Du soleil sur commande la nuit? Le projet fou (et très critiqué) de satellites miroirs

Du soleil sur commande la nuit? Le projet fou (et très critiqué) de satellites miroirs credit : lemorning.ca (image IA)

La lumière du jour, même quand il fait nuit

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Franchement, j’ai lu ça et j’ai cru à une blague, ou peut-être à un scénario de film de science-fiction un peu tiré par les cheveux. Pourtant, c’est bien réel : une grosse boîte américaine, Reflect Orbital, basée en Californie, veut nous vendre de la lumière solaire la nuit. Oui, vous avez bien compris. Ils veulent lancer toute une armada de satellites équipés de miroirs géants en orbite, pour rediriger le soleil vers des zones précises sur Terre après la tombée du jour.

L’idée, pour le moins audacieuse, serait de pouvoir fournir un éclairage fiable, ajustable, et ce, 24 heures sur 24. Imaginez : une simple pression sur un bouton pour que le soleil se lève, juste pour vous. C’est novateur, bien sûr, mais cette ambition démesurée soulève déjà une vague d’inquiétudes majeures chez les scientifiques et les écologistes du monde entier.

Le concept : des miroirs géants pour éclairer des événements spéciaux ou des fermes solaires

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Le but affiché de Reflect Orbital est double : aider les fermes solaires à continuer de produire de l’électricité même la nuit, et fournir un éclairage de qualité pour des situations spécifiques comme des événements spéciaux, ou, de manière plus sérieuse, pour soutenir les services d’intervention lors de catastrophes naturelles. Ils ont déjà fait un test, d’ailleurs, en 2024, utilisant un ballon de haute altitude avec un petit miroir de 2,5 mètres pour prouver que le concept fonctionnait.

Selon la compagnie, le faisceau lumineux qu’ils projettent couvrira au sol une zone d’environ cinq kilomètres de diamètre. L’objectif technique est d’apporter une puissance d’au moins 200 watts, ce qui, d’après eux, serait beaucoup plus brillant que la pleine lune, mais évidemment, beaucoup moins intense que le vrai soleil de midi.

Ils ont déposé une demande auprès de l’autorité américaine (la FCC) pour lancer un satellite de démonstration, baptisé Earendil-1, d’ici le printemps 2026. On attend leur décision, mais c’est clair qu’ils ne reculeront devant rien pour mettre leur plan à exécution.

L’ambition folle : une mégaconstellation de 250 000 satellites

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Si ce premier satellite est un succès, Reflect Orbital voit les choses en très, très grand. Ils envisagent de déployer une constellation de 4000 satellites miroirs d’ici 2030. Et l’un des fondateurs, Ben Nowack, a même évoqué le chiffre sidérant de 250 000 satellites. C’est plus que tout ce qu’on a en orbite actuellement, si on y réfléchit bien!

Les miroirs eux-mêmes sont loin d’être petits, on parle de dimensions allant de 18 mètres sur 18 mètres, jusqu’à 54 mètres sur 54 mètres. Imaginez la taille, c’est presque celle d’un immeuble bas. Placer autant d’objets, si gros, à 625 km d’altitude, ça donne le vertige, et ça pose un sérieux problème de logistique, mais aussi de place.

Le cauchemar absolu des astronomes

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Mais, vous vous doutez bien que l’idée de transformer la nuit en jour, même partiellement, ne plaît absolument pas à tout le monde. Les astronomes, dont le métier dépend de l’obscurité pour observer les objets lointains du ciel profond, tirent la sonnette d’alarme. La Société canadienne d’astronomie (CASCA) est particulièrement inquiète.

Comme l’explique son président, Erik Rosolowsky, ces miroirs pourraient devenir les objets les plus brillants du ciel nocturne. C’est comme essayer de regarder une bougie lointaine pendant que quelqu’un vous braque une lampe torche dans les yeux. Cela obstruerait l’observation des objets célestes moins lumineux et, pire, cela pourrait carrément saturer les caméras des télescopes, laissant des traces lumineuses inutilisables sur les images scientifiques. C’est une pollution lumineuse sans précédent, sans compter les interférences radio et optiques. Leur travail deviendrait presque impossible. Quelle tristesse!

