais vu autant de gaz à effet de serre (GES) dans l’atmosphère, et les températures n’arrêtent pas de monter. Si l’on s’en tient uniquement aux résultats de nos actions actuelles, les cibles nationales (les fameuses « NDCs ») ne suffisent pas, et on risque encore de grimper entre 2,3 °C et 2,5 °C. Franchement, ça ne donne pas envie de sauter au plafond.

Mais il faut voir le verre à moitié plein. Camille Martini, spécialiste du droit international environnemental, nous le rappelle : sans cet accord, nous frôlerions plutôt les 4 °C d’augmentation. Quatre degrés ! C’est une catastrophe assurée. Donc, oui, il y a eu des résultats concrets. Le traité, même s’il n’a pas de sanctions directes pour les « mauvais élèves », maintient un dialogue crucial. C’est l’un des derniers endroits où toutes les voix, même les plus petites, comptent de manière égale. Et surtout, il offre des leviers légaux aux citoyens pour exiger une action climatique plus musclée devant les tribunaux.

Priorité aux pays du sud et au financement

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Les négociations de Belém devront absolument faire progresser un dossier vital : l’argent. Les pays en développement, souvent appelés les pays du Sud, sont ceux qui subissent les aléas du climat de plein fouet – inondations, sécheresses, canicules… Pourtant, ils n’ont pas forcément les moyens de s’adapter.

Ils sont nombreux, d’ailleurs, à faire monter la pression pour que les pays riches tiennent enfin leurs promesses financières. C’est l’essence même de la justice climatique, je suppose. On ne peut pas demander aux communautés autochtones, par exemple, de protéger l’Amazonie si elles ne voient jamais la couleur des sommes promises pour les aider à le faire, n’est-ce pas ? La question du financement et de la restauration des forêts tropicales sera donc au cœur des discussions, avec des attentes très claires de la part du Brésil.

Le désengagement américain complique-t-il la donne?

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Bien sûr, il faut parler de l’éléphant dans la pièce : les États-Unis. On a vu l’administration Trump relancer, par décrets, la production massive de pétrole, de gaz et de charbon, cherchant une illusoire « domination énergétique ». Le pire, selon Camille Martini, c’est que cette fois, le retrait des États-Unis n’est pas passif. Ils essaient activement de dissuader les autres pays d’agir, que ce soit par des menaces commerciales ou des incitations directes. C’est décevant, pour ne pas dire alarmant, de voir le deuxième plus grand pollueur de la planète refuser d’envoyer un représentant de haut niveau à la COP30.

Ça met un poids énorme sur les épaules des autres nations. Cependant, comme David Waskow le souligne, le monde entier ne va pas s’arrêter de tourner à cause de ça. Plus de 160 États seront présents pour chercher des solutions, ce qui montre un engagement qui, lui, est bien réel et durable.

La vague verte semble inéluctable

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Malgré les tentatives de freiner le mouvement, on assiste globalement à une accélération très nette vers les énergies renouvelables. Qui pourrait le nier ? Pensez aux véhicules électriques, aux batteries… David Waskow y voit une tendance « inéluctable » qui s’accélère chaque année. Ça, c’est encourageant !

Même la Chine, le plus grand pollueur du globe, semble vouloir tirer profit de cette transition. Historiquement très dépendante du charbon, elle tente maintenant de se positionner en leader des énergies propres. Pour la première fois, Pékin a annoncé vouloir réduire ses émissions de 7 à 10 % d’ici 2035. C’est une première, et c’est un signal fort pour le reste du monde, signalant peut-être une nouvelle ère de compétition verte.

1,5 °C : la boussole que nous devons suivre

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Est-ce que l’objectif de 1,5 °C est encore réaliste ? Honnêtement, les projections montrent que nous allons probablement dépasser ce seuil d’ici la fin de la décennie si on ne change rien. On pourrait se dire : « À quoi bon continuer à y croire ? »

Mais Camille Martini insiste : ce 1,5 °C reste la boussole indispensable. C’est le niveau d’ambition que la Cour internationale de justice (CIJ) a d’ailleurs renforcé cette année. Après un combat mené par des étudiants, la CIJ a tranché que les États ont une obligation fondamentale de combattre ces changements. Pour la Cour, l’Accord de Paris n’est pas un menu à la carte ; c’est l’objectif le plus ambitieux (+1,5 °C) qui doit être suivi. Ceux qui s’y soustraient pourraient bien se retrouver devant les tribunaux, et ça, c’est une pression que même les plus grands dirigeants ne peuvent ignorer.

L’analogie de la fièvre : chaque dixième de degré compte

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Si vous avez déjà eu une grosse grippe, vous savez que chaque fraction de degré de fièvre compte. On ne se dit jamais : « Peu importe si je fais 40 °C ! » On va tout faire pour revenir à la normale. David Waskow utilise cette analogie simple et percutante pour notre planète. Chaque dixième de degré de réchauffement est un risque accru de crise.

On l’a vu en 2025, non ? Les vagues de chaleur insoutenables en Europe, les inondations terribles au Texas, les feux de forêt qui ravageaient l’Espagne jusqu’aux Balkans. Ce sont des rappels brutaux des effets dévastateurs de notre climat qui s’emballe. Maintenir la cible de 1,5 °C n’est pas juste un chiffre politique, c’est notre seule garantie pour avoir une planète viable et saine pour nous tous. Il doit absolument rester notre référence.

Conclusion : le long chemin vers la viabilité

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La COP30 à Belém est plus qu’une simple réunion ; c’est un baromètre de la sincérité de nos dirigeants, dix ans après l’Accord de Paris. Le chemin est long, certes, et les concentrations de GES continuent d’augmenter. Cependant, l’accord a eu un effet essentiel : il nous a évité le pire scénario (4 °C) et il a créé une obligation morale et légale.

Il est impératif que les États, lors de cette « COP de la vérité », fassent preuve d’une solidité et d’une ambition accrues, notamment en débloquant les fonds pour les pays les plus vulnérables. Et même si certains acteurs puissants, comme les États-Unis de l’administration Trump, tentent de saboter l’effort, la boussole du 1,5 °C doit rester ferme. C’est la seule façon de garantir un avenir moins chaotique pour les générations futures.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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