Quand l’école s’attaque à l’ouragan de la mode éphémère

Quand l’école s’attaque à l’ouragan de la mode éphémère credit : lemorning.ca (image IA)

L’urgence d’éduquer les jeunes consommateurs

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C’est un sujet qui fâche, qui coûte cher à la planète et qui remplit nos poubelles : la surconsommation textile. Et figurez-vous que les dégâts causés par cette quête incessante du « nouveau modèle » sont désormais étudiés, tenez-vous bien, directement sur les bancs d’école au Québec. Moi, je trouve ça génial, parce que c’est bien beau de parler d’environnement, mais il faut s’attaquer aux racines du problème, non?

Dans une poignée d’écoles secondaires, un tout nouveau module fait son apparition. Il est intégré au cours de Culture et citoyenneté québécoise, et vise à sensibiliser nos jeunes, ceux qui sont souvent les plus touchés par ces tendances ultra rapides, aux enjeux colossaux de l’industrie du vêtement.

Le problème : un surplus alarmant dans les poubelles

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Les chiffres, malheureusement, parlent d’eux-mêmes. J’ai été franchement surprise de voir l’ampleur du phénomène. Selon les dernières données de Recyc-Québec, on a constaté une hausse franchement inquiétante, pas moins de 19 % d’augmentation des matières textiles qui ont fini leur vie à l’incinération ou à l’enfouissement entre 2019 et 2023. C’est beaucoup, beaucoup trop, vous ne trouvez pas?

Il faut dire que la quantité de vêtements que nous jetons a plus que doublé au Québec en une douzaine d’années. On parle de 344 000 tonnes! Cette explosion est directement liée, semble-t-il, à ces marques à très bas prix, comme Shein, qui, paraît-il, inondent le marché de nouveautés chaque jour. Comment résister quand tout est si bon marché?

L’école polyvalente la samare ouvre la voie

C’est dans le Centre-du-Québec, à l’École polyvalente La Samare de Plessisville, que l’initiative prend racine. Dès cet automne, les élèves de secondaire 3, 4 et 5 ont commencé à décortiquer ce monde, souvent sombre, de l’industrie textile. Ce n’est pas un cours obligatoire, mais il est intégré sur une base volontaire — et c’est en cours de développement dans une dizaine d’autres établissements.

Chantal Tourigny, l’enseignante derrière ce module (qui est aussi styliste et formatrice en couture, donc elle sait de quoi elle parle!), n’a pas hésité. Elle avoue être vraiment préoccupée par ce phénomène de « mode jetable » et veut absolument que les jeunes comprennent les tenants et aboutissants. C’est une cause qui lui tient visiblement à cœur, ce qui rend l’enseignement bien plus sincère et efficace, je suppose.

Quand la mode éphémère dicte les budgets adolescents

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Pour certains élèves, cette prise de conscience est un vrai choc. Prenez Gabriel, par exemple, en secondaire 5. Il se dit « un grand consommateur », et franchement, ça m’a estomaquée : il dépense les trois quarts de son argent de poche dans des fringues! Il estime posséder quelque part entre 100 et 200 articles dans sa garde-robe, à son jeune âge. C’est impressionnant.

Même chose pour Jacynthe, qui est une adepte de cette fameuse « ultra mode éphémère ». Elle adore le « beau linge » et achète énormément en ligne, inspirée par les influenceuses qu’elle suit. Elle l’a avoué, ces personnes sur Internet lui donnent envie d’acheter. C’est là qu’on voit à quel point le marketing et les médias sociaux dirigent nos habitudes, et celles de nos enfants.

Les impacts environnementaux et sociaux sont colossaux

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Le cours commence évidemment par les conséquences. Chantal Tourigny s’assure que les élèves comprennent bien que ce n’est pas seulement une question d’espace dans la penderie. C’est un problème global. Saviez-vous que 25 % des pesticides utilisés dans le monde sont réservés uniquement à la culture du coton? Moi, je l’ignorais!

On parle aussi du voyage interminable que font nos habits, des teintures vraiment polluantes et toxiques qui finissent dans la nature, sans oublier la catastrophe des microplastiques qui envahissent nos océans quand on lave nos vêtements synthétiques. Et puis, bien sûr, il y a la dimension humaine : les conditions de travail très difficiles, voire misérables, des milliers de travailleurs du textile à l’étranger. L’enseignante a dit que ces révélations avaient « brassé un peu » les élèves. C’est normal. Océane, une élève, confie qu’elle ne savait pas que c’était « aussi intense », mais que c’est essentiel d’en prendre conscience.

Offrir des solutions, sans culpabiliser personne

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La grande force de cette démarche pédagogique, c’est qu’elle est constructive. Chantal Tourigny insiste bien là-dessus : pas question de faire la morale ou de générer de l’écoanxiété chez des jeunes qui sont déjà stressés par tant de problèmes mondiaux. L’idée, c’est d’exposer clairement les solutions, de montrer qu’on peut agir sans se sentir coupable à chaque achat. C’est une approche que j’applaudis.

Les conseils sont variés et pratiques : réduire, acheter local, privilégier le durable, penser aux vêtements d’occasion, mais aussi se mettre à la réparation ou faire des dons plutôt que de jeter. L’objectif premier est d’empêcher que des vêtements, souvent portés deux ou trois fois à peine, finissent à l’enfouissement. C’est tellement du gaspillage, non?

Quand l’éducation s’inspire des influenceurs

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Ce module a été monté grâce à Thomas Dutrey-Grébert, qui est chargé de projet en transition écologique chez Concertation Montréal. Son travail est d’ailleurs soutenu par le ministère de l’Environnement du Québec. L’idée, c’était de créer un plan de cours qui parle vraiment aux jeunes, qui tienne compte de leurs habitudes de vie. C’est malin, ça.

Pour enseigner la critique de la mode rapide, les élèves ne lisent pas des manuels barbants. Ils étudient des contenus qui leur sont familiers : des posts sur les réseaux sociaux, des « réels » ou des courtes vidéos. L’objectif pédagogique derrière tout ça? Augmenter leur capacité à faire des choix responsables, à se poser les bonnes questions avant de cliquer sur « acheter ».

Les premiers pas vers un changement de réflexe

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Ce qui est encourageant, c’est que les effets du cours sont presque immédiats. On dirait que les élèves attendent juste qu’on leur montre le chemin. Dès la fin du module, plusieurs ont manifesté leur désir de changer leurs habitudes. Clara veut faire le tri dans sa garde-robe et vraiment étudier la provenance des produits. Amélia veut réduire sa consommation et acheter local. Océane, qui avait découvert l’intensité du problème, pense même à magasiner des vêtements d’occasion pour son bal de finissants — c’est un signe fort!

Thomas Dutrey-Grébert a raison : il est beaucoup plus facile de créer de bons réflexes chez les jeunes que d’essayer de « déconstruire » les mauvaises habitudes déjà bien ancrées chez les adultes. L’école, c’est vraiment le bon endroit pour commencer ce virage. Ça donne de l’espoir, sincèrement.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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