Un risque de débris spatiaux qui menace tout le monde

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L’astrophysicienne Nathalie Ouellette, de l’Institut Trottier, va encore plus loin. Selon elle, ce projet est un « véritable cauchemar » non seulement à cause de la lumière, mais parce qu’il augmente incroyablement la pollution de l’orbite terrestre. On était déjà préoccupés par les milliers de satellites de Starlink ou Amazon, n’est-ce pas? Mais si on ajoute des milliers, voire des centaines de milliers, de miroirs géants…

Le risque de collision est exponentiel. Et qui dit collision, dit débris spatiaux. Ces petits morceaux de métal voyagent à des vitesses folles et menaceraient tous les autres satellites, y compris ceux utilisés pour la recherche scientifique ou la météo. C’est une utilisation imprudente et, franchement, irresponsable d’une ressource qui est déjà limitée.

Perturbation du rythme de vie : de l’humain aux oiseaux migrateurs

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Ce qui me frappe le plus, c’est l’impact sur la nature. On oublie souvent que le cycle jour-nuit n’est pas qu’une question d’habitude; il est vital. Nathalie Ouellette s’inquiète légitimement du fait que cette lumière solaire artificielle la nuit pourrait perturber gravement toutes les espèces vivantes.

Pensez aux oiseaux migrateurs, aux chauves-souris, aux insectes qui dépendent de l’obscurité pour se guider, chasser ou se reproduire. Si on éclaire leurs chemins, ils seront désorientés, et c’est tout l’écosystème qui pourrait en souffrir. Et nous, les humains? Notre rythme circadien, cette fameuse horloge biologique qui gère notre sommeil, serait modifié. Les études sont claires : une désynchronisation chronique peut augmenter le risque de développer des maladies graves, comme le diabète, l’hypertension, la dépression et même le cancer. C’est un risque qu’on ne devrait pas prendre pour un éclairage commercial, je suppose.

Le doute des experts : est-ce vraiment rentable?

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Même si on oubliait les risques environnementaux, est-ce que ça vaut vraiment le coup d’un point de vue économique? Yves Poissant, un expert en technologies solaires, trouve l’idée novatrice, mais il est très sceptique quant à sa réalisation et sa rentabilité. Selon ses calculs, même un miroir de 54 mètres ne renverrait qu’une puissance 30 000 fois inférieure à l’intensité du Soleil de midi. Autant dire que l’impact sur la production d’électricité ou sur les cultures sera « négligeable ».

L’expert italien Federico Rosei, lui, qualifie carrément le projet d’« irréaliste », et même de « rêveur ». Il souligne non seulement l’efficacité limitée, mais aussi les coûts de lancement qui sont astronomiques, sans parler du risque que tous ces miroirs soient endommagés par les débris spatiaux. Il faudrait aussi penser à l’impact environnemental de tous ces lancements utilisant, devinez quoi, beaucoup de combustibles fossiles.

Des lois trop floues face à l’espace convoité

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Et finalement, qui contrôle tout ça? C’est là que le bât blesse : la réglementation internationale est incroyablement floue. La CASCA rappelle qu’il n’existe aucune organisation internationale ayant un réel pouvoir légal pour imposer des règles en orbite. Les Nations unies sont impuissantes, apparemment.

L’Agence spatiale canadienne (ASC) a confirmé qu’elle n’exerce pas de rôle réglementaire direct. Puisque Reflect Orbital est une entreprise américaine, elle n’est même pas soumise aux lois canadiennes. Et ce, même si leurs satellites devront se positionner sur une orbite polaire, ce qui veut dire qu’ils passeront juste au-dessus du Canada! C’est un peu frustrant de voir que l’orbite terrestre, cette ressource précieuse et limitée, est de plus en plus convoitée sans qu’il y ait de règles claires pour assurer l’équité et la sécurité de tous. Il est grand temps d’agir.

Conclusion : Un projet futuriste à encadrer de toute urgence

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Le projet de Reflect Orbital est sans doute novateur, mais les inquiétudes qu’il soulève, que ce soit pour l’astronomie, l’environnement spatial ou la santé humaine, sont beaucoup trop sérieuses pour être ignorées. Qu’il s’agisse de l’impact potentiellement dévastateur sur les cycles naturels ou des risques d’encombrement par les débris, les scientifiques appellent à une grande prudence. Les experts économiques, quant à eux, doutent fortement de la rentabilité de l’opération, même avec les 30 millions de dollars canadiens déjà collectés par l’entreprise.

Ce dossier met en lumière un vide juridique alarmant. Tant que des normes internationales claires ne seront pas mises en place pour encadrer l’utilisation commerciale de l’orbite terrestre, nous serons exposés à ce genre d’initiatives potentiellement dangereuses. Il faut espérer que la Commission fédérale des communications prenne toutes ces considérations en compte avant d’autoriser le lancement du premier satellite miroir. L’espace nous appartient à tous, après tout.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.