La COP30 de Belém : dix ans après l’Accord de Paris, où en sommes-nous face à la cible du 1,5 °C ?
Mathieu Gagnon - 2025-11-10 06:39
credit : lemorning.ca (image IA)
La COP de la vérité aux portes de l’Amazonie

Cette année, l’attention se tourne vers Belém, au Brésil, aux portes mêmes de la forêt amazonienne, pour la COP30. Le président brésilien Lula l’a dit clairement : cette rencontre doit être la « COP de la vérité », un moment où l’on doit agir avant qu’il ne soit trop tard, « avant que tout espoir soit perdu ». Du 10 au 21 novembre, les États devront prouver que leurs plans sont assez solides pour maintenir l’augmentation des températures entre le seuil critique de 1,5 °C et 2 °C, par rapport à l’ère préindustrielle. C’est ambitieux, c’est vrai, et la pression est immense. Imaginez, une femme autochtone, Wia Cahuiya, a même entrepris un voyage à la nage de 3000 km à travers l’Amazonie jusqu’au sommet, juste pour se faire entendre. Ça donne la mesure de l’urgence.
L’Accord de Paris : un succès mitigé mais essentiel

Mais il faut voir le verre à moitié plein. Camille Martini, spécialiste du droit international environnemental, nous le rappelle : sans cet accord, nous frôlerions plutôt les 4 °C d’augmentation. Quatre degrés ! C’est une catastrophe assurée. Donc, oui, il y a eu des résultats concrets. Le traité, même s’il n’a pas de sanctions directes pour les « mauvais élèves », maintient un dialogue crucial. C’est l’un des derniers endroits où toutes les voix, même les plus petites, comptent de manière égale. Et surtout, il offre des leviers légaux aux citoyens pour exiger une action climatique plus musclée devant les tribunaux.
Priorité aux pays du sud et au financement

Ils sont nombreux, d’ailleurs, à faire monter la pression pour que les pays riches tiennent enfin leurs promesses financières. C’est l’essence même de la justice climatique, je suppose. On ne peut pas demander aux communautés autochtones, par exemple, de protéger l’Amazonie si elles ne voient jamais la couleur des sommes promises pour les aider à le faire, n’est-ce pas ? La question du financement et de la restauration des forêts tropicales sera donc au cœur des discussions, avec des attentes très claires de la part du Brésil.
Le désengagement américain complique-t-il la donne?

Ça met un poids énorme sur les épaules des autres nations. Cependant, comme David Waskow le souligne, le monde entier ne va pas s’arrêter de tourner à cause de ça. Plus de 160 États seront présents pour chercher des solutions, ce qui montre un engagement qui, lui, est bien réel et durable.
La vague verte semble inéluctable

Même la Chine, le plus grand pollueur du globe, semble vouloir tirer profit de cette transition. Historiquement très dépendante du charbon, elle tente maintenant de se positionner en leader des énergies propres. Pour la première fois, Pékin a annoncé vouloir réduire ses émissions de 7 à 10 % d’ici 2035. C’est une première, et c’est un signal fort pour le reste du monde, signalant peut-être une nouvelle ère de compétition verte.
1,5 °C : la boussole que nous devons suivre

Mais Camille Martini insiste : ce 1,5 °C reste la boussole indispensable. C’est le niveau d’ambition que la Cour internationale de justice (CIJ) a d’ailleurs renforcé cette année. Après un combat mené par des étudiants, la CIJ a tranché que les États ont une obligation fondamentale de combattre ces changements. Pour la Cour, l’Accord de Paris n’est pas un menu à la carte ; c’est l’objectif le plus ambitieux (+1,5 °C) qui doit être suivi. Ceux qui s’y soustraient pourraient bien se retrouver devant les tribunaux, et ça, c’est une pression que même les plus grands dirigeants ne peuvent ignorer.
L’analogie de la fièvre : chaque dixième de degré compte

On l’a vu en 2025, non ? Les vagues de chaleur insoutenables en Europe, les inondations terribles au Texas, les feux de forêt qui ravageaient l’Espagne jusqu’aux Balkans. Ce sont des rappels brutaux des effets dévastateurs de notre climat qui s’emballe. Maintenir la cible de 1,5 °C n’est pas juste un chiffre politique, c’est notre seule garantie pour avoir une planète viable et saine pour nous tous. Il doit absolument rester notre référence.
Conclusion : le long chemin vers la viabilité

Il est impératif que les États, lors de cette « COP de la vérité », fassent preuve d’une solidité et d’une ambition accrues, notamment en débloquant les fonds pour les pays les plus vulnérables. Et même si certains acteurs puissants, comme les États-Unis de l’administration Trump, tentent de saboter l’effort, la boussole du 1,5 °C doit rester ferme. C’est la seule façon de garantir un avenir moins chaotique pour les générations futures.
Selon la source : ici.radio-canada.ca
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