Nancy Pelosi : quarante années de pouvoir au Congrès américain et une retraite annoncée en 2027

Nancy Pelosi : quarante années de pouvoir au Congrès américain et une retraite annoncée en 2027 credit : lemorning.ca (image IA)

La fin d’une ère pour la politique américaine

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C’est une nouvelle qui, sans surprise, marque tout de même la fin d’un chapitre majeur de la politique américaine. Après quatre décennies passées à arpenter les couloirs du Capitole, Nancy Pelosi, cette figure emblématique des démocrates, a officialisé jeudi son intention de prendre sa retraite. Elle quittera le Congrès en janvier 2027, une fois son mandat actuel terminé. À 85 ans, elle se retire, laissant derrière elle une carrière absolument monumentale, marquée par des luttes partisanes féroces et, surtout, le fait d’avoir été la première femme à diriger la Chambre des représentants.

Pour nous qui suivons la politique de loin, c’est vrai qu’on ne peut pas nier l’impact qu’elle a eu. Elle a souvent été au centre de toutes les tempêtes, que ce soit pour le meilleur ou pour le pire. On parle d’une politicienne qui a défini une génération.

Quarante ans au service de San Francisco

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Imaginez un instant : quarante années dans le même siège, ou presque. Nancy Pelosi, originaire de la Californie, représentait la ville bouillonnante de San Francisco depuis 1987. C’est long! Elle a vu passer tant de présidents, tant de crises… et elle est restée là, inamovible. Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux et destinée directement à ses électeurs, elle a confié avoir « vraiment aimé porter [leur] voix au Congrès ». C’est ça, le secret de la longévité politique, n’est-ce pas? Rester ancré dans sa base, même quand on est une figure nationale.

Son rôle a cependant dépassé largement les frontières de la Californie, surtout lorsqu’elle est devenue présidente de la Chambre, un rôle qu’elle a tenu en deux périodes distinctes : de 2007 à 2011, puis plus récemment, de 2019 à 2023.

Une fine tacticienne au service des réformes clés

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Au-delà des querelles médiatiques et des coups d’éclat, ce qu’on retient de Pelosi, c’est son sens de la stratégie. On la qualifie souvent de « fine tacticienne », capable de manœuvrer dans les eaux troubles du Congrès, souvent un lieu d’affrontements internes autant que partisans. Je pense que c’est un compliment, dans ce monde-là, car ça signifie qu’elle savait faire passer les lois.

D’ailleurs, c’est en grande partie à elle qu’on attribue le succès de deux réformes majeures. Il y a d’abord eu le passage de la réforme de la santé de Barack Obama en 2010 (l’« Obamacare »), un combat acharné. Et plus récemment, elle a joué un rôle essentiel dans l’adoption des gigantesques plans d’investissements de Joe Biden en 2021. Ce sont des victoires politiques qui façonnent la vie de millions d’Américains, il ne faut jamais l’oublier.

La confrontation inévitable avec Donald Trump

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Si l’on devait résumer les dernières années de sa carrière, on parlerait forcément de sa position d’opposante acharnée à Donald Trump. Pendant le premier mandat du républicain, Pelosi est rapidement devenue l’une de ses bêtes noires — et la réciproque était vraie! Elle a été d’abord cheffe de la minorité, puis speaker à partir de 2019 lorsque les démocrates ont repris la majorité. C’était une opposition constante, un duel politique presque personnel.

Trump, d’ailleurs, l’a toujours attaquée de manière très personnelle, la surnommant souvent « Crazy Nancy » (Nancy la folle), la dépeignant comme une caricature de ce qu’il appelait le « marigot politique » de Washington. Mais, à mon avis, plus il l’attaquait, plus cela renforçait sa propre position au sein de son parti. C’était une bataille de volontés, c’est certain.

Le geste qui a marqué 2020

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Vous vous souvenez de cette image? C’était l’un des moments les plus théâtraux et les plus commentés de ces quatre années. En 2020, lors du discours annuel sur l’état de l’Union, Nancy Pelosi était assise juste derrière le président Trump. Elle l’écoutait avec un air… disons, très pincé, visiblement désapprobatrice.

Et là, coup de théâtre. À peine le président a-t-il terminé de parler qu’elle se lève et déchire ostensiblement la copie du discours, devant l’assemblée qui était médusée. C’était un coup de poing visuel! Elle a expliqué après coup qu’elle voulait simplement « détruire un ramassis de contre-vérités ». Ce n’était pas très protocolaire, mais ça disait tout sur l’état des relations entre les deux camps à ce moment-là.

Une réaction viscérale le 6 janvier

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L’un des moments les plus tendus et les plus significatifs de son mandat est survenu le 6 janvier 2021, jour où des partisans du républicain ont pris d’assaut le Capitole. Il y avait une menace réelle sur les institutions. Et c’est là qu’on a pu mesurer la trempe de cette femme, sa détermination sans filtre. Lorsque son équipe l’a informée que Donald Trump envisageait de se joindre à la foule en colère — un projet qu’il a finalement abandonné, heureusement — sa réaction a été sans appel.

« S’il vient, je vais le virer à coups de poing, j’attends ça depuis longtemps », a-t-elle lancé, serrant les dents. Elle a même ajouté : « J’irai en prison, et je serai contente. » Ces mots, prononcés sous une telle pression, montrent une audace et une ténacité incroyables. On peut être d’accord ou pas avec ses idées, mais on ne peut pas nier son courage face à l’épreuve.

Passation de pouvoir et transition

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Depuis janvier 2022, elle avait déjà fait un pas en arrière. Après que les républicains aient repris la majorité à la Chambre, Nancy Pelosi a dû céder le fameux « perchoir » — c’est ainsi qu’on appelle le poste de speaker. Elle avait aussi annoncé, il y a quelque temps déjà, qu’elle renonçait à tout poste de dirigeante au sein de la minorité démocrate.

C’était la première étape de cette transition. Son annonce de prendre sa retraite complète en 2027 achève ce mouvement. Elle aura passé plus de quarante années, pratiquement toute sa vie d’adulte, à travailler dans ce lieu de pouvoir. C’est une page qui se tourne, non seulement pour elle, mais pour toute l’aile gauche du Parti démocrate, qui devra trouver de nouvelles figures de proue aussi charismatiques et stratégiques. Ce n’est pas gagné, je suppose.

Conclusion : le legs d’une pionnière

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Que l’on soit un fervent admirateur ou un opposant de longue date, il est impossible d’ignorer l’importance de Nancy Pelosi. Elle a été, rappelons-le, la première femme à accéder à l’une des plus hautes fonctions politiques aux États-Unis. Sa carrière est synonyme de longévité, de puissance législative (le passage d’Obamacare et des plans Biden), et d’une opposition farouche et mémorable à Donald Trump.

Elle quittera le Congrès dans un peu plus d’un an, laissant un vide immense dans les rangs démocrates. Quarante ans, c’est plus qu’une carrière; c’est une vie dédiée au service public, dans l’une des arènes politiques les plus complexes au monde. C’est la fin d’un chapitre, sans aucun doute, mais son héritage, lui, est déjà écrit dans les lois et les discours qui ont façonné notre époque.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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