Vague de départs chez les conservateurs : Carney accusé de tactiques « non démocratiques » pour obtenir la majorité

Vague de départs chez les conservateurs : Carney accusé de tactiques « non démocratiques » pour obtenir la majorité credit : lemorning.ca (image IA)

Un tremblement de terre au caucus conservateur

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Franchement, quelle semaine! La politique canadienne a rarement connu un drame parlementaire aussi rapide, c’est le moins qu’on puisse dire. Après la perte coup sur coup de deux de leurs députés en seulement deux jours, les Conservateurs de Pierre Poilievre ont logiquement pris d’assaut la tribune pour tenter de limiter les dégâts. Leur cible ? Le gouvernement libéral de Mark Carney, accusé sans détour de chercher à obtenir une majorité parlementaire par des moyens que l’opposition juge « non démocratiques ».

C’est une accusation très lourde, et elle place le gouvernement dans une position délicate, surtout à l’approche du vote sur le budget. C’est le genre de situation où les rumeurs vont bon train, et où la pression monte en flèche, tant pour les libéraux qui sentent la majorité leur tendre les bras, que pour les conservateurs qui voient leur cohésion s’effriter.

L’artillerie lourde d’Andrew Scheer

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C’est l’ancien chef conservateur, Andrew Scheer, député saskatchewanais de Regina-Qu’Appelle, qui a pris la parole vendredi à Ottawa. Il était visiblement assailli de questions par les journalistes, tentant d’expliquer la défection de Chris d’Entremont (Acadie-Annapolis) aux libéraux et l’annonce de démission de Matt Jeneroux (Edmonton Riverbend).

Pour Scheer, le timing n’est pas un hasard. Il est persuadé qu’il s’agit d’une pure tactique libérale pour, tenez-vous bien, détourner l’attention du public du budget fédéral, déposé trois jours plus tôt. Avouons que c’est bien pratique, n’est-ce pas ?

Il a martelé que les Canadiens, lors des dernières élections, avaient fait un choix clair : celui d’un gouvernement minoritaire. Ce choix impliquait, selon lui, d’avoir une opposition forte pour garantir que le premier ministre Mark Carney rende des comptes. Mais voilà, selon Scheer, M. Carney, n’ayant pas obtenu la majorité des voix des électeurs, essaie tout de même de s’en constituer une « par des moyens antidémocratiques, au moyen d’accords secrets et de pressions excessives ». Ça, c’est ce qu’on appelle lancer le pavé dans la mare !

Le transfert stratégique de Chris d’Entremont

Le moment fort de la semaine, c’était bien sûr la défection de M. d’Entremont. On l’a vu tout sourire aux côtés de Mark Carney. Depuis ce moment, les rumeurs de défections potentielles s’accumulent et ébranlent considérablement le caucus conservateur. Je suppose que c’est normal quand on voit un collègue passer de l’autre côté du jour au lendemain.

Ce transfert est capital en chiffres : les libéraux sont passés cette semaine de 169 à 170 députés. Et comme il faut 172 sièges pour obtenir la majorité parlementaire, il ne leur manque maintenant que deux petits votes pour faire adopter ce budget qui fait tant parler de lui.

L’échéance du vote sur un budget controversé

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Pourquoi cette majorité est-elle si cruciale, là, maintenant ? C’est une question de timing et d’argent. Le gouvernement Carney doit faire adopter son budget, qui promet des investissements majeurs dans des secteurs clés comme la défense et les infrastructures, mais qui présente surtout un déficit gigantesque de 78 milliards de dollars. C’est beaucoup d’argent, non?

Un vote de confiance est prévu pour la semaine du 17 novembre. Même si le gouvernement a déjà survécu cette semaine à deux autres votes de confiance – un lié à un amendement du Bloc et l’autre à un sous-amendement du Parti conservateur visant à rejeter le budget –, obtenir la majorité simplifierait grandement la suite des choses. Et c’est bien sûr pour ça que les Libéraux semblent si déterminés à recruter.

Les départs qui ébranlent Poilievre

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Au-delà des chiffres, ces deux départs tombent au pire moment pour Pierre Poilievre. Il doit lui-même faire face à un vote de confiance sur son leadership lors du congrès national du parti, qui aura lieu en janvier prochain à Calgary. Difficile de montrer une image de force et de cohésion quand le bateau prend l’eau, même un peu.

M. d’Entremont, le député néo-écossais, n’a d’ailleurs pas mâché ses mots pour justifier son changement de camp. Il a clairement critiqué le style de leadership de Poilievre, affirmant qu’il ne se sentait plus « en phase avec les idéaux » du chef. Il a ajouté qu’il était temps « de s’efforcer d’améliorer le pays au lieu de le dénigrer et de persister dans la négativité ». C’est une accusation très directe qui vient de l’intérieur, ce qui est souvent plus douloureux.

Quant à Matt Jeneroux, qui a annoncé sa démission pour le printemps, il a évoqué son désir de passer plus de temps en famille. Il a nié toute pression, même si — et ça, c’est important — une source libérale a confirmé à CBC qu’il avait bel et bien rencontré M. Carney plus tôt cette semaine. Ça laisse planer un doute, vous ne trouvez pas?

La ligne rouge des menaces à la famille

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Ce qui est vraiment regrettable et franchement dégueulasse dans cette histoire de rumeurs, c’est l’épisode entourant Matt Jeneroux. Avant même qu’il annonce sa démission, des rumeurs de défection circulaient. En réaction, il a dû rendre son compte X privé pour limiter les échanges, car plusieurs internautes avaient publié des messages menaçants contre lui et sa famille.

Son collègue, Gérard Deltell, a réagi très fortement à cette bassesse, lors d’une entrevue aux Coulisses du pouvoir : « C’est dégueulasse », a-t-il dit. Il a insisté sur cette règle fondamentale : « On peut attaquer les idées, on peut attaquer les décisions… Mais ne touche jamais à la famille. » C’est une ligne rouge qu’on ne devrait jamais franchir, peu importe le parti ou la politique.

Deltell fait la distinction entre les deux cas

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M. Deltell a reconnu que la semaine n’avait pas été facile pour le Parti conservateur. C’est la réalité, a-t-il avoué. Cependant, il a tenu à marquer une nette différence entre les deux départs. Et il n’a pas tort, quand on y pense.

D’un côté, vous avez M. Jeneroux qui annonce qu’il quitte la politique dans six mois pour des raisons, disons, personnelles. Et de l’autre, vous avez M. d’Entremont qui traverse la Chambre pour aller rejoindre un parti qui vient de déposer, selon Deltell, « le budget le plus déficitaire de l’histoire du Canada. » Ce n’est pas tout à fait la même chose, et il est important de le souligner.

Conclusion : Une liberté parlementaire totale

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En fin de compte, malgré toutes les accusations et les tensions politiques, il faut se souvenir d’un fait essentiel : la loi ne dit rien à ce sujet. Au Canada, aucune règle n’interdit aux députés de changer de parti quand ils le souhaitent. Que ce soit la Loi sur le Parlement ou le document qui détaille la procédure de la Chambre, il est clairement précisé que les élus ne sont pas tenus de conserver leur affiliation politique jusqu’à la fin de leur mandat.

C’est un aspect de notre démocratie qui est souvent source de frustration pour les partis, mais qui garantit une certaine liberté aux élus. Reste à savoir si Mark Carney réussira à recruter les deux derniers votes pour enfin atteindre cette majorité tant désirée, juste à temps pour le vote sur le budget. L’enjeu est de taille : le gouvernement est à deux doigts de basculer vers une position beaucoup plus confortable.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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