Comment le diabète de type 1 de la mère pourrait protéger l’enfant : une clé inattendue dans l’épigénétique

Comment le diabète de type 1 de la mère pourrait protéger l’enfant : une clé inattendue dans l’épigénétique credit : lemorning.ca (image IA)

Le paradoxe de la transmission du diabète

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Le diabète de type 1 (DT1), cette maladie auto-immune où le corps détruit ses propres cellules productrices d’insuline, est souvent une source d’inquiétude pour les familles. Quand l’un des parents est touché, le risque pour l’enfant grimpe en flèche. On parle d’un risque huit à quinze fois plus élevé que la moyenne. C’est beaucoup, n’est-ce pas ?Mais, et c’est là que ça devient fascinant, les chercheurs ont observé un drôle de paradoxe. Ce risque n’est pas le même selon l’ascendance. L’enfant d’une mère ayant le DT1 est en fait moins susceptible de développer la maladie que l’enfant dont le père ou un frère ou une sœur est atteint. Pourquoi cette différence ? Une nouvelle étude de la Helmholtz Association of German Research Centres apporte une lumière très intéressante sur le rôle des changements épigénétiques précoces.

Un risque qui dépend de l’histoire familiale

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Pendant longtemps, on a cru que les gènes suffisaient à expliquer tout. Pourtant, les études génétiques ont montré que le risque génétique de contracter le DT1 est étonnamment comparable chez les enfants de mères diabétiques et chez les enfants de pères diabétiques. Si la prédisposition génétique est la même, quelque chose d’autre doit entrer en jeu. Quelque chose d’extérieur aux gènes eux-mêmes.Les chercheurs ont commencé à suspecter que l’environnement précoce, celui passé dans le ventre de la mère, pourrait être un mécanisme clé, un genre de programme qui offrirait un effet protecteur. Après tout, c’est l’endroit où tout se construit, non ?

L’épigénétique, le chef d’orchestre des gènes

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Quand on parle d’épigénétique, on parle de mécanismes qui décident si un gène va être « lu » ou non. Le code génétique, c’est le livre de cuisine ; l’épigénétique, c’est celui qui choisit quelles recettes on va préparer. Le mécanisme le plus connu est la méthylation de l’ADN. En gros, c’est l’ajout de petites marques chimiques qui peuvent allumer ou éteindre les gènes.Ces marques ne sont pas gravées dans le marbre. Elles sont influencées par notre environnement. Le tabagisme maternel, le stress, le régime alimentaire, et bien sûr, certaines conditions médicales comme le diabète de type 1 de la mère, peuvent modifier ces motifs de méthylation. Ces modifications peuvent avoir des effets considérables sur la santé de l’enfant, y compris sa réponse immunitaire, et ce, dès la vie intra-utérine.

Des changements observés dans les gènes à risque

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L’équipe de la professeure Sandra Hummel, chercheuse à l’Institut de recherche sur le diabète de Helmholtz Munich, a voulu creuser cette piste. Ils ont mené une vaste étude d’association à l’échelle de l’épigénome (on appelle ça une EWAS) en examinant des échantillons de sang. Ils ont analysé 1 752 enfants, tous avec un risque génétique accru pour le DT1, provenant des cohortes BABYDIAB, BABYDIET et POInT.Le but était simple : comparer les motifs de méthylation chez 790 enfants nés de mères diabétiques et 962 enfants nés de mères non diabétiques. Et ce qu’ils ont trouvé est stupéfiant : « Nous avons observé des changements de méthylation de l’ADN au niveau de multiples gènes de susceptibilité au diabète de type 1 chez les enfants nés de mères atteintes », explique la Professeure Hummel. Ces résultats, franchement importants, ont été publiés dans la prestigieuse revue Nature Metabolism.

Les régions clés : HOXA et MHC

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Où précisément ces changements épigénétiques se manifestent-ils ? Le docteur Raffael Ott, premier auteur de l’étude, a précisé les localisations. L’étude a identifié de nombreux sites génétiques méthylés différemment, principalement dans deux zones cruciales : le cluster génique HOXA et la région MHC.Pourquoi la région MHC est-elle si capitale ? Parce que c’est elle qui confère la majeure partie de la prédisposition génétique, mais aussi de la résistance, au diabète de type 1. On dirait bien que les changements épigénomiques observés chez ces enfants modulent l’expression de pas moins de 15 gènes de susceptibilité au DT1. C’est comme si l’environnement intra-utérin avait mis un interrupteur protecteur sur le « gâchette » génétique du diabète.

La preuve par le « score de propension »

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Pour vraiment prouver que ces changements étaient protecteurs, l’équipe a mis au point un outil de mesure qu’ils ont appelé le « score de propension à la méthylation ». Ils l’ont basé sur 34 positions de méthylation précises qui reflétaient l’exposition au diabète de type 1 maternel.Ils ont ensuite testé ce score chez les enfants dont la mère n’avait pas le diabète. Et la découverte est éloquente : ceux qui ont développé une auto-immunité des îlots (le signe précurseur du diabète) avaient des scores significativement plus faibles. En clair, moins il y a de marques épigénétiques protectrices, plus le risque est grand. Ces résultats confortent l’idée que des facteurs environnementaux, agissant par le biais de l’épigénétique, peuvent bel et bien moduler le risque d’auto-immunité.

Conclusion : Vers de nouvelles cibles préventives

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Cette recherche est une avancée, une vraie. Elle ne fait pas que confirmer un phénomène connu (la protection maternelle), elle en explique le mécanisme moléculaire complexe. Ce qui ouvre tout un champ de possibilités, on pourrait presque dire d’espoir.Dans les projets à venir, l’équipe du professeur Hummel, en collaboration avec le professeur Ezio Bonifacio, va maintenant chercher à identifier précisément quels gènes sont modulés par le DT1 maternel et, point très important, si des effets épigénétiques similaires apparaissent chez les enfants nés de mères atteintes de diabète gestationnel. De plus, ils analyseront des bio-échantillons (dans le cadre des essais GPPAD, BABYDIAB, BABYDIET et Fr1da) pour découvrir des biomarqueurs protéiques et métabolomiques associés à ces motifs de méthylation. L’objectif ultime, je suppose, est d’utiliser ces informations pour développer de nouvelles stratégies préventives contre le diabète de type 1. C’est une histoire passionnante de protection naturelle, inscrite, ou plutôt modifiée, dans notre ADN même.

Selon la source : medicalxpress.com

Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.