New York contre Washington : Le bras de fer Mamdani-Trump et l’avenir des infrastructures

New York contre Washington : Le bras de fer Mamdani-Trump et l’avenir des infrastructures credit : lemorning.ca (image IA)

L’ombre de Washington plane sur le nouveau maire

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C’est un peu le baptême du feu, non? À peine élu maire désigné de New York, Zohran Mamdani se retrouve immédiatement dans une situation tendue, on pourrait même dire explosive. Ce n’est pas une surprise, je suppose, vu l’étiquette politique qu’il porte. Mais ce qui frappe, c’est l’hostilité immédiate et très publique du président américain, Donald Trump, qui a déjà menacé de couper les fonds fédéraux destinés à la métropole.

Cette escalade, ce n’est pas juste une guerre de mots entre politiciens. Ce sont des milliards de dollars qui sont en jeu, des sommes cruciales pour l’avenir des infrastructures new-yorkaises. La question est simple, mais terriblement importante pour les 8,5 millions d’habitants : comment Mamdani va-t-il pouvoir tenir ses promesses ambitieuses si la Maison-Blanche lui coupe les vivres?

Le calvaire quotidien du transport : une lenteur insupportable

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Pour comprendre l’urgence de ces projets d’infrastructures, il faut parler aux gens, aux usagers. Prenez Dana, par exemple. Elle habite Staten Island, travaille à Manhattan, et doit s’infliger une heure et demie de transport aller-retour, chaque jour, depuis dix-huit ans. C’est l’horreur. C’est le mot qu’elle utilise, et on la comprend!

Franchement, voir un autobus à New York, c’est parfois digne d’une tortue. Un rapport officiel, celui du contrôleur de la Ville, le confirmait l’an dernier : nos bus sont parmi les plus lents du pays. Imaginez : en moyenne, sur l’île de Manhattan, un bus roule péniblement à environ 10 km/h. On marche presque plus vite! C’est pour cela que les autorités locales planifient d’urgence de multiplier les voies réservées. C’est le gros bon sens, non?

La 34e Rue : quand Washington intervient dans la circulation locale

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L’un des projets clés pour accélérer ce mouvement concerne la 34e Rue, une artère vitale qui traverse la ville d’est en ouest, juste sous le nez de l’Empire State Building. L’idée était simple : réaménager les voies, donner la priorité au transport en commun. Mais voilà que l’administration Trump a mis un vrai coup de frein, ordonnant à la Ville de suspendre ce chantier.

Le prétexte invoqué? Le respect des lois fédérales, bien sûr, et la nécessité pour les véhicules d’urgence et les véhicules commerciaux de circuler « de manière sécuritaire ». Bon, d’accord, mais cette décision de Washington a provoqué une immense levée de boucliers chez les élus locaux. C’est une intrusion assez inattendue dans la gestion quotidienne de la métropole, si vous voulez mon avis. C’était un avant-goût, je suppose, des pressions à venir.

Le tunnel ferroviaire Gateway, le projet « démocrate » de 16 milliards, abandonné

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Et ce n’est pas tout. Juste après avoir bloqué le réaménagement de la 34e Rue, le gouvernement fédéral a frappé encore plus fort. Il s’agit du projet de tunnel ferroviaire qui doit absolument relier New York et l’État voisin du New Jersey. Un chantier colossal, évalué à près de 16 milliards de dollars américains.

Après avoir déjà gelé les fonds pendant une paralysie partielle du gouvernement, Donald Trump a finalement annoncé l’abandon pur et simple du projet, qu’il a qualifié de « projet démocrate ». C’est un geste lourd de conséquences, surtout si l’on considère que le gouvernement fédéral devait, tenez-vous bien, débourser 70 % des coûts. Le sénateur démocrate Andy Kim a qualifié cette décision d’illégale. Ça vous donne une idée de l’ambiance houleuse entre les deux rives de l’Hudson, bien avant l’arrivée de Mamdani.

Trump menace de retenir 7,4 milliards de dollars

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Les mots du président Trump à l’émission 60 Minutes de CBS étaient clairs et acerbes. Il a dit que ce serait « dur » de donner beaucoup d’argent à New York, surtout si un « communiste » dirige la ville. C’est l’étiquette qu’il colle à Mamdani, bien sûr. Il ajoute que tout l’argent envoyé serait gaspillé. Une menace bien concrète, on le voit.

Mamdani a répliqué avec force : il traitera ça comme une simple menace, pas comme la loi. Et il a raison, en partie. L’attribution des fonds fédéraux, c’est le Congrès qui décide. Mais attention : même s’il doit obtenir le feu vert du Capitole, si un président décide de retenir certains montants, ça crée des dégâts considérables.

Pour l’année fiscale 2026, New York s’attend à recevoir 7,4 milliards de dollars de Washington. C’est énorme! C’est l’équivalent de 6,5 % de son budget annuel. Une réduction des transferts ferait très mal à la métropole, et mettrait immédiatement sous pression le nouveau maire.

Des promesses sociales coûteuses face aux réalités budgétaires

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Justement, Zohran Mamdani ne s’est pas fait élire sur un programme de coupe budgétaire, loin de là. Il a de très grandes ambitions sociales et économiques. On parle de geler les loyers pour affronter la crise du logement, de créer un réseau d’épiceries publiques (un coût estimé à 60 millions de dollars US par an!), et surtout, l’énorme projet de garderies universelles.

Ce dernier point, la garderie pour tous, c’est une facture annuelle estimée à 6 milliards de dollars américains. Ce sont des chiffres qui donnent le vertige. Bien sûr, le maire d’une ville de 8,5 millions d’habitants (c’est plus que la population de 38 États, il faut le souligner!) dispose de grands pouvoirs. Mais il ne peut pas tout faire seul.

Pour augmenter les taxes des résidents les plus riches, comme il le promet, Mamdani doit absolument obtenir l’aval de la législature de l’État de New York. Et là, c’est un autre obstacle : la gouverneure, la démocrate Katy Hochul, s’est déjà montrée très « frileuse » face à l’idée d’augmenter les impôts des mieux nantis. Alors, Mamdani pourra-t-il réellement compter sur ces revenus, sans parler des milliards qui pourraient disparaître de Washington?

Conclusion : Un miracle sur la 34e Rue pour Noël?

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Nous voilà donc dans une situation paradoxale. Le nouveau maire doit mettre en place un programme extrêmement ambitieux, qui exige des dépenses massives, tout en faisant face à l’hostilité du pouvoir fédéral et aux réticences de son propre État concernant les hausses d’impôts.

Pendant ce temps, bien loin des querelles politiques, des New-Yorkais comme Dana se demandent si, au final, tout ce conflit se traduira par de meilleurs transports, par des bus qui avancent plus vite que 10 km/h. « On verra bien », dit-elle, avec ce doute très humain qui transparaît dans sa voix.

Derrière nous, le Macy’s s’illumine. Les décorations de Noël s’installent. Si l’esprit des Fêtes est censé amener la paix et la trêve, il ne faut malheureusement pas s’attendre à un miracle sur la 34e Rue en ce qui concerne la relation entre Donald Trump et Zohran Mamdani. La bataille des milliards ne fait que commencer, et elle risque d’être longue et acrimonieuse.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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