Vague de départs chez les conservateurs : Carney accusé de tactiques « non démocratiques » pour obtenir la majorité
Mathieu Gagnon - 2025-11-08 20:26
credit : lemorning.ca (image IA)
Un tremblement de terre au caucus conservateur

C’est une accusation très lourde, et elle place le gouvernement dans une position délicate, surtout à l’approche du vote sur le budget. C’est le genre de situation où les rumeurs vont bon train, et où la pression monte en flèche, tant pour les libéraux qui sentent la majorité leur tendre les bras, que pour les conservateurs qui voient leur cohésion s’effriter.
L’artillerie lourde d’Andrew Scheer

Pour Scheer, le timing n’est pas un hasard. Il est persuadé qu’il s’agit d’une pure tactique libérale pour, tenez-vous bien, détourner l’attention du public du budget fédéral, déposé trois jours plus tôt. Avouons que c’est bien pratique, n’est-ce pas ?
Il a martelé que les Canadiens, lors des dernières élections, avaient fait un choix clair : celui d’un gouvernement minoritaire. Ce choix impliquait, selon lui, d’avoir une opposition forte pour garantir que le premier ministre Mark Carney rende des comptes. Mais voilà, selon Scheer, M. Carney, n’ayant pas obtenu la majorité des voix des électeurs, essaie tout de même de s’en constituer une « par des moyens antidémocratiques, au moyen d’accords secrets et de pressions excessives ». Ça, c’est ce qu’on appelle lancer le pavé dans la mare !
Le transfert stratégique de Chris d’Entremont
Ce transfert est capital en chiffres : les libéraux sont passés cette semaine de 169 à 170 députés. Et comme il faut 172 sièges pour obtenir la majorité parlementaire, il ne leur manque maintenant que deux petits votes pour faire adopter ce budget qui fait tant parler de lui.
L’échéance du vote sur un budget controversé

Un vote de confiance est prévu pour la semaine du 17 novembre. Même si le gouvernement a déjà survécu cette semaine à deux autres votes de confiance – un lié à un amendement du Bloc et l’autre à un sous-amendement du Parti conservateur visant à rejeter le budget –, obtenir la majorité simplifierait grandement la suite des choses. Et c’est bien sûr pour ça que les Libéraux semblent si déterminés à recruter.
Les départs qui ébranlent Poilievre

M. d’Entremont, le député néo-écossais, n’a d’ailleurs pas mâché ses mots pour justifier son changement de camp. Il a clairement critiqué le style de leadership de Poilievre, affirmant qu’il ne se sentait plus « en phase avec les idéaux » du chef. Il a ajouté qu’il était temps « de s’efforcer d’améliorer le pays au lieu de le dénigrer et de persister dans la négativité ». C’est une accusation très directe qui vient de l’intérieur, ce qui est souvent plus douloureux.
Quant à Matt Jeneroux, qui a annoncé sa démission pour le printemps, il a évoqué son désir de passer plus de temps en famille. Il a nié toute pression, même si — et ça, c’est important — une source libérale a confirmé à CBC qu’il avait bel et bien rencontré M. Carney plus tôt cette semaine. Ça laisse planer un doute, vous ne trouvez pas?
La ligne rouge des menaces à la famille

Son collègue, Gérard Deltell, a réagi très fortement à cette bassesse, lors d’une entrevue aux Coulisses du pouvoir : « C’est dégueulasse », a-t-il dit. Il a insisté sur cette règle fondamentale : « On peut attaquer les idées, on peut attaquer les décisions… Mais ne touche jamais à la famille. » C’est une ligne rouge qu’on ne devrait jamais franchir, peu importe le parti ou la politique.
Deltell fait la distinction entre les deux cas

D’un côté, vous avez M. Jeneroux qui annonce qu’il quitte la politique dans six mois pour des raisons, disons, personnelles. Et de l’autre, vous avez M. d’Entremont qui traverse la Chambre pour aller rejoindre un parti qui vient de déposer, selon Deltell, « le budget le plus déficitaire de l’histoire du Canada. » Ce n’est pas tout à fait la même chose, et il est important de le souligner.
Conclusion : Une liberté parlementaire totale

C’est un aspect de notre démocratie qui est souvent source de frustration pour les partis, mais qui garantit une certaine liberté aux élus. Reste à savoir si Mark Carney réussira à recruter les deux derniers votes pour enfin atteindre cette majorité tant désirée, juste à temps pour le vote sur le budget. L’enjeu est de taille : le gouvernement est à deux doigts de basculer vers une position beaucoup plus confortable.
Selon la source : ici.radio-canada.ca
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